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Les autorités inflexibles face aux squatters

26 septembre 2007, 20:00

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Politique zéro-tolérance pour les squatters. Six squatters de Belle-Mare ont été arrêtés mardi. Ils avaient reçu un ordre d?évacuation il y a environ un mois. D?autres régions de l?île sont d?ailleurs concernées par le squat notamment Cité-la-Cure, l?Ouest, Poste-de-Flacq, Trou-d?Eau-Douce et Poste-Lafayette.

L?ordre d?évacuation à Belle-Mare n?ayant pas été respecté, les officiers du ministère du Logement ont consigné une déposition à cet effet lundi. Ce qui aboutira à l?arrestation de ces six personnes qui ont ensuite été libérées sous caution.

Au départ, ils étaient 27 familles à s?y être installées. Mais, désormais, elles sont au nombre de 84 à avoir érigé des structures en bois sur les terrains, sans même y habiter. Leur objectif : obtenir un terrain.

Au ministère du Logement, tous les cas de squat depuis 2005 sont suivis de près. D?ailleurs, l?Etat avait décidé d?agir à Camp-Chapelon, Karo-Kalyptis, Bois-Marchand et Dilo-Pourri depuis 2005. Les évacuations seront ainsi exigées notamment pour des terrains sur lesquels des projets sont prévus tel que Belle-Mare où une école devrait être construite.

Le ministre du Logement, Asraf Dulull, fait valoir qu?il ?n?est pas question de légaliser l?illégalité. Nous voulons instaurer la discipline et le sens de responsabilité chez ces familles. Nous ne sommes pas contre les pauvres mais nous menons un combat contre la pauvreté. Et nous voulons aider ces personnes à s?en sortir. Ce n?est certainement pas en ayant une attitude d?assistés que l?on sortira du tunnel de la pauvreté?.

Le ministre explique que la police va agir une fois que les délais des ordres d?éviction seront passés. ?Il faut qu?ils comprennent que c?est une propriété qui n?est pas la leur. Nous sommes dans un Etat de droit. Sinon qu?est-ce que je vais dire à ces personnes qui respectent les procédures pour une requête de bail ? L?Etat veut bien aider les personnes mais qu?elles s?aident elles-mêmes d?abord.? Les autorités déplorent le fait que certaines familles qui ont déjà un logement viennent profiter de la situation en vue d?avoir un terrain. Le nombre de familles a d?ailleurs presque triplé. Le ministre est plus que révolté, et surtout très irrité, par cette attitude : ?Ils avouent qu?ils ont un logement déjà, soit chez des familles soit ailleurs. Mais ils veulent quand même un terrain de l?Etat.?

Les habitants de Belle-Mare, eux, sont bien décidés à ne pas quitter les lieux. Anthony Perrine, peintre de 42 ans, ne veut pas évacuer cette terre et veut que le gouvernement cède une partie du terrain : ?Nou pa pou ale. Donn nu enn bout la ter.?

<B>?Les lapolis vini?

Nathanaël Rabais, chômeur, se dit de son côté irrité car leur situation financière au quotidien est déjà difficile. ?Dile inn monte. Lavi cher e nou pe retrouv nou dan dificulté et aster nou bisin ale paye caution. Nou pa pou ale les lapolis vini.? Pascale Apaize, 31 ans, mère de deux enfants, se soucie pour sa part du sort de ces derniers... Les familles ont eu recours à un avocat, Me Giandev Gunoo, qui les a aidées jusqu?ici pour leur déposition à la police.

Le pays comptait à fin 2006, 1 026 squatters, dont une bonne partie est concentrée dans la région de Port-Louis. L?an dernier, 3 091 squatters ont été enregistrés mais 2 185 ont été régularisés par l?ancien gouvernement. Celui-ci avait aussi souhaité adopter une position ferme et avait même défini une date butoir. Ainsi, dès le 21 juillet 2001, tout nouveau squatter était contraint à l?évacuation?

Par ailleurs, le ministère du Logement avait créé une autre version de la police des squatters (lancée par l?ancien gouvernement) : la police des terres. Celle-ci est déjà opérationnelle, mais manque de ressources afin de pouvoir agir efficacement. Au départ, il avait été prévu que ce département inclurait 40 membres de la force policière, soit dix par région.

Un des rôles majeurs de cette unité est de veiller, affirme le ministère, au ?maintien de l?ordre et de la sécurité dans un Etat de droit?. Les autorités veulent, par le biais de ce projet, ?protéger les terres de l?Etat contre toute forme d?occupation illégale et faire que toute terre de l?Etat occupée illégalement soit évacuée? en fonction des besoins de l?Etat.

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