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Les adieux du capitaine
L?Australie sera sa nouvelle terre d?accueil. Le Rosehillien Stéphane Tabardin quitte le pays jeudi pour y poursuivre ses études. Après plusieurs années passées au sein de l?Union sportive de Beau Bassin-Rose Hill, le capitaine laisse ses coéquipiers avec un pincement au coeur.
À 23 ans, il a décidé de se perfectionner en Sport Management à Melbourne. En fait, il y avait songé depuis un bon bout de temps, mais il voulait absolument participer à la Coupe des clubs champions de l?océan Indien en novembre dernier. Le fait que cette compétition se déroulait sur le sol mauricien l?a motivé à repousser son départ. Avec le brassard de capitaine, il ne voulait pas faire faux bond à ses coéquipiers. ?Plusieurs d?entre eux m?ont demandé de rester surtout que c?était peut-être leur dernière année?, avoue le capitaine.
Malheureusement, ses ambitions de titre de champion indianocéanique sont restées vaines.
Après un brillant début de compétition où, pendant deux jours, l?USBBRH était en tête, la formation rosehillienne a fini à la quatrième place. Qui plus est, une blessure à l?épaule le contraignit au banc de touche lors des deux derniers matches de son équipe. Rageant. ?De plus, l?équipe a cruellement fait face à un manque de moyens. On aurait pu mieux faire?, souligne le capitaine.
Qu?importe, les souvenirs n?ont pas manqué. Sa carrière a également été riche : Champion de Maurice depuis l?an 2000 avec l?USBBRH, vice-champion de l?océan Indien en 2005 et, l?apothéose en 2006 avec le titre de meilleur buteur de la Coupe des clubs champions de l?océan Indien. ?Si je ne me trompe pas, c?est la première fois qu?un Mauricien reçoit un tel prix?, songe-t-il. C?est exact : cela reste à ce jour, la seule distinction reçue par un handballeur mauricien au niveau international.
Et ce n?est pas un hasard s?il s?est distingué à ce niveau. Il figurait déjà sur le podium des meilleurs buteurs en 2005. Pourtant, Stéphane Tabardin n?est pas l?archétype de l?arrière, un poste qu?il occupe généralement. D?allure plutôt frêle, il compte une vingtaine de centimètres de moins et pèse plusieurs kilos de moins que ceux qui évoluent normalement à ce poste.
L?apparence est trompeuse, car sa vitesse d?exécution et ses tirs à 9 mètres, sont aussi rapides et précis que ceux ses adversaires réunionnais ou malgaches, par exemple.
La rage de vaincre fait aussi partie de ses qualités majeures. Pour ceux qui l?ont vu à l?oeuvre, ses hurlements de joie après chaque but traduisaient parfaitement son envie de gagner. La taille ne lui faisait pas peur et il parvenait toujours ? non sans peine ? à se faufiler entre les mastodontes adverses. Ses adversaires ne l?épargnaient pas en matière de coups et d?accrochage. Mais la gnac le poussait souvent à prendre le dessus. Une des raisons pour laquelle il a été nommé capitaine.
Avec de telles qualités, il tentera de se faire une place au soleil en Australie : ?Un autre Mauricien, Didier Douce, joue dans une équipe de Melbourne. Je vais essayer de m?y inscrire et pourquoi pas passer pro?. Une aubaine qui le permettra d?évoluer dans son jeu. ?Le hand mauricien a certes progressé. Mal-heureusement, seules trois équipes font, à chaque fois, la différence. S?il y avait une régularité dans le championnat ? où des équipes sont souvent absentes ? le hand serait à un meilleur niveau.?
Tout ceci n?est que souvenir à présent. Une nouvelle vie et une nouvelle carrière s?offrent désormais à lui.
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