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L?envolée belle

14 octobre 2005, 20:00

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Sa mélodie aérienne, sensible et sans artifice a fait du chemin. Let me fly est passée du bruissement au phénomène. Le morceau révèle un talent brut, inédit. Un miracle tout court, pour King, son auteur-compositeur-interprète, rescapé de la maladie. C?est un artiste qui revient de loin, sauvé par la foi. Let me fly, c?est sa profession de foi. Sorti il y a deux ans, ce morceau a été cette année catapulté sur toutes les radios du pays. Il séduit un public très large, de tout âge et de toutes origines confondues.

Pourtant, ce morceau composé un dimanche après-midi, pour son bon plaisir, est un chant religieux, sur lequel, son auteur, a rajouté une touche commerciale : le ragga. Un coup de génie ! A défaut d?être de haut vol, Let me fly a le mérite d?offrir au paysage musical une honnêteté artistique rassurante, échappant au formatage indigeste de la musique purement commerciale. Il s?interroge sur les origines de ce chanteur appelé King. Les rumeurs vont bon train.

Il n?est pas d?ici. C?est un Mauricien établi à l?étranger qui revient au pays. Ce mélange intelligent de l?Anglais et du créole laisse pantois.

« Je n?en tire aucune gloire, sauf peut-être, la satisfaction d?apporter le gospel vers le grand public. » Let me fly, est le reflet fidèle de ce qu?il est. Un jeune homme de trente et un ans, qui voit sa vie basculer du bon côté, alors qu?il avait perdu tout espoir de mener une vie normale.

A dix-sept ans, sa rencontre avec Dieu, alors qu?il était atteint d?épilepsie et prenait des chemins de travers, le sort du gouffre. Orphelin de père à neuf ans, il se retrouve avec sa mère et sa s?ur, dans une situation précaire. Avec peu d?espoir à l?horizon, King, de son vrai nom Jenkins Kheejoo (King est le diminutif de Jenkins), rendu frêle par la maladie, se laisse aller à la colère. Les mauvaises fréquentations, le désespoir, le tirent vers le bas.

Et puis, il y a cette rencontre avec la spiritualité. « Let me fly, c?est mo l?amour pou bon die, sans li, ki mo ti pou ete ! » s?exclame l?artiste. « Tell me what you see in my heart », phrase entêtante de la chanson, est sa supplique à Dieu.

« Sa morso la c?est enn zenfan a ki mone donne naissance. Kan ou fer enn zenfan ou garde li pou ou. C?est mo banne misicien kine pousse moi kit morso la avec banne radio. Si Let me fly ine reussi apporte la zwa dans leker grand piblic, alor moi oci mo kontan ! »

Si aujourd?hui Let me fly tourne sur les radios ou dans les boîtes de nuit, King reste humble. Chantant des louanges à Dieu depuis dix ans, il en a même fait son métier et a à ce jour, cinq albums et deux VCD à son actif. Les maisons de disques réclament à corps et à cri Let me fly sur CD. C?est donc chose faite, en dépit du piratge, en attendant un clip qui sortira peut-être au mois de décembre.

Il fait désormais partie de ces artistes authentiques, qui écrivent, composent et interprètent leurs chansons et que le grand public attendait avec impatience.

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