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L?enquête judiciaire conclut à un ?foul play?
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L?enquête judiciaire conclut à un ?foul play?
?Foul play suspected? : telle est la conclusion du magistrat Raj Seebaluck. Il a présidé l?enquête judiciaire pour faire la lumière sur la mort en détention policière de Rajesh Ramlogun.
Depuis hier midi, le Directeur des poursuites publiques (DPP) détient cet important document.
Lors de sa déposition devant le magistrat Seebaluck, Bindu Ramlugon, la veuve de Rajesh Ramlugon, a affirmé que ?bann lekip Raddhoa finn bat li, finn touy li?. Son époux avait été arrêté le 12 janvier dans la cadre de l?enquête du double meurtre de Lallmatie. Il est mort le 14 janvier. L?autopsie a révélé 15 blessures sur son corps et conclu a un décés dû à une hémorragie intra-cérébrale.
Il appartient maintenant au DPP de décider de la prochaine étape qui serait en toute logique l?ouverture d?une enquête policière pour démasquer les auteurs du ?foul play?.
Toutefois, les conclusions du magistrat sont-elles suffisantes pour initier des poursuites criminelles contre les policiers incriminés ?
Interrogé par l?express, un légiste estime que ce ne sont pas les seuls éléments à considérer pour entamer ces poursuites contre les personnes accusées de brutalité policière.
Notre interlocuteur précise que le magistrat n?a pas interrogé les sept enquêteurs de la Major Crime Investigation Team (MCIT) mis en cause dans cette affaire pour connaître leur version. Dans quelle mesure le DPP pourra-t-il entamer des poursuites contre les personnes soupçonnées d?être les responsables de la mort de Rajesh Ramlogun et quelle est sa marge de man?uvre ?
A la lumière des conculsions du magistrat, il devrait ordonner une enquête policière, suivie le cas échéant, d?une enquête préliminaire. Mais sur qui ? Comme le magistrat n?a pas entendu les sept enquêteurs de la MCIT, il n?y a aucune ?direct evidence? pour les impliquer dans la mort du suspect.
<B>Version de Raddhoa pas entendue</B>
Le rapport du magistrat Seebaluck est seulement l?un des éléments de base visant à constituer un dossier pour initier des poursuites au criminel contre ceux soupçonnés d?avoir tué Rajesh Ramlogun. Car il semble quasiment impossible pour le DPP de poursuivre quelqu?un sur la base des conclusions du magistrat Seebaluck. Le DPP devrait d?abord ordonner une enquête policière supplémentaire sur les sept policiers de la MCIT.
C?est à l?issue de cette enquête qu?il devrait décider s?il va instituer une enquête préliminaire avec les personnes incriminées au banc des accusés.
Le DPP convoquera des témoins pour déposer lors de l?enquête préliminaire. Rien n?empêche de convoquer comme témoins le surintendant Prem Raddhoa, chef de la MCIT et son numéro 2, l?inspecteur Ranjit Jokhoo, pour donner leur version.
Lors de l?enquête judiciaire, en effet, le magistrat Seebaluck n?a pas entendu la version de Prem Raddhoa ni de l?inspecteur Jokhoo. Ces deux responsables de la MCIT ont été entendus jusqu?ici par le Central Criminal Investigation Department (CCID) et la Commission des droits de l?homme.
On ne sait si le CCID a déposé le rapport de son enquête au bureau du DPP. La Commission des droits de l?homme poursuit son enquête (voir hors-texte). C?est à la lumière de ces trois rapports que le DPP sera en mesure de prendre des actions appropriées contre les personnes mises en cause.
Quoi qu?il en soit, la procédure sera longue.
EXAMEN DE RAMLOGUN À JEETOO
La Santé satisfaite des explications des médecins
■ Le ministère de la Santé a été satisfait des explications fournies par les quatre médecins de l?Etat qui ont ausculté Rajesh Ramlogun. Ils avaient été appelés à fournir des explications après avoir affirmé en cour, lors de l?enquête judiciaire, qu?ils n?avaient pas constaté de blessures externes sur le corps du détenu lors de ses admissions à l?hôpital Jeetoo. La polémique avait été soulevée par les médecins légistes qui ont relevé 15 blessures externes. Mais les docteurs de l?Etat arguent qu?au moment où ils ont examiné le malade, il était dans un état comateux et la priorité était de sauver sa vie. Ils disent avoir soupçonné un problème au cerveau. C?est pourquoi ils ont demandé un ?CT-Scan? d?urgence. D?autant qu?ils estiment que toute autre ?blessure superficielle? n?aurait pas été à l?origine de sa mort. A noter toutefois que Ramlogun a été admis deux fois à l?hôpital. L?une, alors qu?il était conscient et ne cessait de répéter ?mo pa pou dir nanien ?, le 13 janvier, et l?autre, inconscient, le 14 janvier, jour de sa mort. Les médecins se sont également expliqués à la police, lundi.
DROITS DE L?HOMME
La commission entendra les Drs Gungadin et Chui Wan Cheong
■ Dhiraj Seetulsingh, président de la Commission nationale des droits de l?homme (CNDH) a expliqué à ?l?express? hier qu?il compte ?revérifier? certains faits à propos de la mort, pendant sa détention policière, de Rajesh Ramlogun. La commission entendra cette semaine les docteurs Sudesh Kumar Gungadin et Patrick Chui Wan Cheong. Le premier avait autopsié le défunt, et le deuxième avait effectué le ?CT-Scan? dont le résultat privilégiait la thèse de ?contrecoup injury?. Le président de la CNDH a également rappelé que la commission attend toujours le rapport du laboratoire de la police. La CNDH devrait également interroger à nouveau les quatre médecins de l?Etat qui ont ausculté Ramlogun. Elle a entendu jusqu?ici 38 témoignages, mais l?absence de témoins oculaires complique considérablement son travail. Cette commission se propose de soumettre son rapport à Rama Valayden, ?attorney general? et ministre des Droits de l?homme, la semaine prochaine.
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