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L?emploi de demain
Le Premier ministre a donné hier sa version des faits dans le débat sur la création d?emplois. Il préfère mettre l?accent sur les nouveaux postes qui ont vu le jour au cours de ces dernières années. Par contre, il se dit inquiet de ne pouvoir maintenir le rythme pour les années à venir.
Quel type d?emploi pour demain ? Le gouvernement a un double défi à relever. Dans l?immédiat, il devra atténuer les licenciements, dans la zone franche en particulier. En même temps, il lui faudra préparer cette main-d??uvre capable de se prêter aux multiples activités à haute valeur ajoutée sur lesquelles reposera l?économie de demain, soit celle des services.
Les piliers traditionnels de l?économie, dont le sucre et les activités manufacturières, continueront à absorber la masse de main-d??uvre peu formée. Celle-ci se retrouvera aussi dans les activités du ?seafood hub?, un des pôles de croissance récemment identifiés. Les activités périphériques autour du port franc, des technologies de l?information et des communications (Tic) pourront, elles aussi, recruter au sein d?un personnel non qualifié.
Encore faut-il réunir les conditions en faveur de l?émergence d?une masse critique d?entreprises susceptibles de mobiliser les cadres dans chacun des créneaux. Le climat des affaires n?est pas toujours propice à l?éclosion de nouvelles unités de production : lourdeur bureaucratique, faible niveau de productivité, lois du travail dépassées, manque de main-d??uvre formée?
Les activités à haute intensité technologique se heurtent à des obstacles autrement plus fondamentaux. L?économie mauricienne opère toujours à court d?énergie entrepreneuriale et novatrice. L?industrie mauricienne, forte de ses filets de protection commerciale sur les marchés d?exportation, n?a jamais su développer une culture de recherche et de développement digne de ce nom.
Il nous faut absolument importer des idées, des technologies et des capitaux de l?étranger. Le secteur privé traditionnel a besoin d?un second souffle pour négocier ce nouveau tournant. D?abord, il lui faudra développer des alliances stratégiques avec des prestataires de renom mondial.
Deuxièmement, il est plus que jamais nécessaire de laisser des espaces adéquats aux petites et moyennes entreprises (PME), principal pourvoyeur de jobs de demain. Les groupes diversifiés dégagent des marchés captifs qui très souvent privent les PME d?énormes sources de rentabilité. Les fondations sur lesquelles reposent les firmes de taille inférieure restent très fragiles.
L?employé mauricien devra lui aussi s?adapter à ces nouvelles conditions du marché. Une remise en question de certaines de ses attitudes s?impose. En recherchant sans cesse la sécurité d?emploi, le salarié a fini par développer une aversion aux risques, élément déterminant dans le succès de la nouvelle stratégie de développement.
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