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L?Eglise riposte : le prêt de Rs 10 m approuvé par l?Etat

23 janvier 2004, 20:00

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Les autorités catholiques sont en pleine agitation. Depuis que l?Icac a ouvert une enquête, mardi, sur les allégations de Suttyhudeo Tengur, le Bureau d?éducation catholique (BEC) et l?évêché ne décolèrent pas. Le président du GHTU affirme que le BEC est coupable de «d?escroquerie et de fraude». Selon Sutthyudeo Tengur, le BEC aurait réclamé Rs 11 millions de l?Etat pour des travaux de rénovation « fictifs » dans ses collèges. Du côté du BEC, les responsables entendent prouver que le président de la GHTU fait «fausse route et induit la population en erreur».

Pour preuve, la direction du BEC brandit une lettre officielle du 2 décembre 2002 du ministère de l?Education l?autorisant à faire une demande d?emprunt auprès de la Banque de développement. «My ministry has requested the ministry of Finance to give the necessary instructions to the DBM».

Le père Hervé de St Pern, directeur du BEC, explique ne pas comprendre le manque de réaction du gouvernement «Ce silence des autorités est étrange et nous laisse perplexe. Si l?Etat avait vraiment été victime de vol, pourquoi n?a-t-il pas fait de déclaration à la police ?»

La polémique a débuté par une déclaration publique de Suttyhudeo Tengur le 28 août 2003. Les choses ne se sont pas arrangées quand il a demandé officiellement à l?Icac, en octobre, d?enquêter dans cette affaire, évoquant un «clear cut case of swindling and/or defrauding money».

Pour dissiper tout doute et rétablir les faits, l?autorité catholique a multiplié les communiqués de presse. Dans celui d?hier, le BEC précise d?emblée qu?il s?agit d?une demande d?emprunt et retrace les différentes étapes ayant conduit à la réclamation. «Emprunt signifie qu?il y aura remboursement de notre part. Nous n?avons sollicité aucun «cadeau» du gouvernement», souligne un responsable.

Cette rénovation, explique le BEC, s?inscrit dans le cadre de la réforme de l?éducation, qui a rendu nécessaires des modifications aux infrastructures. Une des conditions du Memorandum of Understanding (MOU) signé par le BEC et le ministère le 11 juin 2002 était que les collèges catholiques puissent bénéficier d?emprunts de la DBM pour faire des transformations. Ces emprunts seraient remboursées par la suite selon l?accord.

Selon le BEC, cette promesse d?aide a permis de commencer les travaux dès juillet 2002 dans certains collèges. En attendant le prêt de la DBM, les dépenses ont été encourues grâce à ceux faits auprès des banques. Le BEC soutient que c?est le jugement de la Cour suprême décrétant illégal le critère religieux pour l?admission dans ses écoles qui a rendu caduc le MOU signé en juin 2002.

POURQUOI TENGUR S?ACHARNE ?

En raison des dépenses encourues entre-temps dans les travaux, le BEC a toutefois demandé au gouvernement de lui permettre de faire une demande d?emprunt auprès de la DBM. C?est de là qu?émane cette réclamation de Rs 11,5 m présentée à la PSSA en avril 2003. Après consultations avec les inspecteurs de la PSSA, le montant a été ramené à Rs 10,4 m. Le BEC souligne que le ministère de l?Education a donné un premier accord le 15 août 2003 et une confirmation leur est parvenue le 2 décembre dernier.

Malgré cette autorisation, le BEC n?a formulé aucune demande jusqu?ici auprès de la DBM. «Il y a beaucoup de bruit autour de cette affaire alors que nous n?avons pas reçu un sou jusqu?ici. Pourtant, depuis 2003 nous avons mis en place des nouvelles infrastructures à nos frais et elles sont au service de tous les enfants mauriciens indistinctement» , affirme le directeur du BEC. L?emprunt des Rs 10,4 millions autorisé par le gouvernement concerne les dépenses pour quatre collèges précis, à savoir, le Collège St Louis à Quatre-Bornes, BPS Fatima à Triolet, St Esprit Case Noyale et Lorette de Pailles.

Mécontents eux aussi des allégations de Tengur, les dirigeants de la Fédération des PTAs des collèges catholiques (FAPECC) sont montés au créneau. «Nous demandons à M. Tengur de cesser de jeter de la boue sur les collèges catholiques. Ce ne sont pas uniquement les responsables de l?Eglise qui sont éclaboussés par de telles accusations mais aussi le personnel de ces collèges. Pourquoi M. Tengur s?acharne-t-il sur les collèges catholiques ? S?il veut la disparition de ces collèges, qu?il le dise clairement au lieu de distiller des doutes dans la tête des parents», s?exclame Denis Grand-Port, président de la FAPECC lors d?une conférence de presse hier matin.

L?association demande au président de la GHTU de s?intéresser à d?autres problèmes affectant l?enfant mauricien puisqu?il affirme qu?il a son intérêt à c?ur. La fédération s?étonne, par ailleurs que S. Tengur n?évoque pas les problèmes qui existent dans les autres collèges.

De son côté, le président de la GHTU persiste à croire que l?Eglise n?a pas droit à cet emprunt de la DBM puisqu?elle a rompu « unilatéralement », l?accord conclu avec le gouvernement en juin 2002. Il conteste le fait que le jugement de la Cour suprême ait « rendu caduc » le MOU étant donné, dit-il, que la Cour n?avait pas été sollicitée pour se prononcer sur cette question.

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