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Le vrai problème des écoles catholiques
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Le vrai problème des écoles catholiques
Le problème des écoles catholiques est complexe. Trop de choses ont été dites, trop de choses qui masquent le vrai problème. Or, tant que nous ne l?exposerons pas clairement, nous ne pourrons trouver la vraie solution. Je propose une analogie, sous la forme d?un petit conte, pour essayer d?y voir plus clair.
Il était une fois une petite île où poussait une grande variété de fruits tropicaux. Un de ces fruits ne poussait pas partout. C?était le kiwi. C?était un fruit très apprécié, son centre en particulier, qui contient les graines. C?est la meilleure partie. Mais il arriva un moment où l?existence même de ce fruit devait être menacée dans l?île?
Le kiwi poussait en effet uniquement dans quelques vergers - qui étaient d?ailleurs réservés à la culture de ce fruit. A cause de cela, ce fruit était relativement rare dans l?île. Ces vergers étaient connus donc comme les Vergers Kiwi. Ils étaient gérés exclusivement par une communauté de moines. connus comme les Moines cathodiques. Il y avait plusieurs communautés dans l?île et chaque communauté avait le droit d?avoir ses propres vergers pour cultiver des fruits, selon sa tradition, ses coutumes et valeurs (chaque communauté pouvait avoir sa spécificité). Et la paix et l?harmonie régnaient dans cette île paradisiaque. Tout le monde pouvait manger tous les fruits qui y poussaient. Mais comme le fruit kiwi était rare, ceux qui voulaient en manger devaient se rendre à un des Vergers Kiwi.
Parmi les habitants de l?île, il y avait la communauté des Asathiques et les personnes appartenant à cette communauté avaient un problème : ils ne pouvaient digérer la partie du fruit kiwi qui contient les graines. Et, pour ne pas nuire à leur santé, quand ces personnes se rendaient aux Vergers Kiwi, les Moines cathodiques avaient accepté de leur offrir des kiwis qui ne contenaient pas de graines. Les Moines cathodiques avaient organisé leur travail de telle sorte que c?était possible d?avoir deux types de fruit kiwi ! En effet les vergers produisaient deux types de kiwis : avec et sans graines ! Et tout le monde était content.
Mais les fruits kiwis étaient si appréciés que de plus en plus de personnes voulaient en avoir et la pression sur les vergers augmentait de jour en jour. Pour faire face à cette demande grandissante, les Moines cathodiques avaient établi une règle: 50 % des entrées aux vergers devraient être réservées aux Asathiques et les autres 50 % aux Cathodiques. Mais, un beau jour, cette règle fut remise en question. Quelques personnes de la communauté des Asathiques sont allées en cour pour réclamer l?abolition de cette règle et pour exiger que les entrées ne soient plus réservées (les vergers pourraient donc être occupées à 100 % par des Asathiques et, dans ce cas de figure, seuls des fruits kiwis sans graines devraient être produits) !
Les Moines cathodiques ne voulaient pas obtempérer et refusaient de changer la façon dont ils géraient leurs vergers. Ils craignaient pour l?avenir. Et l?existence même du fruit était menacé ! Cela pour une simple raison qui échappait à presque tout le monde. Qu?est-ce qui garantit l?existence des fruits (et les fruits Kiwis) de génération en génération? Ce sont les graines ! Il faut se rappeler que, pour pouvoir produire des kiwis sans graines, les Moines cathodiques avaient développé un procédé spécial.
Pas de relève assurée
Mais il fallait avant tout avoir des fruits kiwi à l?état naturel (avec des graines) ! Ce sont les graines qui caractérisent tout : la spécificité ou le gène de chaque fruit se trouve dans ses graines. Et si les Vergers Kiwi cessaient de produire le kiwi original, ils perdraient leur capacité d?en produire pour toujours. Car, sans les graines, ils n?y auraient pas de nouveaux arbres fruitiers pour assurer la relève ! Et ainsi le kiwi original disparaîtrait à jamais de cette île !
Heureusement que les habitants de l?île ont compris les enjeux à temps. Ils ont réalisé que, pour avoir une rivière, il faut préserver sa source et, pareillement, pour pouvoir manger le fruit kiwi de génération en génération, il faut en protéger son origine. Ils ont donc, dans leur grande sagesse, trouver le moyen de partager les fruits kiwis et en même temps de les protéger de la convoitise des gourmands, de les préserver de l?extinction !
Le péché des écoles catholiques est d?avoir en leur sein des Star Schools. qui engendrent le plus grand péché de tous, la convoitise. Tous les problèmes actuels des écoles catholiques ont une seule et unique origine : la convoitise. En effet, l?action de M. Tengur n?est que la manifestation de cette convoitise. Comme lui, beaucoup de parents préfèrent envoyer leurs enfants dans les écoles catholiques qui sont des Star Schools.
Mais pourquoi sont-elles parmi les meilleures écoles ? Il faut l?admettre, l?origine de cette réussite se trouve dans leur spécificité tant décriée. Cette spécificité n?est pas de nature purement religieuse. Elle englobe aussi une certaine façon de faire et un système de gestion. Finalement, on peut dire que cette spécificité découle d?une vision et d?une mission. Si les parents veulent profiter des écoles catholiques pour longtemps encore, au lieu de s?attaquer à leur spécificité, ils peuvent faire trois choses.
Premièrement : trouver un moyen pour partager et préserver cette spécificité. Deuxièmement : exiger que les autres écoles confessionnelles (ou non-confessionnelles) redeviennent des lieux ou règnent la discipline, la rigueur et le professionnalisme pour que la qualité de leur enseignement égale celle des écoles catholiques. Il y a d?autres écoles confessionnelles qui reçoivent des grants du gouvernement mais où la façon d?utiliser cet argent laisse beaucoup à désirer pour dire le moins. Il y a certaines écoles confessionnelles qui ne méritent pas ce nom. Par exemple, il y une école confessionnelle ou l?enseignement confessionnel prend la forme d?un rite religieux hebdomadaire (quasi-mécanique).
Troisièmement : ils peuvent faire ce que les Asathiques avaient fait : ils s?étaient inspirés des Cathodiques et grâce à un transfert de savoir-faire, ils avaient réussi à améliorer la qualité et le rendement de leurs vergers. Ils étaient redevenus fiers des produits de leurs vergers. En rehaussant la qualité de leur production, les Asathiques n?avaient plus besoin des kiwis produits par les Cathodiques. La convoitise disparut et les problèmes aussi. Il faut améliorer ce que nous avons, non pas envier ce que les autres ont.
Et les écoles catholiques ont intérêt à explorer une dernière possibilité : faire ce que les Moines cathodiques avaient commencé à faire, c?est-à-dire, mettre fin au procédé qui permettait la production de deux types de kiwi, et donc de ne produire qu?un seul type de kiwi (même si les entrées n?étaient plus réservées, il y avait dans les Vergers Kiwi que les kiwis avec des graines - à prendre ou à laisser) !
Kailash Mani Nunkoo
Guide de lecture :
Verger = écoles; Kiwi = enseignements disponible dans les écoles catholiques;
arbres fruitiers de Kiwis = professeurs de ces écoles; graines des fruits Kiwis = Cathéchèse ou enseignement catholique.
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