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Le vrai-faux départ d?Armstrong
Lance Armstrong a opté pour la discrétion en annonçant sa décision de disputer le prochain Tour de France sur le site internet de son équipe Discovery Channel mais il a provoqué une onde de choc considérable sur la planète cycliste.
Après avoir beaucoup hésité à se lancer officiellement sur la voie d'un septième titre, il a rappelé, sans le dire, combien cette course est importante pour lui. Elle est bien celle qui le maintient sur son vélo.
Sa décision de prendre part au Tour de France 2005 est évidemment liée au contrat qui le lie, lui et son groupe sportif, au nouveau sponsor Discovery Channel, successeur depuis le début de l'année de US Postal Service.
Il y était stipulé que le Texan devrait disputer, sous ses nouvelles couleurs, le Tour de France au moins une fois, en 2005 ou en 2006. L'investissement de la chaîne américaine dans un sport qu'elle ne connaît pas a été rendu possible par la renommée, la popularité et la compétitivité de l'Américain.
Il lui était juste demandé un retour sur investissement bien compréhensible, c'est-à-dire de porter au sommet les couleurs d'une entreprise qui souhaite investir le marché européen.
Toutefois, Lance Armstrong a réellement beaucoup hésité et sans doute avait-il fait le choix, dans les semaines suivant son sixième maillot jaune, de faire l'impasse en 2005.
Ayant atteint son objectif d'être le premier dans l'histoire à remporter six fois la plus grande course du monde, il ressentait le besoin de souffler, de s'écarter d'une pression de plus en plus oppressante.
A cet aspect psychologique, il faut ajouter deux ou trois éléments importants.
Sportivement, sa préparation pour le Tour de France a été très compliquée en 2003. Une chute suivie d'une infection avaient poussé l'Américain dans ses réserves et il lui avait fallu sortir le grand jeu dans une étape désormais mythique de Luz Ardiden pour triompher de Jan Ullrich.
En 2004, il avait aisément surclassé des adversaires absents (Alexandre Vinokourov) et défaillants (Tyler Hamilton, Iban Mayo, Roberto Heras, Denis Menchov), remportant quatre des cinq étapes de haute montagne mais il avait dû faire face à un environnement hostile.
<B>Crachats et menace de mort</B>
Dans les Pyrénées, dans l'étape du Plateau de Beille, il s'était plaint du comportement « limite » des supporters basques au milieu desquels il avait été compliqué de se frayer un chemin.
Dans les Alpes, pendant le contre-la-montre de l'Alpe d'Huez, il avait essuyé les crachats des fans de Jan Ullrich, la voie ouverte par une moto où avait pris place un policier en civil : Lance Armstrong avait reçu une menace de mort prise très au sérieux par les organisateurs et les autorités.
Enfin, et ce n'est pas négligeable, il supporte de plus en plus mal la séparation avec ses enfants même s'il avait réussi, en 2004, à adapter son programme sportif du printemps aux épreuves organisées aux Etats-Unis et notamment le Tour de Géorgie.
Repu, se demandant sans doute ce qu'il peut envisager de mieux, Lance Armstrong a donc imaginé une année « sabbatique », le record de l'heure auquel il dit s'intéresser fortement apparaissant comme un leurre médiatique, comme l'avait été pour Jacques Anquetil en 1965 le doublé Dauphiné-Libéré - Bordeaux-Paris.
Finalement, sans s'expliquer, Lance Armstrong s'est ravisé et a décidé de se présenter le 2 juillet prochain au départ de la première étape du Tour disputée contre la montre entre Fromentines et Noirmoutier.
En début de semaine, la composition de l'équipe Discovery Channel pour Paris-Nice constituait une alerte.
Comptant, pour son retour à la compétition, sur « Chechu » Rubiera, Manuel Beltran, José Azevedo, Vlaceslav Ekimov, Benjamin Noval et sur les nouveaux Jaroslav Popovych et Paolo Savoldelli, Lance Armstrong sera à la tête d'une équipe configurée « Tour de France ».
Il y rodera ses automatismes et, puisque son programme comportera ensuite Le Tour des Flandres et le Critérium du Dauphiné-Libéré ou le Tour de Suisse, ce sera l'une des seules fois dans l'année où il pourra le faire.
Pour Jan Ullrich qui doit désespérer de voir son rival partir à la retraite, pour Ivan Basso et tous les autres, la décision de Lance Armstrong est une très mauvaise nouvelle.
Il fallait pourtant se douter que, poursuivant sa carrière, il serait bien au départ du Tour de France.
Et puisqu'il sera au départ, il fera tout pour le gagner, pour améliorer encore ses formidables statistiques : six victoires finales, 23 victoires d'étapes et 65 jours en jaune.
<B>LES SIX GLORIEUSES DE LANCE ARMSTRONG</B>
Rappel des six victoires dans le Tour de France de Lance Armstrong, qui a confirmé il y a dix jours qu'il participerait une nouvelle fois à la Grande Boucle cet été :
● 1999: Guéri de son cancer, l'Américain signe sa première victoire, avec 7 minutes et 37 secondes d'avance sur le Suisse Alex Zülle. Il remporte quatre étapes, dont le prologue du Puy-du-Fou, et porte aussi le maillot vert.
● 2000: L'Américain réalise le doublé en devançant sur les Champs-Elysées l'Allemand Jan Ullrich, après s'être contenté d'une seule victoire d'étape.
● 2001: La passe de trois, encore une fois aux dépens de Jan Ullrich. Armstrong enlève quatre étapes et s'impose notamment à l'Alpe d'Huez.
● 2002: Armstrong remporte le Tour avec 7.17 minutes d'avance sur l'Espagnol Joseba Beloki. Avec ses succès au Plateau de Beille et à La Mongie, le Texan démontre que les arrivées en altitude sont sa chasse gardée.
● 2003: Sa victoire la plus difficile. L'Américain profite du Tour du Centenaire pour entrer dans la légende en égalant le record de victoires. Il souffre, mais s'impose finalement avec 1.01 minute d'avance sur Ullrich.
● 2004: Armstrong devient le seul sextuple vainqueur du Tour de France. Jamais inquiété, il devance l'Allemand Andreas Kloeden de 6.19 minutes et signe sa victoire la plus facile sur la Grande Boucle.
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