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Le théâtre de PL ne sera pas un cinoche

20 octobre 2005, 20:00

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Devant le tollé général suscité par le projet de la commission administrative PTr/PMSD de Port-Louis de transformer le théâtre municipal en une salle de cinéma, le gouvernement finit par y opposer son veto. C’est ce que décide le cabinet à la mi-octobre 1980. Les ministres concèdent que ce bâtiment historique est un joyau de l’architecture mauricienne et qu’on ne peut permettre à des particuliers de l’exploiter comme une vulgaire salle de cinéma, aux risques d’y causer des dommages irréparables. Le gouvernement ordonne par conséquent au ministre des Administrations régionales, Kamil Ramoly, de transmettre au président de cette commission administrative, le Dr K. Nundoochand, son objection formelle à un tel projet.

Ce dernier relève plus particulièrement de la commission portlouisienne du Bien-Etre que dirige M. Nanda Kistnen. Elle pensait avoir le pouvoir de donner le feu vert administratif à un tel projet et faire droit à une requête de la compagnie « Alpha Classic » que dirige M. Rajeedawa. Il s’agissait de transformer en une vulgaire salle de cinéma un des plus vieux théâtres de l’hémisphère Sud, le gouverneur Farquhar ayant posé, le 27 septembre 1820, la première pierre de ce bâtiment.

Après la révélation de ce projet calamiteux, des forces vives prennent position contre lui. Une pétition de 500 signatures de membres éminents des milieux culturels est adressée aux différentes autorités concernées. Une aile du Parti Travailliste, dirigée par James Burty David et Kher Jagatsingh, exprime vigoureusement son objection au projet. Elle s’organise pour qu’une bloc minoritaire au sein de la commission administrative, bloc mené par Mme E. Prêle, présente un “minority order” interdisant à la commission du Bien-Etre d’agréer à la requête de M. Rajeedawa. Sir Seewoosagur Ramgoolam reçoit également plusieurs pétitions travaillistes, comportant des centaines de signatures hostiles au projet.

Plus grave encore, le député James Burty David fait des allégations à l’effet que des opposants au projet ont été menacés par des tapeurs à la solde des partisans du projet. Il dénonce ce recours à des méthodes fascistes. Il craint que ces partisans déçus ne s’en prennent à ce bâtiment historique lui-même.

L’exécutif du PMSD finit par faire savoir qu’il s’oppose à la conversion du théâtre en salle de cinéma. En l’absence de Gaëtan Duval, l’exécutif des Bleus est dirigé temporairement par Eliézer François, leader-adjoint du parti. Notons également une vigoureuse lettre de protestation d’Action civique contre un tel projet. M. Ebrahim E. Patel annonce son intention d’entamer une grève de la faim si ce projet doit se matérialiser.

Il n’y a pas que le théâtre de Port Louis à être menacé par la commission administrative de Port Louis. L’association des architectes lui réclame, de son côté, des précisions au sujet d’un projet de construction d’un nouveau marché “municipal”. Cette requête est adressée au secrétaire de la ville, Me R. Tegally. Thierry de Commarmond, le président des architectes mauriciens, rappelle que cette association veut promouvoir les intérêts des architectes, la défense et la sauvegarde du patrimoine architectural et la préservation de l’environnement. En compagnie de ses confrères Jacques Wiehé, P. Wong Siong, J.C. Enzet, Z. Currimjee et S. Thancanamootoo, il tient une conférence de presse pour faire savoir que la population a le droit d’être tenue au courant des projets des commissaires administratifs portlousiens au sujet du Marché Central que d’aucuns considèrent comme le symbole de la nation arc-en-ciel mauricienne (ce que des incendies aux origines si mystérieuses semblent avoir superbement ignoré).

Les architectes mauriciens veulent savoir qui a préparé ce projet d’un nouveau Bazar Central, si les exigences en matière d’urbanisme ont été prises en considération, si des indications ont été données quant au respect dû à la conservation et à l’intégration harmonieuse de ce monument historique qu’est le portail d’entrée, si on tient compte des exigences qu’imposent les circulations routière et piétonnière. Ils veulent aussi savoir si on fera ou non appel à des architectes étrangers ou s’il y aura un concours réservé aux seuls architectes mauriciens, si priorité absolue sera accordée à la main d’œuvre et aux compétences locales, si les considérations de la MATIM à ce sujet seront prises en considération. Ils concluent que l’appel d’offres de la commission administrative est une aberration car il est impossible de présenter, de façon sérieuse et professionnelle et en seulement 15 jours, une soumission pour un projet d’une telle envergure.

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