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Le textile déterminé à mieux respecter l?environnement

11 août 2008, 20:00

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Pour sa survie, le textile devra aller de pair avec le développement durable. C?est un principe évoqué hier par Maurice Vigier de Latour, membre du comité exécutif de la Mauritius Export Association (MEXA). Il intervenait dans le cadre de la présentation, à Port-Louis, de la prochaine conférence de l?International Textile Manufacturers Federation (ITMF), qui se tiendra prochainement à Maurice.

Maurice Vigier de Latour, qui sera un des intervenants lors de cette conférence, estime que le textile mauricien doit faire plus qu?offrir «un package composé de qualité, d?innovation, de sécurité et de livraison dans les délais». «Aujourd?hui, ce n?est plus suffisant. Il y a un cinquième élément qui entre en jeu : le développement durable.» Tout en rappelant que les temps sont durs actuellement pour le secteur textile, il précise que le défi qui se pose à cette industrie est de rester compétitive tout en exerçant un respect de l?environnement.

Cet intérêt pour le développement durable découle des normes qu?imposent les acheteurs. «C?est un défi que nous demandent les marques. Elles nous imposent des conditions que nous devons respecter et suivre à la lettre», rappelle Maurice Vigier de Latour. Ses propos trouvent écho chez le ministre du Commerce et de l?Industrie.

Interrogé sur les récents cas de pollution, notamment à La Tour- Koenig et à Telfair, Rajesh Jeetah rétorque avec assurance que Maurice n?est pas en retard sur le plan de la protection de l?environnement par rapport au textile. Les cas de pollution devraient, estime-t-il, être plutôt comparés à «quelque chose qui se casse dans une voiture, tel que le pot d?échappement». Et d?ajouter que ce sont «des accidents malheureux». «Aujourd?hui, ceux qui connaissent le textile savent que les acheteurs sont très conscients des susceptibilités des clients», affirme le ministre, non sans rappeler qu?il a lui-même travaillé dans le textile.

<B>«L?acheteur n?est plus seul dans les décisions»</B>

Il précise aussi que des audits stricts sont menés par les acheteurs régulièrement et que le maintien de commandes dépend des résultats de ces audits. Les Compliance teams qui vérifient que les normes des marques sont respectées sont une donne que les opérateurs du textile doivent considérer. «L?acheteur n?est plus tout seul dans les décisions. Il y a, avec lui, cette équipe qui est capable d?annuler les commandes si elle n?est pas satisfaite», confirme Maurice Vigier de Latour.

Ce dernier estime que Maurice peut faire de sa petite superficie un atout. «Aujourd?hui, les clients vont peut-être se tourner vers un tout petit pays, comme le nôtre, qui peut, plus facilement que les pays immenses, se plier à toutes ces nouvelles règles et assurer le futur du textile.» Cet opérateur se montre positif quant à l?avenir du secteur malgré le fait que celui-ci a actuellement à faire face à diverses difficultés. Le textile, rappelle-t-il, «est, a toujours été, et sera toujours un secteur difficile». Ce membre de la MEXA fait aussi ressortir que les investissements locaux pèseront également dans la balance.

Se montrant lui aussi serein, le ministre Jeetah brosse un tableau positif de l?industrie. Il s?appuie sur plusieurs statistiques dans son argumentation. Il évoque ainsi le fait que la croissance prévue pour cette année par le Bureau central des statistiques est de 4, 6 %, que les investissements dans le textile et l?habillement étaient, l?année dernière, de Rs 4, 5 milliards et devraient être de Rs 2 milliards cette année? Si Rajesh Jeetah rappelle que le textile compte 55 000 emplois directs et 150 000 emplois indirects, il n?évoque pas les licenciements qui ont été effectués cette année.

Le ministère met en avant plusieurs stratégies pour promouvoir l?industrie locale du textile. Parmi elles, le marketing, la participation aux principaux Salons internationaux et le fait de prospecter de nouveaux marchés, dont la Russie, l?Australie, l?Italie ainsi que les pays scandinaves.

<B>Conférence sur le textile en octobre</B>

Du 11 au 14 octobre, les grands du monde du textile se rencontreront à Maurice lors de la conférence de l?«International Textile Manufacturers Federation» (ITMF), qui regroupe des membres d?une quarantaine de pays. La conférence se tiendra au centre Swami Vivekananda et aura pour thème «Les défis à relever pour une industrie du textile verte et plus durable». Quelque 300 participants sont attendus pour ce sommet. Salim Ismaïl, membre du comité de l?ITMF, soutient que le choix de Maurice pour cette conférence n?est pas fortuit. Ce choix, poursuit-il, s?est fait à un moment où l?organisation a entendu parler du projet Maurice île Durable. «Maurice a donné de l?importance à l?harmonie entre le social et l?environnement dès le lendemain de son indépendance.»

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