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Le textile, ce trouble-fête

13 février 2005, 00:00

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Comment va le « mood » ? La question est devenue rituelle au gré des rendez-vous semestriels Joint Economic Council (JEC) - gouvernement. « Nous nous sommes rencontrés dans un mood d?optimisme pour 2005 », répond le Premier ministre. Des deux côtés de la pièce, il semble effectivemement positif. Mais il y a toujours un bémol. « En même temps, nous constatons que des incertitudes planent sur la zone franche », a-t-il ajouté lors d?un point de presse à l?issue de la rencontre.

Une production sucrière de 600 000 tonnes, une stabilisation de la zone franche, une croissance de 8 % dans les arrivées touristiques. Cela devrait donner une croissance économique de 5 %. Le gouvernement est content. Mais ce taux ne suffit pas pour réussir la transformation souhaitée, a précisé Paul Bérenger.

Il faut en effet faire mieux. Le JEC par la voix de son président, Arif Currimjee, a fait ressortir l?importance pour l?économie de générer une croissance annuelle de 7 à 8 %. « C?est n?est qu?à ce rythme que nous allons pouvoir assurer la création d?emplois et le soutien de l?Etat providence » , insiste-t-il.

C?est la situation dans le textile-habillement qui joue les trouble-fêtes. L?industrie subit l?impact de la fin des quotas sur les exportations, intervenue au début de l?année. L?ouverture des marchés profite à des gros producteurs dont la Chine, l?Inde et le Pakistan. Le textile mauricien a énormément de difficultés à évoluer dans ces nouvelles conditions.

L?industrie s?est engagée dans un processus de restructuration depuis un certain temps. D?autres mesures d?accompagnement seront nécessaires pour assurer sa pérennité. La réunion d?hier a abordé la question du fret aérien. Pour demeurer compétitif sur le plan des coûts et des délais de livraison, il faut revoir le service aérien. Cela implique que les frais d?expédition des marchandises n?alourdissent pas trop les charges des producteurs.

<B>Stimuler l?investissement privé</B>

Mais l?année 2005 coïncidera avec le retour en forme du tourisme. « Nous prévoyons des exciting times pour le tourisme avec les efforts additionnels de marketing et avec des développements à venir au niveau de la politique aérienne », fait ressortir le Premier ministre.

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, s?est, lui, félicité de la progression des investissements privés (de l?ordre de 13 %) en 2004. Il a affirmé que ce sont les petites et moyennes entreprises qui vont générer le gros des emplois à l?avenir. Il y a un consensus sur les industries à promouvoir. L?économie mauricienne ne pourra compter sur deux ou trois gros secteurs, mais sur une multitude d?activités, les services à valeur ajoutée en particulier.

Le grand argentier a souligné dans les grandes lignes les principales orientations du budget qu?il présentera le 28 mars prochain. Le déficit budgétaire et la dette publique auront toujours une attention prioritaire. Le budget contiendra des mesures additionnelles pour stimuler l?investissement privé mais aussi pour combattre la pauvreté et l?exclusion sociale.

<B>Le Joint Economic Council en panne d?idées ? </B>

La valse des consultations pré-budgétaires se termine demain. Le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, rencontre l?un de ses interlocuteurs les plus écoutés : le Joint Economic Council (JEC). Les grands pontes des affaires lui soumettront leur « budget memorandum » « a Road Map for achieving meaningful competitiveness ». La compétitivité semble être le nouveau concept à la mode au JEC. Mais, pour les innovations dans les suggestions du secteur privé, il faudra repasser.

Le document Competitiveness Foresight, préparé par le National Productivity and Competitiveness Council (NPCC), passe pour être le nouveau document de référence. Dès les premières lignes du mémorandum, ce sont les objectifs de croissance, fixés à 7 % ou 8 % du produit intérieur brut, contenus dans le document du NPCC, qui sont réitérés. Le secteur privé depuis quelque temps est friand de concepts. Le JEC parle ainsi de « key strategies » d? « offensive package », afin d?accélérer l?émergence d?un « nouveau modèle économique ». Mais sait-on ce que l?on veut ?

À défaut de donner une idée exacte de ce qu?il comprend par son « nouveau modèle économique », le JEC balise les « stratégies » que contiendrait le fameux « offensive package » que Maurice devra offrir. Si on cherche des innovations de taille, on risque d?être déçu. Dans le court terme, le secteur privé prône : l?instauration de la bonne gouvernance d?entreprise, d?un climat d?investissement ouvert et efficace, l?ouverture de l?accès aérien, la consolidation de l?offre éducative au tertiaire et l?octroi d?incitations additionnelles dans différents secteurs.

Contexte électoral oblige, le secteur privé veut remettre sur les rails le projet de légiférer sur le financement des partis politiques. Initiative sans doute vouée à l?échec, tant les politiques semblent avoir enterré le récent rapport du Select Committee sur le financement des partis. Ailleurs, ce sont les mêmes reproches à l?encontre du Board of Investment qui sont réitérés. Alors même que l?institution subit lifting sur lifting ces derniers temps.

Sur d?autres chapitres, les demandes sont plus précises. Comme au sujet des prix de Mauritius Telecom (MT) pour la connexion au réseau haut débit du câble South Africa Far East (SAFE). Le JEC rappelle que les prix pratiqués à Maurice ne sont que très peu compétitifs par rapport à nos concurrents.

Au chapitre des stratégies à long terme, le JEC ne change pas de position. Le document relève l?éternel problème de l?accès routier à Port-Louis. Sur le plan des relations industrielles, la négociation collective est la solution proposée depuis des années. Mais à défaut d?un consensus avec les syndicats, le dossier reste bloqué. Enfin, le JEC demande l?aide gouvernementale afin d?avoir « un marché de capitaux et de dettes efficaces à Maurice » avec une réglementation plus cohérente des acteurs de ce secteur. Si tous ces efforts sont consentis, Maurice réussira, selon le JEC, son « paradigm shift ». Que d?innovations!?

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