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Le textile africain veut d?un AGOA plus viable
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Le textile africain veut d?un AGOA plus viable
Le textile en Afrique, c?est 200 000 emplois, dont une très grosse majorité doit son existence à l?Africa Growth and Opportunity Act (AGOA). Les producteurs africains veulent maintenant d?une forme améliorée de l?AGOA afin de maintenir l?industrie de la confection en vie. Pour mieux défendre leurs intérêts, ils se sont regroupés en une association, l?African Cotton & Textile Industries Federation (ACTIF) au mois de juin.
Les dirigeants de l?association sont actuellement à Maurice pour des consultations avec les membres de la Mauritius Export Processing Zone Association. Ensemble, ils mettent en place une nouvelle stratégie de lobbying.
L?ACTIF a pour objectif de s?attaquer aux nouvelles conditions post-Accord Multifibre en oeuvrant pour de meilleures conditions de l?AGOA. Déjà, les producteurs africains ont perdu 12 % de leurs parts de marché aux Etats-Unis suivant le démantèlement du système de quota intervenu en janvier 2005.
?Nous voulons que l?AGOA soit plus prévisible. Il faut une approche intégrée qui tient compte de toute la chaîne de production en vue d?une intégration verticale de l?industrie à l?échelle régionale?, affirme Jas Bedi, président de l?ACTIF.
Avec la disparition des quotas, l?accès différencié sur le plan des tarifs représente une source majeure d?avantages concurrentiels pour le textile africain. L?AGOA, devrait en principe garantir cette entrée privilégiée sur le marché américain.
?Cette préférence n?est pas suffisante compte tenu des coûts d?opération élevés en Afrique. Nous avons à faire face à l?Inde et à la Chine qui continuent à subventionner leurs industries et ainsi créer un terrain inégal. Il faut un level playing field. Le textile en Afrique est encore à un stade embryonnaire?, affirme le porte-parole de la fédération.
Le prolongement de la dérogation touchant à la Third Country Fabric (une exemption qui permet aux pays bénéficiaires de l?AGOA d?importer leurs matières premières de pays tiers) est un des combats immédiats de l?ACTIF. Cette dérogation prend fin en 2007. Les producteurs estiment que l?industrie ne survivra pas une telle éventualité. ?Sans la Third Country Fabric, les emplois disparaîtront. Il faut nous laisser la liberté d?importer ailleurs si les matières premières ne sont pas disponibles dans la région?, met en garde notre interlocuteur.
En sus de proposer un accès préférentiel au marché américain, l?AGOA doit aider l?industrie de la confection à devenir plus compétitive, estiment les industriels. La loi, dans sa forme actuelle, ne favorise pas l?intégration régionale de l?activité textile-habillement.
Une chaîne de production régionale peut prendre la forme sui-vante : le coton est cultivé en Ouganda ; la filature en Zambie ; les tissus fabriqués en Afrique-du-Sud; et les vêtements sont produits à Madagascar, au Kenya ou à Maurice. ?Chaque pays dispose de forces distinctes dans une activité particulière. L?AGOA doit pouvoir promouvoir cette synergie des forces des différents pays producteurs.?
L?ACTIF s?inquiète également du sort que réserve l?Organisation mondiale du commerce (OMC) au textile. Les producteurs africains veulent que ce produit ne fasse pas partie du Non-Agricultural Market Access. Une telle classification implique que les vêtements soient soumis aux mêmes réductions tarifaires que tous les autres produits industriels.
L?objectif de l?OMC est d?ouvrir davantage les marchés des pays riches aux exportations industrielles, dont le textile, des pays les moins développés (PMD). ?Une telle situation va bénéficier aux PMD du monde entier. Elle enlèvera notre marge de préférence sur le marché international?, fait ressortir Jas Bedi.
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