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Le temps des errances
<B>Par Nazim ESOOF</B>
Les spéculations alimentent le quotidien des palabres.
Ce qui se passe derrière la scène ne nous est pas perceptible. C?est ce qui fait que les discours et autres grandes analyses ne saisissent de l?essentiel que ce qui est superflu. On croit détenir la vérité. La clef est ailleurs. Rama Sithanen a déjà transgressé les limites. Dinesh Ramjuttun joue des intérêts individuels pour en faire des enjeux nationaux. Cela rappelle singulièrement le réveil des dinosaures. Le Mouvement militant mauricien et le Mouvement socialiste militant (MSM) se perdent dans des conjectures les unes plus improbables que les autres. Navin Ramgoolam, comme tout Premier ministre, détient tous les pouvoirs. Mais il est le seul à être conscient de sa vulnérabilité.
Le monde social a ses attentes. Ces acteurs ont fait leur mue. Cependant, leur évolution est figée sur l?axe temporel des années 80 et 90, à cette époque où l?Etat réalisait qu?il ne pouvait tout faire.
Aujourd?hui, dans ce monde associatif ou politique, les jeunes des années dorées jouissent des retraites ou des dernières années de service azurées.
Que reste-t-il à prouver lorsqu?on a déjà régné ?
C?est un autre règne qui commence. Celui du temps des incertitudes. Au précédent gouvernement qui voulait faire du social à travers le technocratisme de l?économie à l?actuelle majorité qui veut mettre l?économie au service du social, il y a une ligne de partage qui est de plus inintelligible. Or, on peut tout se permettre aujourd?hui sauf l?incapacité de lire les événements. Mais nos dirigeants ne nous aident pas vraiment.
Entre les voyages qu?ils annulent et un autre qu?ils reprogramment pour ne pas assister à un congrès, entre la tentation de pactiser avec le diable afin de retrouver le pouvoir, ils tentent de conjuguer soif de vengeance et aspiration de gouverner.
Les choses auraient pu être autrement. Pour cela, il aurait fallu que le Premier ministre s?enferme véritablement dans sa tour d?ivoire et qu?il cesse d?écouter ce qui se dit autour de lui. Depuis juillet 2005, il joue des tiraillements et des différences pour faire avancer les choses. En tentant parallèlement de conforter son pouvoir. Désormais, les enjeux ne sont plus les mêmes. S?il poursuit sur cette voie, il connaîtra le même sort que son prédécesseur : un échec pour ne pas avoir su surmonter une grande pusillanimité à bouleverser les idées reçues.
Ils viennent et partent. Tous disent, il faut changer les mentalités. Et puis il y a des hommes comme Ramjuttun qui nous rappellent que derrière les grands discours idéologiques et d?intention, il existe cette frilosité que provoque le sentiment d?un pouvoir précaire et soumis à des pressions multiples.
Les chiffres, assurent Rama Sithanen, virent au vert. Du moins les projections s?avèrent sur certains dossiers. Il reste qu?on comprend mal la démarche. Une conférence de presse est-elle est plus importante qu?un voyage qui est supposé profiter à tout le pays ? C?est le temps où personne ne semble savoir ce qu?il veut vraiment. C?est l?obsession 2010. C?est si vain !
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