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Le Syndicat des sucresdans la mélasse
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Le Syndicat des sucresdans la mélasse
Sachitanand Maudhoo, Chief Finance Officer (CFO), conteste sa suspension en Cour suprême. Il allègue que la direction cherche à l?évincer pour étouffer ses dénonciations.
Hier, lors de sa réunion hebdomadaire, le Conseil des ministres, s?est penché sur l?ensemble des problèmes. «Je suis la situation de très près», a déclaré, le ministre de l?Agriculture, Nando Bodha.
Le CFO devrait se présenter, le 11 mars, devant un comité disciplinaire, présidé par l?ancien juge Robert Ahnee. Pour empêcher la tenue du comité, Sachitanand Maudhoo a, jeudi, sollicité la Cour suprême pour un ordre interlocutoire. Mais, la juge A.F. Chui Yew Cheong a refusé la demande et a fixé l?audience au mardi 1er mars.
<B>DES PERTES INUTILES</B>
Dans son affidavit rédigé par Me Pazhany Rangasamy, avoué, le CFO met en exergue le paiement de compensation pour le sucre raffiné non produit par les raffineurs pour le marché local et concernant la coupe 2002.
Pour définir le montant de cette compensation, la Mauritius Sugar Producers? Association (MSPA) demande au Syndicat, le 15 avril 2003, le paiement d?une compensation deRs 626,80 par tonne de sucre raffiné. Rappelons que le Syndicat est responsable de la vente du sucre produit localement par la communauté des planteurs. Le total des ventes est de quelque Rs 10 milliards annuellement, selon Sachitanand Maudhoo.
Un sous-comité, présidé par un maître d?école à la retraite, est institué pour analyser tous les aspects du calcul de la compensation. Bien qu?il soit le CFO du Syndicat, Sachitanand Maudhoo n?en fait pas partie. Le 2 juin 2003, le sous-comité délègue Sylvio Marie-Jeanne, conseiller technique du Syndicat, pour réaliser une étude afin de proposer des recommandations sur la question de compensation aux raffineurs.
Le 31 décembre 2003, le conseiller technique dépose son rapport, et recommande que le coût que devrait supporter le Syndicat pour assurer une capacité de production de 50 000 tonnes devrait être de Rs 230 la tonne. Cependant, affirme Sachitanand Maudhoo, le président de ce sous-comité, demande au comité exécutif de régler les Rs 626.80 la tonne réclamées par la MSPA, arguant qu?il n?y a pas eu consensus.
Pour la coupe 2003, le calcul de la compensation est confiée au cabinet Kemp Chatteris Deloitte. Selon le CFO, son rapport est rejeté par la MSPA qui demande un rapport conjoint du tandem De Chazal du Mée et Kemp Chatteris Deloitte.
«Ces deux cabinets comptables n?ont pas eu accès à toutes les informations. En fait, ils ont changé à tort la formule, établie en 1995, pour le calcul de la compensation», allègue encore le CFO. La somme à débourser, indique Sachitanand Maudhoo, est supérieure, entraînant des pertes «inutiles» pour la communauté des planteurs. Il refuse de signer les chèques et deux autres employés s?en chargent, une pratique, dit-il, allant à l?encontre de la bonne gouvernance.
<B>DOCUMENTS À L?ICAC</B>
Par la suite, il alerte le président d?alors du Syndicat que la somme déboursée pour la compensation est trop élevée. Ses calculs basés sur l?ancienne formule démontrent que le paiement pour 2002 et 2003 aurait du être Rs 376.08 et Rs 221.16 respectivement. Lors d?un autre comité, le 16 avril 2004, il soumet ces documents au Chief Executive Officer du Syndicat, Mrinal Roy.
La situation se complique encore : un membre du Board, Heeralall Prayag, veut ces documents dont l?existence, pense-t-il, lui aurait été cachée. Et Sachitanand Maudhoo alertera, en janvier 2005, le président du Syndicat, Hansraj Ruhee, ainsi que son vice-président.
«I felt that it was my duty as a responsible CFO to draw the attention of the President and the vice-president to the situation prevailing at the Syndicate», souligne-t-il. Il dit avoir profité de l?occasion pour attirer l?attention sur d?autres aspects de la gestion du Syndicat.
Mais il est suspendu de ses fonctions le 8 février 2005, avant d?être convoqué pour être entendu par un comité disciplinaire. Dans sa lettre, le président Hansraj Ruhee lui aurait reproché que ses allégations ont pour but de miner la direction et de ternir la réputation du Syndicat.
Le Board, dans sa décision de le suspendre, a été injuste car il n?a pas eu le droit de s?expliquer. D?ailleurs, c?est à la suite de sa suspension que deux représentants des petits planteurs démissionnent.
Cette affaire ne se limitera pas à la Cour suprême. Dès lundi, Me Rama Valayden, l?homme de loi de Sachitanand Maudhoo, compte déposer tous les documents à la Commission anti-corruption.
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