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Le SOS d?un père pour que vive Rupert

18 septembre 2004, 20:00

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C?est comme un mauvais cauchemar, à la différence que la galère continue même au réveil. Cela fait deux ans que la famille Minerve de Rivière-du-Rempart tangue entre espoir et désespoir. Quelle réaction avoir lorsqu?on apprend que son fils est atteint d?une maladie rare, incurable à Maurice ? Où puiser les ressources morales nécessaires pour continuer à lutter ? Comment récolter deux millions de roupies pour que son fils puisse avoir une transplantation de la moelle épinière ?

Jean-Claude Minerve fait face à l?inéluctable depuis deux ans. Il a appris à ses dépens que la maladie n?arrive pas qu?aux autres, et que du jour au lendemain, toute une vie peut basculer dans l?horreur. Cet entrepreneur, père de cinq enfants essaie de dédramatiser.

Il lance des mots d?espoir, mais les larmes qui apparaissent dans ses yeux le trahissent. « Mon fils Rupert est en Australie depuis le mois de février. Il y suit un traitement et attend qu?on trouve deux millions de roupies pour subir une transplantation de la moelle épinière. Depuis j?essaie d?organiser un concert qui a été renvoyé trois fois, mais je vais y arriver, je vais trouver l?argent pour sauver mon fils. »

La foi, c?est tout ce qui reste quand le destin semble s?acharner sur vous. Rupert a 28 ans. C?était un touche-à-tout. Ce plombier était aussi à ses heures perdues, électricien, maçon, menuisier? « Il démontait tout, le magnéto, sa montre? c?était quelqu?un qui vivait au jour le jour, sans grands projets d?avenir, et il disait qu?il avait toute son existence pour ça », explique un Jean-Claude désemparé, mais qui s?empresse de répéter cette phrase : « Il guérira ».

Le calvaire commence il y a deux ans. Rupert ressent des douleurs dans le dos, les genoux, et les bras. Au départ, il se dit que c?est la fatigue, mais lorsque les douleurs le clouent au lit, il décide d?aller consulter. Les médicaments n?y font rien. Rupert va de médecin en médecin, mais la souffrance reste, jusqu?au jour où un docteur de Beau-Bassin lui fait faire plusieurs analyses. C?est alors que tout s?enchaîne.

« C?était un vendredi, le médecin m?appelle et me dit qu?il faut d?urgence hospitaliser Rupert. Il était très anémié. Ses plaquettes (globules rouges et blancs) affichaient 12 000 alors qu?il devait en avoir dans les 200 000 à 400 000. » L?enfer

commence. Rupert reste à l?hôpital pendant un an. « Il revenait à la maison de temps en temps. L?hôpital était devenu son deuxième foyer, et quand il revenait, c?était comme s?il était en congé et qu?il nous rendait visite », raconte son père

« J?ai vu mon fils pleurer comme un enfant »

Rupert n?avait plus le choix, il devait cohabiter avec ce Thrombo-cytopenia chypocellular marrow, une maladie rare dont il a su le nom après plusieurs analyses. Comment ce grand garçon qui était toujours en bonne santé a pu en arriver là ? Jean-Claude désespère de ne pas trouver d?explication. « On n?en connaît pas l?origine. Toute la famille a donné son sang pour des analyses, mais sans résultats. Tout ce qu?on sait, c?est qu?une personne sur un million peut souffrir de cette maladie, et il a fallu que ce soit notre fils. »

Un an à l?hôpital, et le golden boy comme l?ont surnommé les infirmiers, a connu des hauts et des bas. Il a changé physiquement. « Il a gonflé, a commencé à avoir des boutons, il avait des rougeurs sur le corps, les gencives qui saignaient. Parfois il ne pouvait même pas poser ses pieds par terre. Il avait mal en s?allongeant, en s?asseyant », confie Marie- Noëlle, sa mère qui reste perdue dans ses pensées tout au long de l?interview.

En fait, quand Rupert avait ses plaquettes, il repartait chez lui en bonne santé, mais deux jours après lorsque les plaquettes diminuaient à nouveau dans son corps, il devait être hospitalisé. On le soulageait à coup de médicaments jusqu?à la prochaine injection. « Parfois l?hôpital était à court de plaquettes et le médecin nous a dit qu?on ne pouvait pas continuer indéfiniment ce traitement et qu?il fallait qu?il parte à l?étranger où ils avaient l?expérience de cette maladie rare », explique Jean-Claude.

Les Minerve choisissent l?Australie, parce qu?ils y ont de la famille. Après plusieurs prises de contact avec un médecin à Melbourne, et après avoir envoyé plusieurs échantillons de sang, le médecin prescrit la transplantation de la moelle épinière. Il faut alors trouver un donneur. « Toute la famille s?est portée volontaire, mais on a appris que Jerry, notre deuxième fils, était plus compatible. Jerry a alors pris un congé pour accompagner Rupert en Australie. »

Rupert n?avait jamais pris l?avion auparavant. « Deux jours avant de partir il a eu une crise d?angoisse, je pense. Ses plaquettes avaient considérablement diminué et on se demandait s?il allait pouvoir voyager. » Ce jour J, restera gravé dans la mémoire de Jean-Claude « Il a attendu la dernière minute pour faire ses valises. Il n?arrêtait pas de remettre ça à plus tard et finalement c?est sa maman qui l?a fait. » Rupert a raflé les photos de famille avant de quitter la maison. « J?ai vu mon fils pleurer comme un enfant ce jour-là quand il est passé dire au revoir à sa grand-mère qui n?habite pas loin de chez nous? c?était le déchirement quand il a franchi l?aéroport. »

Jean-Claude cherche ses mots, la gorge nouée. « Tantôt, il nous disait qu?il reviendrait, de ne pas nous inquiéter.

Et puis c?était nous qui lui disions de ne pas s?inquiéter et qu?il reviendrait en bonne santé. Chacun essayait de consoler l?autre. »

Les parents sillonnent toutes les églises

Un jour Jean-Claude et Marie-Noëlle apprennent que Rupert fait une crise à cause des médicaments. « Mon frère nous disait que Rupert déprimait. Il nous en voulait d?être restés à Maurice, de ne pas être auprès de lui. Il demandait pourquoi tout cela lui arrivait », explique Jean-Claude. « Je voulais le réconforter ce jour-là, lui dire qu?on était avec lui, j?ai appelé dix fois, mais il a refusé de prendre le téléphone », ajoute Marie- Noëlle.

Mais les parents n?avaient pas les moyens de rejoindre leur fils. Et il fallait trouver l?argent. Ils ont d?abord fait du porte-à-porte, mais ils n?ont rapporté que Rs 25 000, ils ont ensuite fait appel à des entreprises, et ont pu récolter Rs 300 000. Cet argent a servi pour les billets d?avion mais aussi à payer les Rs 10 000 de médicaments dont Rupert a besoin toutes les semaines. Les Rs 200 000 du gouvernement sont d?une grande aide, mais il reste encore une grosse somme à trouver. Les Minerve espèrent que la chance leur sourira.

Piton, Henrietta, Bel-Air, Sainte-Croix? ils sillonnent toutes les églises de l?île dans l?espoir d?une guérison de leur fils. Une fois que l?argent sera récolté, il faudra que l?opération réussisse, qu?il n?y ait pas de rejet. Jean-Claude et Marie-Noëlle restent confiants et répètent : « Il guérira ».

Vous pouvez aider à sauver Rupert (photo) en faisant des dons. Vous pouvez appeler son père au 777.24.78, lui envoyer un email sur [email protected] ou [email protected].

Un concert pour sauver une vie. Soyez au rendez-vous

Rivière-du-Rempart sera en fête le samedi 2 octobre. Une fête qui pourra peut-être sauver Rupert et lui permettre une transplantation de la moelle épinière en Australie où il attend depuis des mois. Jean-Claude Minerve vous invite à venir assister à un grand concert au Rohit Boolaky Stadium de Rivière-du-Rempart où plusieurs échoppes seront aménagées (nourriture, t-shirts, etc.), mais surtout à six heures de musique, de 16 heures à 22 h 30. Natir Chamarel, OSB, Bruno Master Cool B, Gérard Louis, Sandra Mayotte, Dario Malcom, Michel Legris, Bhojuri Baya Bajé? l?affiche promet une soirée époustouflante. Jean-Claude Minerve, espère regrouper 7000 personnes. Le billet coûte Rs 75. « Venez vous amuser et sauver mon fils en même temps. » C?est le message d?un père qui veut arracher son enfant des griffes de la maladie.

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