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Le sort des clubs privés divise la fédération

31 janvier 2004, 20:00

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Le somptueux complexe de Petit-Camp est opérationnel depuis six mois. Tout le monde, dans le giron du tennis, se frotte les mains. Akthar Toorawa, secrétaire général de la Mauritius Tennis Federation, savoure pourtant son bonheur avec modération. C?est que Petit-Camp, construit pour la somme de Rs 13 millions, coûte à sa fédération près de Rs 200 000 mensuellement. Il y a le remboursement des dettes, l?entretien du complexe, le salaire du personnel technique et administratif sans oublier les dépenses courantes.

Dans son plan directeur pour 2004, qu?il a présenté la semaine dernière en comité, Akhtar Toorawa a défini sa priorité : il faut à tout prix rentabiliser Petit-Camp en y organisant un maximum de tournois, locaux comme internationaux. Là-dessus, tout le monde est d?accord. Mais là où il y a divergence d?opinion au sein du comité, c?est par rapport à la méthode qu?il faut employer.

En effet, le secrétaire général de la MTF semble aujourd?hui vouloir couper pour de bon le cordon avec les clubs historiques au premier rang duquel figure l?emblématique Rose-Hill Club, berceau du tennis à Maurice, ce qui n?est pas pour plaire à tout le monde au sein de la fédération.

En leur imposant une sanction fee de Rs 25 000 pour l?organisation d?un tournoi juniors-seniors, il parviendra sans doute à ses fins. On imagine mal, en effet, un club de tennis débourser une somme aussi importante pour un tournoi, aussi prestigieux qu?il puisse être.

Limites à la générosité

Akthar Toorawa défend sa position avec une étonnante conviction. « Il faut mettre les points sur les « i ». Avant, nous étions tributaires des clubs privés, lesquels ne se gênaient pas pour nous faire payer l?addition », explique-t-il, faisant sans doute référence aux Rs 85 000 réclamées par le Rose-Hill Club pour l?organisation des Jeunes Dodos en 2002. « Cette générosité a des limites. La fédération de tennis, ce n?est tout de même pas la sécurité sociale ! Il est totalement inconcevable que notre argent serve à financer des clubs privés. C?est pour cette raison que nous devons imposer une sanction fee à ces clubs s?ils veulent organiser des tournois. Nous avons nous aussi des engagements à respecter. »

L?ancienne présidente Françoise Desvaux ne partage pas cet avis, mais alors là pas du tout. Plutôt que d?une sanction fee, elle aurait préféré que les clubs s?affilient à la fédération pour un montant à définir et que la moitié des droits d?entrée par joueurs revienne à la fédération. « Leur demander de payer Rs 25 000 d?un trait, c?est exorbitant. Il ne faut pas oublier que la fédération a également pour objectif d?encourager les clubs à organiser des tournois. Là, c?est le contraire qu?on fait. On veut carrément les effaroucher », explique l?actuelle n° 2 du tennis, qui espère que les débats seront repris en présence du président, Jean-Michel Giraud, absent quand Akthar Toorawa avait présenté son plan directeur.

Plébiscité fédération de l?année 2003 par l?express, le tennis serait-il en train de couver une crise ? La question mérite d?être posée.

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