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Le sens de la com par Nazim Esoof

13 octobre 2007, 00:00

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La réforme n?est pas morte. Elle vient d?être ressuscitée par un Premier ministre qui a affirmé qu?il n?y a pas d?autre choix. Entendons par là que c?est la pillule la moins amère. Bref, même si c?est à contrec?ur qu?il appuie la réforme économique, le chef de la majorité vient de donner une nouvelle chance au parti du mouvement contre le parti du statu quo. S?il a fait ce saut politique et idéologique à la fois, c?est que son ministre des Finances et l?un de ses vice-Premiers ministres l?y ont contraint.

En effet, depuis une semaine, Rama Sithanen occupe l?espace médiatique comme peu de ministres peuvent y prétendre, sauf l?autre Rama, Valayden, celui-là même qui a compris que le pouvoir des médias peut contribuer à la surmédiatisation de son pouvoir.

Il a commencé sa semaine par une conférence de presse.

Le résultat de cette présence médiatique ne s?est pas fait attendre puisque, dès jeudi soir, le Premier ministre a dû, à Arsenal, donner en public son appui au projet de réforme sithanien. C?est dire l?importance de la communication. Et aussi celle des médias que les politiques ne se privent pas de vouer aux pires des gémonies.

Du coup, le Premier ministre s?est rendu compte qu?il ne pouvait pas se payer le luxe d?une crise à la tête du gouvernement, même si en face, l?opposition est plus que jamais divisée. La fragilisation du pouvoir est réelle. Et ce ne sont pas des Ramjuttun et d?autres à l?affût qui diront le contraire. Aujourd?hui donc, il ne s?agit pas seulement de sauver le plan Sithanen. Mais aussi de faire l?économie d?une grave crise à la tête du gouvernement.

Quant à Rama Sithanen, il est à la fois son meilleur et son pire agent. S?il continue à jouer à la vierge effarouchée se promenant avec sa lettre de démission dans la poche, il finira par atteindre un degré de décrédibilisation dont personne ne pourra le sauver. Il peut, à ce stade, se réjouir que les enchères qu?il a fixées ont contraint le Premier ministre à s?aligner dans son camp. Mais ce ne sera pas toujours le cas.

Ce n?est qu?une question de temps. Et le temps alloué pour récolter les fruits de la réforme économique arrive sinon est déjà arrivé à expiration. On approche le mi-mandat de l?alliance gouvernementale. Si l?équation programmée entre agendas politique et économique ne se réalise pas, Navin Ramgoolam tentera inéluctablement d?autres formules. Le premier qui servirait, dans un tel cas de figure, de fusible ne sera personne d?autre que l?actuel ministre des Finances. Ce dernier le sait tellement bien qu?il s?évertue déjà à remporter la bataille du fond car, cela aussi il le sait, ce n?est pas toujours la forme qui viendra à sa rescousse.

Il ne reste plus à savoir quel est le temps qu?un ministre des Finances consentira à consacrer à un travail dont la réussite sera attribuée à son Premier ministre et dont l?échec sera la seule conséquence de son ambition pour un pays.

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