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Le réchauffement climatique inquiète les petits États

9 décembre 2004, 00:00

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Ça chauffe. Et c?est le cas de le dire : le réchauffement de la planète et autres désordres climatiques ne laisseront pas les îles indemnes, loin de là. Et c?est le moment d?en discuter. Les météorologues ont fait part de leurs préoccupations hier lors d?une conférence de presse organisée au ministère de l?Environnement dans le cadre d?une série de quatre réunions explicatives précédant la conférence internationale des Nations unies sur les petits Etats insulaires en développement. Celle-ci se tiendra du 10 au 14 janvier 2005 et réunira quelque 2 000 participants, dont 25 chefs d?Etat et de gouvernement. La première réunion a été placée sous le thème : ?Climate change and Natural disasters.?

La sensibilisation s?avère cruciale si l?on veut empêcher la catastrophe. Ces états insulaires comptent donc sur cette conférence pour plaider leur cause auprès de la communauté internationale, en vue de forger des partenariats et de trouver des moyens d?améliorer leur situation. Les débats sur le réchauffement climatique, entre les pays développés du Nord et ceux en développement du Sud seront, selon les scientifiques, très animés. ?La menace se profile à l?horizon et nous devons engager des discussions sérieuses et agir de manière responsable.?

Car les chiffres sont éloquents. Suresh Boodhoo, assistant directeur au centre météorologique de Vacoas a hier, expliqué les effets de dérèglement climatique en mentionnant des études, menées à Plaisance, Vacoas et Pamplemousses. La température, durant ces 30 dernières années, n?a cessé d?augmenter. ?Elle a monté entre 0,5 et 0,7 degrés Celsius. Cela peut paraître dérisoire mais les effets sur l?environnement sont conséquents.?

Une baisse de la pluviosité de l?ordre de 10 à 15 % a aussi été révélée. ?Cette situation peut accélérer les formations cycloniques, même dans des zones inhabituelles.? Selon Suresh Boodhoo, c?est la première fois que la station météo enregistre la formation d?un cyclone aussi puissant que Bento en novembre. ?Il n?a fallu que deux jours au cyclone pour se former et nous avons vite pu repérer son ?il .?

Pour Philippe Boullé, conseiller auprès de Nations unies, les catastrophes naturelles sont d?abord des tragédies humaines. ?Ce qu?on retient d?un tremblement de terre ou d?un violent cyclone, c?est des gens qui meurent et qui souffrent physiquement et psychologiquement d?avoir perdu des proches.? Il concède que les effets sont aussi économiques et politiques. Plusieurs centaines de milliards de dollars, a-t-il expliqué, sont engloutis chaque année pour la reconstruction de villes et pour venir en aide aux populations affectées. ?Nous avons les moyens d?empêcher que les catastrophes ne touchent plus de gens et nous devons nous y prendre dès maintenant.?

Une menace bien réelle

Il recommande des mesures préventives telles que l?introduction de lois plus strictes dans la construction ainsi qu?une meilleure planification du territoire . ?Il faut établir un équilibre entre la protection de l?environnement et le développement.? Il a par ailleurs appelé à une plus grande participation des petits États insulaires dans la recherche scientifique afin de mieux connaître les risques qu?ils encourent à cause du réchauffement climatique.

A moyen terme, le conseiller auprès des Nations unies préconise la création d?une carte des risques sur laquelle seraient indiqués les lieux susceptibles d?être victimes de catastrophes naturelles. Il a cité l?exemple de l?Australie qui a introduit dans son curriculum universitaire, un cours sur les catastrophes naturelles. Il a affiché sa satisfaction quant au système d?alerte mis en place à Maurice durant la période cyclonique.

Le réchauffement climatique reste encore un sujet vague à travers le monde. Mais pour les habitants des Maldives, la menace est bien réelle. ?Ces îles sont condamnées à disparaître si la montée des eaux se poursuit?, a dit Suresh Boodhoo. Maurice est aussi menacée, même si les effets de la montée des eaux restent encore imperceptibles. Un exemple : un mur de protection érigé sur l?îlot Raphaël a du être détruit trois fois et reconstruit à quelques mètres à l?intérieur des terres. ?Le mur se désagrégeait à chaque fois parce que la marée montait?, témoigne un scientifique.

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