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Le riz ?ration? rit jaune face au basmati
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Le riz ?ration? rit jaune face au basmati
Thérèse Philogène, femme au foyer, sort de la boutique Ah Kam, à la route Cocoterie, Roche- Bois. Elle se réjouit de pouvoir aujourd?hui consommer du riz de luxe basmati. Le riz ration n?est en effet pas toujours de bonne qualité.
A l?instar de cette septuagénaire, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à bouder le riz ration. Il perd même du terrain dans un certain nombre de familles démunies, car le prix du basmati est dorénavant à leur portée.
Du coup, la consommation du riz basmati connaît une forte croissance. Elle a augmenté de 50 % depuis l?année dernière, et triplé en sept ans. Elle tourne cette année autour de 45 000 tonnes, contre 30 000 l?an passé, 25 000 en 2000 et 15 000 tonnes seulement en 1997.
?Au détail, le prix varie entre Rs 7 et Rs 18 le demi-kilo. En gros, il se situe entre Rs 3 et Rs 15 le demi-kilo. Il existe plus d?une cinquantaine de variétés de basmati et avec la libéralisation de l?importation, introduite depuis huit ans, on compte plus de 50 importateurs. Les importations de riz basmati ont doublé en trois ou quatre ans. Elles doivent avoisiner les 50 000 tonnes par an maintenant?, affirme Azize Ibrahim, président de la Wholesalers Association.
Les importations du basmati devraient toutefois baisser l?année prochaine, grâce à l?ouverture d?une rizerie actuellement en construction à Trianon. Cette rizerie, construite par Happy World Foods (HWF), compte grignoter une bonne partie du marché du basmati. Il devrait ainsi être davantage à la portée des couches les plus défavorisées.
Par contre, les importations mauriciennes de riz ration ont baissé de 33 %, par rapport à 2000. Cette année-là, elles se chiffraient à environ 45 000 tonnes, alors qu?au début des années 1990 elles étaient de 60 000 tonnes.
La State Trading Corporation (STC) examine actuellement les offres soumises par six compagnies étrangères pour l?approvisionnement de 30 000 tonnes de riz ration en 2005. Le contrat sera alloué dans deux semaines.
Les six compagnies en lice sont LT Overseas Ltd (Inde), Garibsons (PVT) Ltd, Transtrade International Ltd et Maskay & Femtee Ltd (Pakistan), Chaiyaporn Ltd (Thailande) et Toepfer International Asia Ltd (Vietnam).
Facteurs internes et externes
L?offre de la compagnie indienne, qui s?élève à Rs 8 100 (US $ 270) la tonne de riz, est la plus basse. Elle est la mieux cotée pour obtenir le contrat. Il faudra toutefois attendre la fin de l?exercice d?évaluation de la STC pour que son choix se confirme. Les offres des autres soumissionnaires varient entre 286 dollars et 319 dollars la tonne.
Les prix recueillis par la STC sont comparables à ceux qu?elle avait obtenus en début d?année pour la livraison de 20 000 tonnes de riz ration, pour la période de mars à décembre 2004. Par contre, les propositions de prix reçues pour les appels d?offres de 2002 et 2003 étaient nettement plus basses. Elles variaient entre 188 et 209 dollars.
Conséquence : le prix du riz ration, consommé par les plus pauvres, a dû être augmenté d?une roupie le demi-kilo, depuis le 1er octobre. Il passe de Rs 2.50 à Rs 3.50. Il bénéficie déjà d?une subvention gouvernementale qui s?élève à Rs 100 millions annuellement. Sans elle, il aurait été de Rs 4.50 le demi-kilo.
Cette hausse sur le marché local s?explique par l?augmentation du prix de cette denrée sur le marché international. Elle est due à une baisse de la production et à l?accroissement du coût du fret. Mais plusieurs autres facteurs, internes et externes, ont contribué à la fluctuation des prix du riz en Inde, en Chine, au Pakistan, en Thaïlande et au Vietnam.
Les récoltes de riz dans les pays producteurs en Asie se font deux fois par an, en mars et en octobre. En Inde, par exemple, les récoltes n?ont pas été bonnes au début de l?année. Il a très peu plu en juillet. Malgré des conditions plus favorables en août, la pluviosité n?a pas été suffisante pour la maturation complète du riz. Les récoltes seront inférieures aux prévisions initiales.
Quant à la Chine, elle compte satisfaire les besoins de sa population, plutôt que le marché international. De nouvelles zones seront consacrées à la production des céréales. La situation générale s?améliore, mais la production connaît toujours un déficit. Le Chine va donc encore importer du riz pour sa consommation.
Le Pakistan a eu des problèmes d?irrigation. Le pays avait prévu de disposer d?un surplus de 1,3 million de tonnes pour l?exportation. Mais il est fort probable qu?il ne s?élèvera pas à plus de 600 000 à 700 000 tonnes.
En même temps, la consommation de farine ne cesse d?augmenter. Elle s?élève à 90 000 tonnes par an contre 75 000 tonnes en 1995. Une certaine stabilisation a toutefois été notée au cours des cinq dernières années. Les subventions gouvernementales de cette denrée se chiffrent à environ Rs 300 millions par an.
?Davantage de pain?
?Au début de nos opérations, en 1989, on ne consommait que 68 000 tonnes de farine. Le mode de vie des Mauriciens a changé. On préfère consommer davantage de pain, d?autant plus que sa qualité est nettement meilleure que celle qu?on avait autrefois?, estime André Béga, directeur technique des Moulins de la Concorde (LMLC).
?L?arrivée des grandes surfaces et l?augmentation des fast food de bonne qualité, dit-il, y est aussi pour quelque chose. Le pain est bien plus consommé que le riz. C?est aussi dû à la qualité de la farine que nous produisons. LMLC a contribué à ce changement des habitudes alimentaires.?
En 2001 la consommation de ce produit avait un peu baissé en raison de la mauvaise qualité de la farine importée. Elle a repris par la suite.
?Nous mettons beaucoup l?accent sur la formation. Les boulangers de la plupart des grandes surfaces ont été formés chez nous. Le nombre de boulangeries a doublé au cours des derniers 20 ans, passant de 65 à 130.?
Les récoltes de blé en Australie et en Europe sont bien meilleures que l?année dernière. ?On espère, souhaite André Béga, que les prix que nous allons obtenir seront plus compétitifs que ceux de l?année dernière. Mais il faut aussi tenir compte de l?augmentation constante du coût du fret.?
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