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Le remède
Il y a un mal dont les services de santé ne guérissent toujours pas. Le droit d?exercer continue à être accordé à des médecins qui ne possèdent pourtant pas de véritables qualifications. Cela fait longtemps que les autorités sont conscientes de cette faiblesse du système mais elles ne parviennent pas à la traiter.
Un cas récent a alerté l?opinion publique. Une dizaine de personnes issues d?une université peu connue demandent de se faire inscrire à l?Ordre des médecins. Vigilants, les dirigeants de cette instance mènent une petite enquête. Ils sont mis en présence d?allégations selon lesquelles l?université en question vend des diplômes. Ils décident de refuser le droit d?inscription aux aspirants médecins concernés mais découvrent que la loi ne leur donne pas cette marge de man?uvre. Car l?université mal famée figure sur la liste des institutions médicales approuvées par l?Etat.
Il existe une solution au problème. Il suffit de faire passer un examen aux aspirants médecins avant de leur accorder le droit d?exercer. Mais c?est sans compter avec les subtilités de la sociologie complexe du pays ! La proposition d?instituer un tel examen a été faite à plusieurs ministres de la Santé, dans le passé, mais les lobbies ont eu raison de la logique.
En revanche, le Conseil de l?Ordre des ingénieurs a eu plus de succès. Il a demandé et obtenu le droit d?imposer un examen à tous ceux qui veulent obtenir le statut d?ingénieurs. L?Etat n?a pas résisté à sa demande. Est-ce parce que la faute d?un ingénieur qui provoque l?écroulement d?un bâtiment est plus grave que celle d?un médecin qui prend mal soin de son patient et le tue?
La liste des universités reconnues par l?Etat est un document qui n?est pas basé sur des critères pertinents. Elle est établie par une commission qui évalue le programme d?études des universités. Or, un bon ?syllabus? ne signifie pas que les diplômes sont délivrés de manière régulière. Le seul moyen de permettre aux détenteurs de diplômes de médecine de les valider et donc d?exercer reste un examen de passage.
Ce filtre pourra, incidemment, régler le problème de l?accueil dans les hôpitaux. Il est bien connu qu?un médecin mal formé, qui ne possède pas de connaissances et de tact, abuse de son autorité et a recours à la brutalité pour impressionner les patients. Ce type de médecin aggrave la souffrance des malades.
Il y a un autre problème qui brise tout autant nos malades. Il concerne les tarifs en vigueur dans les cliniques privées. C?est un sujet sur lequel se sont penchés tous ceux qui ont dirigé ce ministère, de Prem Nababsing à Ashock Jugnauth en passant par Kishore Deerpalsingh. Ils ont tous été incapables d?en trouver le remède. Cette semaine, un médecin, le Dr Seewoodharry Buguth, apporte un témoignage poignant dans une lettre adressée à ?l?express?, lundi. Après un traitement sous anesthésie locale, d?une durée de dizaine de minutes dans la salle d?opération de la clinique, un patient demande la facture. Il reçoit la note suivante : ?Frais de la salle : Rs 1 000, Médicaments : Rs 340, Honoraires du médecin : Rs 5 850.?
Les charlatans et les profiteurs ne constituent, bien entendu, qu?une infime proportion du corps médical, mais une cellule du corps, si petite soit-elle, doit être enlevée quand elle n?est pas saine.
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