Publicité
Le rapport BPML débouche sur des conclusions «accablantes»
Par
Partager cet article
Le rapport BPML débouche sur des conclusions «accablantes»
par Akilesh ROOPUN
«Nous avons discuté du rapport BPML aujourd?hui au cabinet. D?ailleurs, les ministres n?ont pas eu le temps de tout lire et ils vont le revoir. Mais le ministre Sinatambou va en faire état demain et vous allez voir à quel point les gens (NdlR : l?ancien régime) ont gaspillé l?argent qui ne leur appartenait pas». Propos tenus par le Premier mi-nistre à Triolet hier (voir au bas). Le Conseil des ministres examinait, le jour même, le rapport du Fact- Finding Committee (FFC) sur la Business Parks of Mauritius (BPML) visant à faire la lumière sur les malversations alléguées au sein de cet organisme. Constat du ministre de la Technologie informatique et des Télécommunications, Etienne Sinatambou : il s?agit d?un « rapport accablant».
«Le Conseil des ministres a décidé de mettre sur pied un comité mi-nistériel pour étudier le rapport en profondeur. Ce comité s?est déjà réuni une première fois pour un constat plus approfondi du contenu», a déclaré le ministre Etienne Sinatambou à l?express, hier soir.
Ce comité qui a pour tâche de mettre en ?uvre les recommandations du Fact-Finding Committee, comprend, outre Etienne Sinatambou, le ministre des Administrations régionales, James Burty David, le ministre du Travail, Vasant Bunwaree et l?Attorney General, Rama Valayden. Ces derniers rencontrent la presse ce matin, à Port-Louis, pour évoquer les conclusions de l?enquête en détail.
Lourd endettement
Le gouvernement avait institué un comité d?enquête sous la présidence de Harris Balgobin, ancien président du Tribunal d?arbitrage permanent, pour prendre la mesure des nombreuses allégations faites à l?encontre de BPML, société d?Etat chargée de réaliser la cybercité d?Ebène.
Les autorités se disaient très préoccupées par la situation financière précaire de cet orga-nisme et de sa filiale Cyber Properties Investments, promoteur des appartements d?Ebène. Elles évoquaient un lourd endettement s?élevant à environ Rs 1,8 milliard.
Des dépenses exagérées, des cas d?ingérence politique, des investissements mal planifiés sont quelques-unes des critiques formulées par les dirigeants du régime actuel contre BPML.
Le fact-finding committee a été mis sur pied en janvier de cette année. Le commissaire Harris Balgobin et ses deux assesseurs, Bruno Dumazel et Raj Busgeet, ont commencé les auditions des témoins en mars dernier. Les membres du comité se sont également rendus en Inde dans le cadre de leur mission.
L?opposition a souvent critiqué la mise sur pied de cette enquête ainsi que les remarques contre le BPML, arguant que le présent régime essayait de marquer des points politiques contre son prédécesseur.
La soirée marathon de Navin Ramgoolam
Etre partout à la fois. Navin Ramgoolam a, hier soir, tenu le pari, ayant marqué sa présence pour la célébration de Divali au stade Anjalay, un gala de charité au Méridien et à Triolet, pour la cérémonie du Muslim Council. Son épouse, Veena, était aussi de la partie.
A 19 heures hier, cap sur le stade Anjalay pour assister au concert organisé par le ministère des Arts et de la Culture pour célébrer le Divali. Concert populaire que le couple Premier-ministériel n?a pu assister jusqu?à la fin, puisqu?il avait d?autres obligations. Une heure plus tard, le Premier ministre quittait donc les lieux mais la fête a continué pour les nombreuses personnes...
Direction : Le Méridien pour un gala de charité organisé par l?ONG United Way. «J?ai tenu à être présent parce que c?est une organisation qui fait de la charité», explique le Premier ministre (PM). Charité ou pas, le député Ramgoolam a des obligations envers ses mandants. Il a donc terminé sa soirée en compagnie de sympathisants musulmans à Triolet, une cérémonie organisée par le Muslim Council.
Il a tenu à les remercier pour leur soutien chaque année «surtout quand nous sommes dans l?opposition». Le PM a plaidé pour l?unité nationale. «Nous avons de la chance, dit-il, de ne pas vivre en Palestine ou au Liban.» Il veut que les gens prennent conscience de la futilité de la guerre. «Tout a commencé au Liban à cause de la disparition de deux soldats. Des maisons ont été démolies, des enfants et des adultes tués mais on n?a pas retrouvé les deux soldats.» Exemple où l?homme, à qui Dieu fait don de discernement, ne l?utilise pas.
Le PM se dit aussi très conscient que le pays passe par des moments difficiles. Et raconte une anecdote sur la valeur de l?argent : il en avait demandé plus à son père quand il étudiait en Grande-Bretagne et ce dernier, lui a, au contraire, envoyé moins d?argent en lui disant «si tu crois que £ 30 ne sont pas suffisants, essaye de vivre avec £ 20. Et tu seras reconnaissant pour les £ 30», aurait lancé Sir Seewoosagur Ramgoolam. Leçon qu?il n?est pas prêt d?oublier. Très moralisateur, le PM s?est appesanti sur le besoin de s?attacher aux valeurs et d?être tolérant. Le Mahatma Gandhi a été cité.
Navin Ramgoolam a expliqué l?impératif des réformes. « Si un bateau va à la dérive et que l?on change brusquement de direction, des personnes seront prises de malaise (...) . Soyez patients. Nous faisons ce qu?il faut faire pour résoudre le problème. Il y aura la lumière un peu plus loin ».
Deepa BHOOKHUN
Publicité
Publicité
Les plus récents