Publicité
Le régime s?offre du gros gibier
Le gouvernement s?est offert la tête de Vijay Makhan, secrétaire aux Affaires étrangères. Son départ a été présenté par le ministre de tutelle, Madun Dulloo, comme une volonté personnelle du haut fonctionnaire de prendre sa retraite. Le gouvernement n?aurait fait qu?y accéder, après négociation des indemnités avec la Public Service Commission.
Cependant, des proches du principal concerné affirment qu?il n?en est rien. Vijay Makhan aurait bel et bien été prié de prendre la porte de sortie. Le régime n?apprécie pas sa « proximité » avec le gouvernement sortant, dont Paul Bérenger et Jayen Cuttaree, l?ex-ministre des Affaires étrangères.
Makhan était présent au cocktail offert par Cuttaree pour célébrer sa décoration récente. Son nom avait également été cité pour une éventuelle investiture de l?alliance MMM-MSM aux législatives du 3 juillet. Un brin amer, Vijay Makhan aurait, depuis, confié à son entourage qu?il n?y a rien d?anormal à ce qu?un secrétaire aux Affaires étrangères soit proche de son ministre. Ses relations ont été d?ordre surtout professionnel, aurait-il expliqué. Mais il s?est refusé à tout commentaire sur son départ à l?express dimanche.
Le prix pour ses liens familiaux
Quant à son statut d?éventuel candidat MMM-MSM aux dernières élections, la rumeur ne s?est pas vérifiée. L?entourage de Makhan fait remarquer que d?autres fonctionnaires ont vu leur nom cité. Ils n?ont pas eu à quitter leur poste pour autant. Vijay Makhan n?était même pas présent au pays durant la campagne électorale ce qui aurait dû lui épargner toute association avec les politiques d?un bord ou d?un autre.
Des observateurs estiment que le fonctionnaire a surtout payé le prix pour ses liens familiaux. Quoi qu?il en soit, son successeur est déjà en poste. Il s?agit d?Anund Neewoor, à qui Makhan avait succédé en 2003. Peu avant, il avait été affecté à l?ambassade de Maurice à New York. Il s?était retiré du service public l?année dernière.
Dans une note d?adieu au personnel du ministère des Affaires étrangères, ici et à l?étranger, Vijay Makhan retrace les grandes lignes de son parcours de diplomate qui a culminé, sur le plan local, deux fois au poste de secrétaire aux Affaires étrangères et sur le plan international comme secrétaire général adjoint de l?Union africaine. « J?ai eu un très beau parcours. Et à aucun moment je n?ai eu à faire des compromis par rapport à mes principes? J?ai toujours eu le courage de mes convictions. Je pars sans regret, la tête haute et avec le sentiment du devoir accompli. »
Vijay Makhan regrette de n?avoir pu présider à l?introduction d?un Foreign Services Act et à la création d?un centre d?études en stratégies et d?un Foreign Affairs Club. Mais obligé de passer le témoin, il enjoint ses anciens collaborateurs à travailler pour le pays. « Les gouvernements se succèdent mais le Foreign Service reste. Vous devez servir le gouvernement du jour avec toute la loyauté possible. Comme si votre vie en dépendait. » Conseil à double tranchant. Vijay Makhan vient d?en faire lui-même les frais.
Jyoti Jeetun en suspens
Une tentative similaire pour déloger Jyoti Jeetun, Chief Executive du Sugar Investment Trust (SIT), a avorté. Mais ce ne serait que partie remise. Elle a survécu, mardi, à une première tentative du gouvernement de résilier son contrat. Le conseil de direction du SIT a refusé de seconder la motion du Chief Executive Officer du ministère de l?Agro-industrie et de la Pêche, Krishnawtee Beegun, demandant la mise à pied de Jyoti Jeetun. Les milieux gouvernementaux envisagent d?avoir recours à d?autres moyens pour la faire partir, suggérant même la révocation du Board, composé de représentants élus des planteurs ? gros et petits ? des employés et des artisans.
Publicité
Publicité
Les plus récents