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Le pré-professionnel à c?ur ouvert

30 octobre 2004, 20:00

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«Les classes pré-professionnelles aident les élèves à se développer et à découvrir leurs talents. Beaucoup ont envie d?apprendre. Mais pour pouvoir les aider à intégrer la société, nous avons surtout besoin d?informations et de formation. » C?est le cri du c?ur des enseignantes des classes pré-professionnelles du collège Friend-ship Boys à Goodlands.

Vendredi, c?est le dernier jour de classe. L?atmosphère est pleine de bonne humeur. Les enseignants en tenue casual papotent tranquillement sous la véran-da. Mais c?est aussi l?heure des bilans pour Natacha, Karuna, Bharti et Kavita, enseignantes dans des classes pré-professionnelles. Alors que, mardi, la Private Secondary Schools Authority (PSSA) avait annoncé sa réticence à adopter le pré-professionnel, elles parlent des difficultés qu?elles ont connues depuis son introduction en 2001.

Travailler avec 25 enfants qui présentent des difficultés scolaires, et qui viennent de surcroît de milieux défavorisés et de familles éclatées, demande une certaine formation? qu?elles n?ont pas reçue au préalable ! « Nous aurions voulu avoir une assistance sociale et psychologique pour travailler avec ces enfants. Pendant un an et demi nous avons avancé à l?aveuglette, sur le tas. Ce n?était pas évident? », soupire Natacha. Avec ses collègues, elle avoue en avoir vu de toutes les couleurs.

« Je me souviens d?un élève turbulent pendant la récré, mais qui se renfermait dans sa coquille dès qu?il franchissait la seuil de la classe. Malgré mes efforts, il n?a jamais participé aux cours. Je me suis demandé s?il n?avait pas subi quelque traumatisme à l?école primaire. » Karuna, elle, raconte sa difficulté à maîtriser la situation quand elle a en classe des élèves hyperactifs. « Peut-être qu?on s?y est mal pris avec eux et que, si nous avions reçu une formation avant, nous aurions été mieux préparées à nous attaquer à ces différents problèmes? »

Les enseignantes se montrent aussi critiques face au programme d?études qui n?est parfois pas adapté aux capacités des élèves. Selon les recommandations du ministère, la classe doit travailler chaque semaine sur un thème qu?elles devront intégrer aux matières habituelles (anglais, français, functionnal maths, environment, basic science, design and technology, home economics et IT). Plusieurs thèmes sont suggérés et les enseignants sont libres d?y apporter leur grain de sel.

Une source de joie incommensurable

Seulement, elles butent parfois sur des réticences imprévues. Par exemple, certains refusent carrément de suivre les cours de géographie, sous prétexte qu?ils ne sont plus dans une école primaire. « Ils disent qu?ils sont maintenant au collège et que c?est aux petits d?apprendre la géographie. » D?autres n?arrivent pas à participer aux activités proposées pour diverses raisons. Mais parfois ces faiblesses contribuent à cimenter les rapports entre élèves. « C?est un plaisir de les voir socialiser, discuter de ce qu?ils ont envie de faire lorsqu?on cherche à adapter une activité dans la classe d?art. »

Pourtant, malgré la complexité du problème, elles se disent satisfaites de leurs petites victoires. Natacha est heureuse de ses quatre élèves qui, à la fin de la deuxième année, ont été reçus à l?examen du Certificate of Primary Education. Ces derniers ont, par la suite, pu intégrer le collège.

Après les trois années au pré-professionnel, les élèves peuvent s?inscrire dans un collège professionnel. Beau-coup ne se font pas à l?idée de quitter le collège. Bharti s?attendrit face à ces élèves, qui à la fin des trois années au pré-professionnel, reviennent leur ren-dre visite. « Beaucoup sont arrivés ici sans savoir écrire leur nom, ni leur numéro de téléphone. Pour eux la moindre progression est source de joie incommensurable. »

Beaucoup obtiendront leurs Teachers Diploma in Pre-vocational en novembre, après trois années d?études. Mais ce diplôme leur sera-t-il utile ? Face à la réticence de certains collèges privés à adopter cette filière, les enseignants expriment leur souhait de poursuivre le travail entamé. « Nous sommes d?avis qu?il faut continuer à offrir cette filière, sinon ce sont les enfants qui seront les grands perdants. »

L?Éducation considérera les requêtes de la PSSA

Les membres de la PSSA sont satisfaits de la réunion qu?ils ont eue, jeudi, avec le ministre de l?Éducation, Steven Obeegadoo. « Il a été très attentif et a pris note de nos demandes », affirme Harris Bachwa, membre de l?exécutif de la PSSA. La réunion fait suite à l?intention du ministère d?imposer la filière pré-professionnelle aux collèges privés. « Nous lui avons demandé de ne pas forcer la main aux collèges qui ne souhaitent pas introduire cette filière. Nous lui avons aussi demandé de bien définir ce projet pour ceux qui voudront l?adopter et de leur offrir des garanties en ce qui concerne le personnel. » Ils souhaitent aussi un Livre blanc pour définir l?objectif de la filière. Malgré les Rs 5 500 offertes par salle pré-professionnelle, un tiers des 90 collèges privés ne sont pas partie prenante du projet à cause du flou qui l?entoure. Une deuxième réunion entre le ministère et les responsables de la fédération est prévue mercredi.

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