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Le projet de réforme mis au point par l?Onu reste très limité

16 septembre 2005, 20:00

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Long de 35 pages, le texte devait être ensuite adopté par les chefs d?Etat et de gouvernement à l?occasion du sommet mondial qui se tenait jusqu?à hier à New York.

Dans sa première partie, la déclaration réaffirme avec solennité «l?engagement» des signataires en faveur des «objectifs et principes» de la Charte de 1945. Ils promettent également de «s?abstenir d?utiliser la force ou de menacer de le faire» . Ils réaffirment «l?importance vitale d?un système multilatéral efficace» .

Sur le développement, le texte encourage à réaliser les objectifs de réduction de la pauvreté, y compris les objectifs «qui sont décrits comme les objectifs de développement du Millénaire» . Il appelle les pays développés «qui ne l?ont pas encore fait» (comme les Etats-Unis) à s?efforcer d?atteindre l?objectif de 0,7 % de leur Produit national brut (PNB) à l?aide publique au développement d?ici à 2015. Il mentionne l?intérêt de développer des nouvelles méthodes de financement du développement et fait référence, à la satisfaction des Français, qui ont lancé l?idée, et des Britanniques, qui s?y sont ralliés, à une taxe sur les billets d?avion pour alimenter un fonds de lutte contre les épidémies.

Les Etats-Unis ont aussi accepté que soit fait mention d?éléments qu?ils ne reconnaissent pas, comme le protocole de Kyoto, sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, dont le respect, indique le texte, est souhaité «par beaucoup d?entre nous» .

Un progrès de dernière minute a été effectué sur la création d?une commission de consolidation du maintien de la paix, qui aidera à prolonger les interventions actuelles de l?ONU vers des actions de développement. Le texte «décide d?établir» cette commission mais sans régler les divergences persistantes sur sa structure.

Aucun progrès en revanche sur le Conseil des droits de l?homme, que les Etats membres se déclarent simplement «résolus à créer». Aussi bien le secrétaire général Kofi Annan que le principal artisan des négociations, le ministre gabonais Jean Ping, ont considéré que la création de ces organes était acquise, mais rien ne le dit explicitement dans le texte.

Sur la responsabilité de protéger les populations, l?engagement a été salué par les ONG même s?il n?est pas contraignant. Les signataires «proclament leur volonté d?agir, par l?intermédiaire du Conseil de sécurité, y compris par la force» , si un Etat se révèle «manifestement incapable» de protéger ses ressortissants menacés de «génocide, crimes de guerre ou contre l?humanité et nettoyages ethniques» .

Le désarmement et la proliferation

Deux pays ont émis des réserves, Cuba et le Venezuela, notamment parce que les procédures n?ont pas été respectées. L?ambassadeur du Venezuela a jugé inqualifiable que le texte ait dû être adopté en anglais, faute de temps pour assurer les traductions réglementaires.

L?ambassadeur américain John Bolton a estimé que le résultat n?était qu?une «étape». Il s?est déclaré «déçu» de ne pas avoir obtenu la réforme administrative souhaitée par Washington. La négociation ayant été bloquée par une minorité de quelques pays, sur chacun des points, il s?est demandé si «la culture de la prise de décision» à l?ONU est suffisamment efficace.

Sur ce point, les Américains ont reçu le renfort remarqué de Kofi Annan, qui a lui aussi remis en question le sacro-saint consensus, en préconisant de passer plus souvent au vote à l?Assemblée générale pour faire avancer les discussions. «Si le Conseil de sécurité procédait de la même façon, aucune décision ne serait jamais prise» , a-t-il dit.

Kofi Annan a réfuté l?idée que l?on puisse caractériser le résultat comme un échec par rapport à ses ambitions initiales, même s?il a reconnu qu?il aurait souhaité un «langage plus fort» . Il a en revanche jugé «honteux» qu?aucun accord n?ait été trouvé sur le désarmement et la prolifération, un échec qui, intervenant après celui sur la révision du Traité de non-prolifération nucléaire en mai, ne lui a pas paru justifiable.

Corine LESNES

BILL CLINTON OUVRE SON SOMMET ALTERNATIF À CELUI DE L?ONU

Bill Clinton a ouvert jeudi à New York son sommet alternatif à celui de l?Onu, trois jours de forum aux vastes objectifs de réduction de la pauvreté et des guerres que l?ancien président américain veut couronner par des engagements concrets liant les participants.

Les fins affichées par l?Initiative mondiale Clinton (CGI) sont ambitieuses, mais l?ancien locataire de la Maison Blanche peut en tout cas compter sur des participants parmi les plus prestigieux et les plus puissants au monde.

L?événement s?est ouvert jeudi avec la secrétaire d?Etat américaine Condoleezza Rice, le Premier ministre britannique Tony Blair et le roi Abdallah II de Jordanie. Dans un débat informel balayant les grands défis du monde, du libre échange aux énergies alternatives, ils ont notamment appelé à l?essor des investissements dans la bande de Gaza après le retrait israélien.

La chef de la diplomatie américaine a loué «l?énergie et l?esprit d?entreprise» des Palestiniens, appelant les investisseurs à s?engager, devant un parterre de centaines de politiques, décideurs et entrepreneurs du monde entier. Bill Clinton, qui jouait le modérateur entre ses invités assis dans de profonds fauteuils blancs, a suggéré la création d?une «assurance anti-terrorisme» pour encourager le secteur privé à se lancer.

Dans ce grand hôtel de Manhattan, à quelques encablures du siège des Nations unies où les grands de la planète sont réunis pour le sommet de l?organisation mondiale, environ un millier de participants devaient ainsi se retrouver pour trois journées destinées à favoriser la lutte contre la pauvreté, les conflits et les changements climatiques.

Une douzaine de tables rondes verront l?intervention de personnalités aussi diverses que les présidents nigérian Olusegun Obasanjo ou ukrainien Viktor Iouchtchenko, le président de la Banque mondiale Paul Wolfowitz, Madeleine Albright, George Soros, Rupert Murdoch, le président du Sinn Fein Gerry Adams, Elie Wiesel, la reine Rania de Jordanie ou le rappeur P. Diddy.

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