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Le prochain président US aura un impact limité sur l?économie
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Le prochain président US aura un impact limité sur l?économie
George Bush et son rival démocrate John Kerry ont beau affirmer que l?amélioration de la situation économique dépendra du choix que feront les électeurs mardi, le vainqueur, quel qu?il soit, aura à affronter divers problèmes et disposera d?une marge réduite pour tenter d?y trouver un remède.
Avec le doublement du prix du pétrole par rapport à son niveau des dernières années, et avec un déficit budgétaire record, les analystes estiment que les candidats se montrent bien optimistes face à leurs promesses de relancer la croissance et de créer des emplois.
?Je crois que nous devons nous montrer réalistes quant aux capacités de l?un comme de l?autre?, estime Carl Tannenbaum, économiste en chef à la banque LaSalle. ?A ce stade, il semble hautement improbable que l?un ou l?autre dispose, comme il le lui faudrait, d?une majorité suffisamment prête à coopérer avec lui pour procéder à des réformes en profondeur.?
Le vainqueur de l?élection héritera d?une économie dont le taux de croissance devrait passer de 4,4 % cette année à 3,5 % l?an prochain, selon les prévisions de la société d?études Blue Chip, tandis que les taux d?intérêt repartent à la hausse après avoir atteint des niveaux exceptionnellement bas.
Les experts craignent que la hausse des cours du pétrole n?aient des retombées sur la consommation et les dépenses des entreprises cet hiver, réduisant un peu plus la croissance et rendant la tâche difficile au futur président en matière d?emploi.
La faible croissance du marché de l?emploi depuis la récession de 2001 a conduit les démocrates à souligner que Bush avait été le premier président en plus de 70 ans durant le mandat duquel l?Amérique avait connu une perte nette d?emplois. Un demi-million d?emplois ont disparu depuis l?entrée en fonction de Bush.
Le président sortant a promis d?allouer 500 millions de dollars à l?éducation et à la formation pour améliorer les qualifications des ouvriers. Kerry a déclaré qu?il réduirait les charges sociales et créerait des facilités pour les industriels produisant en Amérique, par opposition à ceux qui délocalisent.
En effet, le yuan maintenu par la Chine à un niveau artificiellement bas lui permet actuellement de garder un marché du travail peu onéreux. Ce qui incite nombre d?entreprises américaines à délocaliser des activités, mouvement que, selon les experts, aucun président ne sera à même de freiner efficacement.
Le marché du travail stagnant aux Etats-Unis malgré les stimulants créés par les fortes baisses d?impôts décidées par Bush et les taux d?intérêt particulièrement bas conduisent certains économistes à craindre que la hausse du prix du pétrole ne limite la croissance de l?économie américaine.
La marge de manoeuvre du gouvernement, en raison des baisses d?impôts déjà accordées, sera d?autant plus réduite en cas de coup dur.
?Il est frappant de constater combien de phases de récession, depuis la Seconde Guerre mondiale, ont été précédées par une hausse des prix du pétrole?, explique un économiste de Harvard, Jeffrey Frankel, qui siégeait au Conseil des consultants économiques à l?époque de l?administration Clinton.
Marge de manoeuvre étroite
Si les baisses d?impôts pratiquées par Bush ont dopé la consommation, le déficit budgétaire record qui en est la résultante (413 milliards de dollars durant cette année fiscale) laisse peu de marge de manoeuvre à la Maison-Blanche pour faire face à une nouvelle récession.
?Si nous entrons dans une nouvelle récession d?ici un an ou d?ici cinq ans, nous ne pourrons pas riposter par de nouvelles réductions fiscales?, dit Jeffrey Frankel.
Bush entend, en cas de réélection, réduire de moitié le déficit budgétaire au cours des cinq ans à venir en dopant l?économie et en contrôlant les dépenses. Kerry souhaite parvenir à cet objectif d?ici la fin de son premier mandat en rétablissant certaines règles budgétaires et en abrogeant les réductions d?impôts consenties sous Bush aux Américains gagnant plus de 200 000 dollars par an.
Andrea Hopkins
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