Publicité

?Le prix de l?océan Indien doit s?inscrire dans la durée?

30 novembre 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Agnès Gueneau, née à Saint-Denis de La Réunion, a été professeur de philosophie dans sa ville. Elle a à son actif des recueils de poésie, des livrets pour enfants, tout exerçant sont activité de romancière (Le Chant des Kayanms), publié par les éditions L?Harmattan. Ayant assuré, en tant que représentante de l?île fondatrice, la présidence du Jury du Prix de l?océan Indien dès ses débuts en 1998, elle est bien placée pour évoquer les six années d?existence du Prix. ?Le Jury se compose de membres du monde culturel de chacune des îles. Si la présidence du Jury a été assurée jusqu?à présent par La Réunion, organisatrice du concours, ce serait souhaitable qu?on puisse délocaliser dans les autres villes, avec de plus en plus d?ouvertures.? Dès la première année, note-t-elle, le concours a obtenu un certain succès, recevant jusqu?à 150 manuscrits. Elle se souvient encore de la participation de Kamini Ramphul, Mauricienne, disparue trop tôt. ?Parmi les ?uvres primées la première année, on a pu remarquer le roman de la Mauricienne Kamini Ramphul, L?Ile Maudite, l?Ile Magique. Dans le cadre de l?île Maurice, on a suivi une longue aventure tragique entre Le chasseur et le papillon, symbolisant le chasseur d?esclaves et le marron. Le livre a été édité depuis.? Les années suivantes, les prix se sont répartis de façon diverse, dans les différents genres, entre Madagascar, La Réunion, Mayotte. Comme cette année, malgré une présence marquée de La Réunion, l?on note la présence d?un malgache et d?un Seychellois parmi les gagnants.?Cette année, la participation tourne autour de 140 entrées, réparties comme suit : 34 romans, 47 recueils de poésie, 42 nouvelles, 9 pièces de théâtre et 6 contes.?

Y a-t-il un genre qui semble vouloir s?imposer aux autres ? ?L?on peut remarquer un développement intéressant de la nouvelle. Conte et théâtre s?affirment également de façon originale.? En revanche, précise-t-elle, le roman et la poésie se remarquent un peu moins depuis deux ans. ?Nous espérons que ces deux genres littéraires vont prendre leur élan. Le jury a noté une participation moindre de l?île Maurice au fil des années. Il souhaite que les candidats de l?île Maurice se manifestent dans les cinq genres proposés, avec le même intérêt qu?aux premières années, afin qu?il y ait cet échange et cette communication des ?uvres entre les différentes îles du Sud-Ouest de l?océan Indien. Cet échange ne peut être qu?enrichissant pour la littérature de l?océan Indien.?

Les ?uvres reçues, dit-elle, sont de qualité. Fait notable, les candidats sont de plus en plus jeunes : ?Certains pourraient faire une véritable carrière littéraire. Mais il y a toujours la même difficulté à faire éditer et diffuser ces ?uvres dans ces îles. Car il faut faire connaître ces ?uvres, il faut un public de lecteurs de plus en plus large, pour que ce soit intéressant pour les auteurs. Dans l?ensemble, les concours littéraires jouent un peu ce rôle. Et l?on ne peut que souhaiter que Le Prix de l?océan Indien s?inscrive dans la durée.?

Publicité