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Le privé prêt pour sauver le textile
Le plan de sauvetage de l?industrie du textile-habillement prend forme. Le Joint Economic Council (JEC) et la Mauritius Export Processing Zone Association (MEPZA), ont esquissé hier les contours de la structure du privé qui recommandera au gouvernement le traitement à administrer au textile-habillement.
?Le plus important dans cette démarche est de mettre en place un interlocuteur et une interface crédibles afin de réconforter le gouvernement et l?opinion que les mesures préconisées sont justifiées et appropriées?, commente un participant à la réunion de travail du JEC et de la MEPZA.
Le structure définie par le secteur privé a été rebaptisée Textile Emergency Support Team (TEST) au lieu de la Emergency Management Team (EMT) évoquée depuis la réunion entre le gouvernement et le JEC samedi dernier. Le concept a effectivement quelque peu évolué. Le secteur privé préfère privilégier une approche d?accompagnement plutôt qu?une notion d?intervention dans la gestion des entreprises.
Le JEC et la MEPZA ont passé beaucoup de temps hier à réfléchir sur la création de la TEST. La réunion a été l?occasion d?un survol des difficultés de l?industrie textile et de la confection. Le diagnostic n?est pas simple car, contrairement au sucre qui est un mono-produit, le textile-habillement est composé d?un ensemble de sous-secteurs et filières. Les problèmes de la chemiserie ne sont pas ceux de la bonneterie. Mais les discussions d?hier ont également permis de dégager un ensemble de problèmes communs à la majorité des filières du textile et de l?habillement. Une analyse plus fine et plus détaillée sera effectuée en priorité par la TEST avec l?apport de compétences locales et étrangères, si besoin est. Il faudra aussi faire un état des lieux de la situation actuelle sur le marché mondial et remettre à jour la vision générale par rapport aux récents développements sur le plan international.
<B>Interface gouvernementale</B>
Ensuite la TEST se livrera à une radioscopie de l?industrie en général des différentes filières et, finalement, des entreprises individuellement. Dans ce dernier volet, l?analyse se fera à la demande des entreprises elles-mêmes sur une base volontaire. Les différentes analyses de la TEST ne s?arrêteront pas uniquement au diagnostic mais elles formuleront également des recommandations à tous les niveaux, global, sectoriel et individuel.
Ces recommandations seront transmises au gouvernement qui a créé une interface ? la Policy Intervention Team ? pour étudier et éventuellement concrétiser les recommandations de la TEST. Au niveau de l?industrie en général, on peut imaginer par exemple que la TEST préconise des tarifs préférentiels pour l?eau, l?électricité et le tout-à-l'égout. La décision reviendra à la Policy Intervention Team présidée par Paul Bérenger, vice-Premier ministre et ministre des Finances.
Au niveau des entreprises individuelles, la TEST se fixera comme objectif de ne sauver que les entreprises viables. Le mot d?ordre étant : ?pas de gaspillage des ressources.? Après analyse, un plan de redressement et de restructuration sera proposé. Les entreprises s?engageant dans ce programme devront respecter la ?road map? établie. Au cas où une aide financière est requise, le dossier sera transmis à la Policy Intervention Team, qui pourra alors intervenir à travers la Banque de développement de Maurice ou le National Equity Fund, selon le cas et les besoins.
Les solutions préconisées seront ?tailor-made?, indique un des participants à la mise en place de la TEST. Dans le secteur privé et dans les milieux de l?industrie textile-habillement plus particulièrement, la concrétisation d?un plan de sauvetage global pour le secteur provoque un réel enthousiasme et celui-ci est perçu comme une solution à la taille de la crise. Le plan dégagé hier sera soumis à Paul Bérenger et éventuellement au Conseil des ministres vendredi. Maintenant, ?the truth of the pudding is in the eating?.
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