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Le Premier ministre renversé appelle les bureaucrates à désobéir aux militaires
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Le Premier ministre renversé appelle les bureaucrates à désobéir aux militaires
Le Premier ministre renversé des îles Fidji a exhorté hier les bureaucrates à ne pas se plier aux ordres du régime militaire issu du coup d?État cette semaine, et déclaré qu?il restait le seul dirigeant légal du pays.Le Premier ministre Laisenia Qarase, qui a été renversé mardi par la junte militaire et a depuis laissé la capitale aux ordres de l?armée, a affirmé au réseau de radio Legend que «tout membre du gouvernement qui suivrait les instructions du nouveau régime violerait la loi.» «S?ils suivent les ordres de l?armée, il agiront sous une autorité illégale», a-t-il prévenu. «Il n?y a qu?une autorité légale dans le pays à l?heure actuelle, et il s?agit du gouvernement démocratiquement élu que je dirige», a-t-il ajouté.Laisenia Qarase a par ailleurs demandé aux Fidjiens de s?opposer pacifiquement à la prise du pouvoir par le Commodore Frank Bainimarama, qui a assuré vouloir réprimer tout dissident. Le nouveau chef du gouvernement, nommé par l?armée, Jona Baravilala Senilagakali, un médecin militaire novice en politique, a pour sa part déclaré qu?il faudrait peut-être attendre deux ans, voire plus, avant que des élections soient organisées dans l?archipel. Le Grand Conseil des chefs, l?autorité traditionnelle qui représente les villages des 14 provinces du pays, a jugé «illégal» le putsch de mardi et invité les soldats à rentrer «dans leurs villages». «Il est temps maintenant pour vous, fils et filles des Namosi (villages), de quitter les casernes et de retourner parmi les vôtres», a déclaré Ratu (chef) Suliano Matanitobua à la radio fidjienne. Le Grand Conseil n?a pas caché sa colère de voir le président et le vice-président, tous deux des chefs coutumiers, renversés par l?armée. Son président, Ratu Ovini Bokini, a souligné que le Conseil considérait toujours Ratu Josefa Iloilo comme le chef de l?Etat légitime, ajoutant que le renversement du vice-président, Ratu Joni Madraiwiwi, était également illégal.
Des mots d?ordre circulent dans la capitale, Suva, demandant à la population de s?habiller de noir pour marquer son opposition au coup d?Etat, le quatrième en vingt ans.
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