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Le PM : ?Dulull démissionnera s?il y a un «prima facie case»?

12 avril 2006, 00:00

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Les allégations de pots-de-vin contre le ministre des Terres et Logement, Asraf Dulull, ont fait hier l?objet de la première Private Notice Question (PNQ) de Nando Bodha, nouveau leader de l?opposition. Lui répondant, Navin Ramgoolam, Premier ministre, affirme :?Je demanderai au ministre Dulull de step down si un prima facie case est établi contre lui.?

Le Premier ministre souligne qu?il a demandé au commissaire de police d?ouvrir une enquête dès qu?il a été mis au courant du e-mail envoyé par Patrick Rountree, directeur de Bel Air Sugar Estate (BASE). Ce n?est qu?après que le ministre Dulull en a été informé.

L?e-mail que Patrick Rountree a envoyé au Board of Investment remonte au 23 mars. Cela, après qu?Anil Nemchand, Public Relations Officer de BASE, l?a informé qu?il y aurait eu demande de pots-de-vin. Dans une déposition à la police, Anil Nemchand a en effet affirmé que Rafiq Peermamode lui aurait demandé une somme de Rs 50 millions au nom du ministre Dulull.

Nando Bodha veut savoir à quel stade en est l?enquête policière. Ses interrogations portent également sur le projet de Bel Air Sugar Estate, à savoir si celui-ci concerne la location à bail des terres de l?Etat (Pas géométriques), quelles en sont les composantes sociales, et aussi si des tierces parties y sont engagées.

?Semer le doute?

A ce stade, sept personnes ont été interrogées alors que Rafiq Peermamode a été inculpé. Lundi, Nooranee Oozeer, le chef de cabinet du ministre Dulull, et le secrétaire confidentiel du ministre ont été interrogés.

La BASE a soumis son projet initial au gouvernement en avril 2001. Par la suite, il y a eu des discussions avec le ministère et le Board of Investment. En octobre 2004, BASE a soumis une demande pour deux portions de terres de l?Etat totalisant 104 arpents pour la réalisation de ses projets hôteliers et Integrated Resort Scheme.

?Pour l?instant aucune décision n?a été prise par le fast track committee au sujet de l?octroi du bail pour ces Pas géométriques. Il en est de même pour le Conseil des ministres?, précise Navin Ramgoolam. Les composantes sociales, comme élaborées dans des correspondances de BASE en date de février et mars 2005, totalisent Rs 78 millions.

Le Premier ministre explique que l?enquête policière déterminera s?il y a eu une quelque tentative pour commettre un acte criminel dans le contexte de la réalisation de ces projets. Elle va aussi déterminer pourquoi une tierce personne était présente lors d?une rencontre entre le ministre Dulull et Patrick Rountree.

Paul Bérenger s?attarde pour sa part sur le fait que le Premier ministre voudrait ?semer le doute? au sujet du témoin Patrick Rountree en relevant les contradictions de ce dernier. Le fait qu?il s?était dit ?very relieved? lors d?une réunion du 23 février à la rencontre avec Kailash Ruhee étonne le Premier ministre car ce dernier a envoyé un e-mail par la suite.

?Il y a beaucoup de ?hear say??

A une autre question de Nando Bodha, Navin Ramgoolam ajoute que si la police établit qu?il y un prima facie case de corruption, l?affaire pourra alors être référée à l?Independent Commission against Corruption (Icac) en vertu des dispositions du Prevention of Corruption Act (Poca).

?Nous devons être prudents. Il y a beaucoup de hear- say. On a besoin de preuves, et non pas de témoignages basés sur le hear-say. Je veillerai à ce qu?il n?y ait aucune ingérence dans l?enquête policière, que ce soit d?un côté ou de l?autre. Il n?y aura aucun cover-up?, affirme Navin Ramgoolam.

Nando Bodha insiste : il estime que le Premier ministre devrait demander au ministre Dulull de ?step down? pour que l?enquête policière ?puisse se faire dans toute la transparence?. Et Navin Ramgoolam persiste. Il ne peut pas ?préjuger? l?issue de l?enquête policière. ?J?ai un track record au sujet de la lutte contre la corruption. Je ne partirai pas de mes principes. Nous sommes dans un Etat de droit. S?il y a un prima facie case, j?agirai comme je l?ai fait dans le passé dans les cas de deux ministres.?

Ce dernier critique une fois encore le ?trial by the press? dans cette affaire et se demande si tous les 19 ministres doivent ?step down? s?il y a de simples allégations contre eux. Il réagit vivement face à la requête de Nando Bodha, en s?appuyant sur le fait que l?ancien régime n?a pas sanctionné ses ministres quand il y a eu des allégations à leur encontre.

Il cite le cas de Mukhesswur Choonee, ancien ministre du Logement, qui avait été contraint de démissionner mais faute de preuves, les accusations contre lui ont été rayées. ?Ce dont nous avons besoin c?est des preuves. Ce qui est important ce n?est pas le nombre de dépositions mais un prima facie case?, martèle Navin Ramgoolam face à une autre question de Nando Bodha.

Maya Hanoomanjee, parlementaire du Mouvement socialiste militant, veut de son côté savoir si le cabinet a accordé son soutien au ministre Dulull vendredi. ?Le ministre Dulull a donné ses explications et le programme de travail du Conseil des ministres s?est ensuite poursuivi?, fait ressortir Navin Ramgoolam.

ALLÉGATIONS DE POTS-DE-VIN

Le directeur de Bel Air S.E. consigne sa déposition aujourd?hui

■ En parallèle à la séance parlementaire hier après-midi, se tenait une réunion du conseil d?administration de Bel Air Sugar Estate (BASE). Objectif : peaufiner la stratégie de la propriété sucrière dans le contexte de la déposition de Patrick Rountree, directeur de la BASE au Central Criminal Investigation Department (C CID) d?ici la fin de la semaine. Patrick Rountree a affirmé à ?l?express? qu?il se rendra aujourd?hui au CCID pour donner sa déposition dans cette affaire de pots-de-vin allégués.

Patrick Rountree est rentré au pays hier. Il a eu en début de soirée une rencontre avec son homme de loi, Me Maxime Sauzier, pour discuter de la marche à suivre quant à son interrogatoire aux Casernes centrales qui serait imminente. Un des principaux volets de cet interrogatoire portera sur la réunion qui s?est déroulée entre lui et le ministre Dulull en présence de l?homme d?affaires, Rafiq Peermamode, le 29 décembre 2005.

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