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Le PM : «la créolité, pas une fatalité, une chance à célébrer...»

3 décembre 2007, 00:00

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Changer l?appellation «population générale» pour le terme «créole». C?est avec toute sa sympathie que le Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam, dit accueillir la démarche de la Fédération des créoles mauriciens, présidée par le père Jocelyn Grégoire. Affirmation faite lors du discours d?ouverture de la deuxième édition du Festival international kreol. C?était samedi à l?hôtel La Plantation. (voir aussi «Festival Kreol : le réveil» et «La créolité en débat?» en pages 14 et 15).

Le PM a assuré l?assistance avoir reçu une lettre en ce sens de la fédération la semaine dernière. Selon lui, c?est une démarche justifiée, qui mérite d?être étudiée, avant que des amendements constitutionnels ne soit apportés. «Mo pa kompran mem ki sa ve dir exakteman popilasyon zeneral.» Est-ce que c?est tout ce qui ne tombe pas dans les autres catégories que l?on met sous le générique «population générale» ? s?est -il interrogé . «Nou bizin met li kreol parski nou fier de la créolité.»

Il devait mettre en garde l?assistance contre les politiciens qui chercheraient à se servir de cette revendication pour pousser d?autres groupes vers une démarche similaire.

Toujours au chapitre légal, le PM devait dire que la loi sur l?égalité des chances arrive «bientôt». «Li inpe konplike, li antrenn bann konsekans dan diferan seksion samem nou pe tarde enn tigit ar li.» Il a expliqué que pour vivre ensemble, il fallait en avoir envie. «Si ou pa anvi viv ansam initil ou deklare lao lao.»

«Grand métissage»

Pour lui, «le mot clé dans tout ceci c?est l?ouverture». Il est d?avis que la préservation des cultures ancestrales et les revendications identitaires ne doivent pas finir par ériger des cloisons. «Nou pa bizin enter nou, o kontrer nou bizin ouver nou.» Notamment en développant une conscience de la citoyenneté mauricienne. «J?espère que ce festival contribuera à une meilleure définition de la nation mauricienne. Qu?il nous fera comprendre que la créolité n?est pas une fatalité à subir mais une chance à célébrer.» Estimant que le pays a réussi sa phase multiculturelle, il s?est dit d?avis qu?il est temps d?évoluer vers l?interculturel. A une condition : que les groupes, les communautés, les individus communiquent entre eux.

Il a reconnu que des périodes de notre histoire «ont forcé certains groupes au repli identitaire». «Parski zot santi zot menase, zot panse ki si zot pa fer sa zot pa pou gagn seki zot merite.» Pour le PM, il n?y a plus lieu d?agir de la sorte.

Avec force anecdotes, toutes avec une pointe d?humour, Navin Ramgoolam a plaidé pour une prise de conscience de la richesse de l?héritage de la culture créole. Il a expliqué que l?organisation du festival était motivée par le fait qu?il est important que chacun comprenne d?où il vient et où il va. Il s?est dit en faveur de l?inclusion des cultures créoles de différentes régions du monde dans le festival local. Il a souhaité que le festival «apporte un éclairage sur le concept et les réalités de la créolité». Enfin, de la langue créole, il dira qu?elle nous unit, qu?elle ajoute à la cohésion sociale.

Xavier-Luc Duval, ministre du Tourisme, a, lui, martelé la symbolique derrière l?organisation du festival. «C?est la première fois que l?Etat donne ses lettres de noblesse à la culture créole.» Exprimant sa fierté d?être créole, le «résultat d?un grand métissage», le ministre du Tourisme a affirmé «ou na pa kapav gagn dignite si ou pa fier ou kiltir».

Une fierté qui le pousse à vouloir donner l?envergure de «plus grand festival kreol au monde», à l?événement organisé localement, notamment avec ses 160 invités étrangers.

Expliquant la raison d?être du thème choisi, «Créolité, le réveil», il a dit que cela s?inscrit dans une mouvance mondiale. Celle d?un réveil de curiosité pour la culture créole, une «créolisation du monde», par les «métis culturels». C?est aussi accélérer le réveil de la fierté d?être créole à Maurice, notamment à travers un regain d?intérêt pour l?éducation, le business, les activités artistiques...

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