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LE PETIT POUCET
Comment revisiter un conte classique ? Olivier Dahan n?a pas eu peur de relever le défi et prend le parti d?une esthétique nouvelle pour redonner vie à ce conte. Grâce à des jeux d?ombres et de lumières, à des tournages en studio, le réalisateur s?inscrit dans la lignée des films d?art avec une âme. Un choix esthétique qui fait la magie de ce Petit Poucet.
Il était une fois Poucet, un enfant mal-aimé, dernier-né d?une famille de paysans, souffre-douleur de ses frères. Les temps sont durs et la guerre dévaste la région. Une horde de soldats pille la ferme familiale : c?est la famine. Les parents de Poucet décident d?abandonner leurs enfants?
Dans une immense forêt, livrés à eux-mêmes, les enfants vont rencontrer les loups, puis les guerriers du terrible soldat à la jambe de fer. Mais, par-dessus tout, ils vont affronter celui qui hante les cauchemars de Poucet: l?Ogre, dévoreur d?enfants?
Avec Le petit Poucet, Olivier Dahan traite à nouveau un sujet qui semble lui tenir à coeur : la jeunesse abandonnée, livrée à elle-même. Il déclare : ?Je voulais tourner un film avec des enfants, pour les enfants, mais qui en ayant pour thème l?enfance s?adressait également aux adultes. L?histoire se devait d?être basée sur l?imaginaire. Le conte du Petit Poucet répondait à toutes ces attentes. D?autant plus qu?il fait peur. J?aimais avoir peur au ciné quand j?étais petit. Un petit de cinq ans m?a d?ailleurs dit que sa scène préférée était celle où l?ogre tue ses enfants. Adulte, on n?a plus peur. Pendant la projection du Petit Poucet, les parents ont quand même peur pour leurs enfants !?
Dans cette adaptation cinématographique, Olivier Dahan préfère la fidélité à l?oeuvre au tape-à-l?oeil environnant. ?J?ai changé peu de choses. Je n?avais pas envie de faire le malin en adaptant Le petit Poucet. Le résultat devait être ?classique? dans la narration et le déplacement des caméras. Je refusais de revoir Le petit Poucet dans deux ou quatre ans et de me lamenter en disant : Putain, on a mis du kung-fu dedans.?
Au moment où sort Le petit Poucet, le public s?attend à surenchère d?effets numériques et de combats chorégraphiés comme dans Vidocq de Pitoff ou Le pacte des loups de Christophe Gans. Or, il n?en est rien. ?Je ne me sens proche ni de Gans, ni de Pitoff. Je penche plutôt du côté des films impressionnistes, d?Europe centrale, d?Asie. Je n?ai rien contre les trucs anglo-saxons. C?est juste qu?ils ne correspondent pas à mon état d?esprit.?
La réussite d?Olivier Dahan ne se résume pas au seul parti pris esthétique. Il réunit un casting de choix avec Romane Bohringer, Catherine Deneuve, Elodie Bouchez et Samy Nacéri. Romane Bohringer incarne la mère de Poucet. Elle s?est lancée, sans aucune hésitation dans l?aventure. ?J?ai été très emballée à la lecture du scénario. Et la première fois que j?ai évolué au milieu des décors fut vraiment déroutante. Tout autour de soi ramène au conte. On sent en permanence que l?on est dans quelque chose de rêvé.?
Avec Le petit Poucet, Olivier Dahan ouvre ainsi littéralement un livre dont les illustrations s?animent tour à tour devant nos yeux. A nous de retrouver notre âme d?enfant.
CHARLES PERRAULT, maître conteur
Né en 1628, Charles Perrault est contrôleur général des bâtiments du roi. Membre de l?Académie Française qui venait de se créer, il participe activement en faveur des ?Modernes? au débat qui les opposent aux Anciens dont la vision de l?art était issue des maîtres de l?Antiquité. Il a une place prépondérante dans la vie culturelle de son temps, mais ce sont ses Contes de ma mère l?Oye, en 1697, que l?on retient aujourd?hui. Issues du folklore populaire national et désormais mondialement connues, ces histoires mêlent le fantastique à des éléments adaptés à la société de l?époque. Ainsi la grande famine relatée dans Le Petit Poucet serait celle survenue en France en 1693.
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