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Le pendu n?avait que 13 ans
Qu?est-ce qui lui est donc passé par la tête ? Ravintee Bistonath a le c?ur gros. Elle retourne sans cesse dans sa tête cette question, cherchant les raisons qui auraient poussé son fils aîné, Abhishek, à mettre fin à ses jours.
Il n?avait que 13 ans et s?est pendu, lundi matin, aux antivols de sa chambre, dans la petite maison située au milieu d?un champ de lalos à Poste-de-Flacq. Abishek a pris un pan d?une paire de jeans usés, l?a attaché aux barreaux avant de passer à l?acte, une jambe sur un lit, l?autre dans le vide.
Ravintee n?y comprend rien. Abhishek ne lui a même pas laissé une lettre pour expliquer cet acte de désespoir. Ses parents n?étaient pas des tyrans et lui, n?était pas un enfant à problèmes.
Abhishek était un fils affectueux, très attentionné envers ses parents. Comme tant d?autres, il était en vacances depuis peu, et c?était lui qui s?occupait du ménage lorsque ses parents, des ouvriers agricoles, partaient aux champs.
Elle pensait que son fils dormait?
Le jour de sa mort, il s?est réveillé à 4 heures, comme son père, Sohunlall. Abhishek a fait ses ablutions, ses prières et a pris son déjeuner avec Sohunlall. « Line koze riyer, line manz de farata », se souvient ce dernier.
Puis vers 6 h 45, Abhishek s?est inquiété pour sa mère qui partait travailler. « Linn dire : kasiett ma, lapli pe tombe, kot ou pe ale sa ler la ? », confie Ravintee dans un sanglot.
La malheureuse ne se doutait pas que ce seraient là les dernières paroles de son fils. Et rien dans le comportement d?Abhishek ne laissait présager le pire. « Zordi mo pe al lor bor montagne », lui a-t-elle seulement dit en affrontant l?averse matinale.
Comme d?habitude, après les tâches ménagères, Abhishek a regardé la télé locale avant d?ouvrir ses livres pour réviser. Ses cahiers et ses crayons étaient encore sur sa table de travail lorsque des proches ont trouvé son corps.
C?est Devianee, sa s?ur de 11 ans, qui a fait la découverte macabre vers 14 heures. Partie passer la journée chez sa grand-mère, à Camp-Poorun, elle n?est rentrée que peu après le retour de sa mère du travail, quelques minutes plus tôt.
Ravintee pensait que son fils dormait à poings fermés, toutes les portes et fenêtres étant closes. Elle est restée dehors en attendant qu?il se réveille?
Mais Devianee a trouvé tout cela un peu louche. C?est en faisant le tour de la maison qu?elle a trouvé son frère, tel un pantin désarticulé, torse nu, suspendu à un filin.
Elles alerterent alors leurs proches qui accourent. Ces derniers enfoncent une fenêtre, démolissent la porte de la chambre où Abhishek s?est enfermé à double tour. Mais il est trop tard pour le ramener à la vie. La police de Flacq est aussitôt avertie et ne peut que constater l?irréparable.
Un petit garçon « doux » et « tranquille »
Sohunlall arrive en même temps, après avoir fait un saut à Flacq pour payer les notes de téléphone et de l?eau. « Mo finn trouv ban zeness pe galoupe, mo pann kass la tet. »
En voyant son beau-père en pleurs, la tête entre les mains, la bicyclette à la renverse dans le champ de lalos, Sohunlall prend peur. Il pense qu?un de ses deux enfants a dû être victime d?un accident de la route. « Mo pe dimande kinn arive, personn pa pe dir narien. Monn pense bann zanfan an konze, kapav zot inn al lor sime zot inn fer aksidan. »
Sohunlall se rue alors dans sa maison. Une vision d?horeur l?assaille.
Il sent ses jambes se dérober sous lui : son fils le fixe de ses yeux sans vie.
« Zanfan la ti pe anpandan, enn lipie lor matela, enn lot deor. »
Abhishek n?a laissé aucun indice qui donnerait un sens à son suicide.
Il s?est asphyxié en tirant sur la corde, d?après l?autopsie effectuée par le docteur Sudesh Kumar Gungadin. Le garçon était apparemment très déterminé, sinon il aurait pu arrêter de se faire du mal. Si un proche était rentré à ce moment précis, il aurait pu le sauver.
Sa mort reste une énigme pour ses proches. Abhishek n?avait pas de problèmes de c?ur, il était resté un petit garçon qui aimait jouer avec ses modèles réduits de voiture.
Sohunlall et Ravintee ne croient pas non plus que leur fils craignait d?avoir des mauvais résultats. Il était un bon élève, avait refait son CPE et était en Form I au collège Darwin. D?ailleurs un enseignant les a contactés le soir du drame pour leur dire que leur fils avait de bons résultats aux derniers examens.
Sohunlall a été voir ses amis et cousins pour en savoir davantage, mais en vain. La mort d?Abhishek demeurera un mystère. Quelles sont donc les raisons qui ont poussé un gamin de 13 ans, « doux » et « tranquille » à commettre l?irréparable ?
Les « erreurs » de jeunesse
Tout comme Abhishek, en juin, Mackenzie Baptiste, 21 ans, s?est pendu aux antivols de sa chambre grâce à un système de poulie actionné par sa valise.
Cet habitant de Forest-Side s?est tué après que l?ambassade de France lui a refusé un visa pour rendre visite à sa s?ur installée dans ce pays.
En septembre, c?est un double drame qui a frappé la famille Legentil à Petite-Rivière.
Une semaine après Hensley, 26 ans, c?est son frère, Ricardo, 16 ans, qui l?a imité. Avant eux d?autres jeunes, bien souvent délaissés et qui pensent qu?ils sont incompris, commettent l?irréparable. Il y a quelques années, une collégienne s?était tuée en avalant une dose massive de Panadol.
Et en août 2004, une adolescente de Piton, âgée d?à peine 14 ans, a mis le feu à ses vêtements et a laissé une lettre d?adieu où elle disait simplement « mo fine fer ene erreur, exkiz mwa? »
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