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Le patron est de retour

30 mai 2004, 20:00

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Envolé Monaco et son circuit à part, son port pour bikinis et milliardaires, son classement baroque. Devant son public, hier, au Nurburbring, en Allemagne, Michael Schumacher a sonné la fin de la récréation en écrasant de tout son talent le GP d?Europe.

Pole-position supersonique, départ flamboyant, conduite agressive et stratégie payante, le sextuple champion du monde a remis Ferrari sur de bons rails en obtenant sa sixième victoire en sept courses, avec, en sus, le quatrième doublé de la saison pour la Scuderia. Schumi a devancé de près de deux secondes son coéquipier brésilien Rubens Barrichello.

Troisième, le Britannique Jenson Button et sa Bar-Honda termine pour la cinquième fois de la saison sur le podium. Egalement dans les points les deux pilotes Renault, Jarno Trulli et Fernando Alonso, respectivement quatrième et cinquième, mais visiblement moins à l?aise qu?à Monaco. Ils devancent dans l?ordre Fisichella et sa Sauber, Webber et sa Jaguar et finalement Montoya et sa décevante Williams.

Au classement des pilotes, Schumacher est largement en tête avec 60 points. L?Allemand compte 14 points d?avance sur Barrichello, 22 sur Button, 24 sur Trulli, 35 sur Alonso, 36 sur Motoya, 48 sur Ralf et 52 sur Sato.

Chez les constructeurs, l?écurie Ferrari est seule au monde avec 106 points. Suivent Renault (61), Bar-Honda (46), Williams-BMW (36), Sauber-Petronas (10), McLaren-Mercedes (5), Toyota (4), Jaguar (3) et Jordan (2).

En réalité, la Scuderia n?avait pas le coeur à rire hier. Le décès d?Umberto Agnelli, le patron de Fiat, avait plongé Ferrari dans une profonde tristesse. On pariera également, sans grand risque de se tromper, que le scénario du GP de Monaco, une semaine plus tôt (cinquième place sur la grille, abandon) avait agacé l?Allemand, soucieux de relancer sa belle dynamique. Et quand Schumi est soucieux, mieux vaut ne pas le contrarier...

Mark Webber pourra le confirmer, lui qui a suscité l?ire de l?aîné des Schumacher en oubliant de lui laisser la porte ouverte à la sortie des stands, l?obligeant à un freinage plus appuyé que d?habitude. Ce micro-événement aura été l?un des rares moments intéressants d?une course qui n?a guère valu que par le rythme infernal imprimé par son leader et par un Takuma Sato survolté depuis sa deuxième place acquise samedi en qualifications.

Obligé de dépasser Barrichello à la régulière après lui avoir laissé la position de dauphin dans les stands, le Japonais a offert au public allemand un dépassement d?anthologie au bout de la ligne droite des stands avant d?abandonner, moteur explosé. Le manque d?expérience sûrement.

En tout cas, les BAR-Honda ont été les seules à contrarier un petit peu les Ferrari, auteur finalement de leur quatrième doublé de la saison grâce à un Rubens Barrichello très inspiré. Une stratégie à deux arrêts.

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