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Le pari malgache du secteur privé mauricien

20 mars 2004, 20:00

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Les hommes d?affaires mauriciens redécouvrent Madagascar. Profitant de la visite officielle du Premier ministre dans la Grande île du 4 au 7 avril prochain, ils relancent leurs projets d?implantation. Ils réaniment également ceux qui sont restés en suspens après la crise politique de début 2002. Les comités de suivi et de coordination des deux pays regroupant des hauts officiels de l?État malgache ainsi que des chefs d?entreprises et hauts fonctionnaires mauriciens se rencontrent mardi et mercredi pour finaliser certains projets et discuter de questions ayant trait à la facilitation du commerce entre les deux pays.

Le groupe Ciel est l?une des entreprises qui continuent à miser sur Madagascar. Moins d?un an après l?annonce du doublement de ses effectifs, (de 750 à 1 500 employés), Floréal, la filiale du groupe remet le couvert. « Nous allons employer 3 000 personnes d?ici la fin 2004 », annonce Nicolas Maigrot, directeur exécutif du groupe Ciel. Floréal emploie un peu moins de 1 800 personnes à Madagascar. « C?est un pays attrayant pour la production de pull-overs. » Le coût de la main-d??uvre encore très abordable comparé à Maurice en fait un lieu de production idéal. Et la main-d??uvre supplémentaire permettra à Floréal de produire 2 millions de pulls par an.

Mais il n?y a pas que dans le textile que les choses s?accélèrent, estime Jean-Noël Humbert, secrétaire de la Chambre d?agriculture et membre de la délégation du secteur privé qui se déplacera à Madagascar. « Nous cherchons à développer un partenariat étendu avec Madagascar dans le domaine agricole », explique-t-il, en ajoutant qu?il nourrit de grandes ambitions pour ce pays. Ainsi, la possibilité d?exporter du maïs et de la pomme de terre malgaches vers Maurice est étudiée très sérieusement.

À terme, Madagascar pourrait devenir un des principaux fournisseurs de Maurice en produits agricoles. Jean-Noël Humbert y croit. Les officiels des deux pays y travaillent déjà. Ils envisagent par exemple la création d?une agrotechnopole à Antsirabé. Ce centre de collecte et de traitement de produits agricoles bénéficierait d?aides de l?État mauricien et d?éventuels partenariats avec des entreprises locales. Dans ce domaine, le partenariat entre les deux pays ne se résumera pas à la simple exportation de produits agricoles. Les possibilités de transformation des produits malgaches à Maurice pour la réexportation et la consommation locale sont également considérées.

Mais il existe des barrières au commerce. Ce sont les fonctionnaires malgaches et mauriciens qui seront chargés de régler ces problèmes. « Il nous faut éclaircir quelques points sur les questions d?ordre sanitaire et phytosanitaire », prévient Jean-Noël Humbert. Sans ces garanties de qualité et de sécurité, l?exportation des produits agricoles vers Maurice risque de rester en suspens.

Les hauts fonctionnaires des deux pays discuteront d?autres questions liées à la facilitation du commerce. L?accès à la propriété à Madagascar, encore problématique, occupera les esprits. Le développement du chemin de fer pour faciliter le transport sera également abordé. Air Mauritius et Air Madagascar réfléchiront ensemble à une stratégie commune de desserte de la région.

Les partenariats ponctuels ne sont pas envisagés. En fait, gouvernements et secteurs privés réfléchissent à une stratégie d?intégration des deux économies les plus prometteuses de l?océan Indien. Madagascar a des ressources que Maurice ne possède pas, et Maurice possède des techniques et un savoir-faire que Madagascar maîtrise mal. Tous les éléments d?un partenariat fructueux sont donc réunis.

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