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Le palmarès 2006

14 janvier 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Orchestré par Bruno Raya, alias Master Kool B, sous la houlette d?Independent Productions, les premiers BoNnto Awards récompensent ce soir à 20h10 sur la MBC1, les artistes locaux qui ont brillé dans quatre catégories : Méyer santé, méyer klip, Méyer album et Révélation de l?année 2006.

La musique locale est aujourd?hui au mieux de sa forme. L?émission BoNnto Klip a le mérite d?apporter une autre passerelle de promotion aux artistes, pas du tout négligeable, qui est le clip vidéo. Maintenant que cette émission est diffusée en prime time, son mérite est d?autant plus grand. Restent aux artistes de trouver les fonds (ce qui n?est guère évident, mais c?est un autre débat), afin de réaliser leurs clips vidéo pour être encore plus visibles.

Si nombre d?entre eux commencent à prendre goût à ce pain béni, BoNnto Klip et ses têtes pensantes d?Independent Productions, Richard Hein et Marc Boullé, ont voulu inscrire leur émission dans le registre du populaire en invitant le public à voter pour ses favorits. Les BoNnto Awards, premiers du nom, récompensent ainsi les meilleurs, dans quatre catégories : Méyer santé, méyer klip, méyer album et révélation de l?année.

Et comme le dit l?adage : « Vox populi, vox dei », le verdict est sans appel. Les téléspectateurs ont plébiscité ceux qui leur ont fait le plus d?effet. Le lobby des radios aidant, on retrouve parmi les gagnants des BoNnto Awards : Dagger Killa, dans la catégorie Méyer klip avec son morceau Zistwar nu ti zil, extrait de Koz sa, le premier album solo de l?un des membres des Otentik Street Brothers.

Verdict sans appel également dans la catégorie Méyer Album accordé aux quatre garçons dans le vent du groupe Evoloziq, dont la côte de popularité n?a cessé de croître depuis leur déconvenue au concours Rêve de star. Autre verdict cinglant dans la catégorie Révélation de l?année, avec le sacre de Berty Fleury ou l?époustouflante reconversion d?un homme mis à l?ombre pendant de longues années, qui prend désormais magistralement la lumière.

Les votes populaires des BoNnto Awards confirment que le public est maître de son choix et qu?il est prêt à décerner ses lauriers à ceux dont l?histoire et la musique a su toucher son c?ur. Dans les catégories Méyer album et Révélation de l?année , c?est l?histoire des quatre jeunes d?Evoloziq et celle de Berty Fleury qui ont rapporté les meilleurs fruits. « Merci zone kroir dan mwa » - les remerciements de Berty Fleury à l?annonce des résultats, disent long sur les sentiments de ce sympathique jeune homme, remis de ses démêlés avec la justice.

Ce que l?on retient surtout, c?est que la reconversion peut être glorieuse, à condition de vouloir y mettre du sien. Berty Fleury a donc le mérite d?avoir mis à profit de longs moments de doute et d?enfermement pour s?offrir une seconde chance. Son album, baptisé A kontré ker, est venu revigoré le seggae avec des textes engagés.

L?histoire personnelle de Berty Fleury couchée sur cet album à c?ur ouvert, a trouvé son public. Il classe désormais son interprète dans la catégorie « plus belle réussite de l?année 2006 ». Le frottement de Berty Fleury avec Georges Corette, Eric Triton, Noel Davey de la Jamaïque (musicien de Julian Marley) et Tony Drum Tunward de l?Angleterre, ainsi que le soutien de Selven Moothoocurpen de Freeman Production, éditeur du CD, ont été plus que fructueux. Son île Maurice Destination multiraciale, peut être fière de lui.

Le groupe Evoloziq, heureux rescapé du concours de chant Rêve de star, s?était promis de rebondir après avoir été propulsé sous les feux de la rampe avec leur morceau Attane la pli passé. Leur premier album, Roule sa sagga là , plébiscité avec 57% des votes de public, a été l?album le plus écouté du pays l?année dernière.

Entre l?énergie des boucles programmés sur ordinateur, entre textures électroniques plutôt que le choix d?instruments classiques, Mystère, Skandale, Nive M et Prax, ont fait évouler la musique locale en lui faisant un nouveau bébé, leur fameux « sagga», mélange de ragga et de séga.

« Ce qui a plu, c?est leur originalité, leur envie de réussir et la nouveauté apportée à la musique locale, » explique Gérard Letrouvé d?Events Circus, manager du groupe. Au-delà du plébiscite, le sacre d?Evoloziq apporte enfin la reconnaissance à cette jeunesse qui ne jure que par la musique.

Grâce au soutien des petits écoliers de l?école de Richelieu, Dagger Killa a su trouver les bons acteurs pour mettre en scène Zistwar nu ti zil. Le clip de cette chanson citoyenne a trouvé un écho favorable auprès des téléspectateurs et des adeptes de BoNnto Klip. Le BoNnto Award décerné à Dagger Killa dans la catégorie « Méyer klip , confirme le positionnement des membres des Otentik Street Brothers, voués à faire leur bout de chemin avec ou sans leurs complices de scène.

Inspirée et vraie, cette récompense attribuée à Dagger Killa, ne peut que lui donner des ailes.

Le retour des trois complices des Nas T Black a également porté ses fruits. Merci mama , extrait de l?album éponyme de ses trois compères de Pointe-aux-Sables, a longtemps investi la grille de programmation de toutes les radios du pays.

Avec ses mots justes, et son rythme accrocheur, cette chanson élue Méyer santé avec 41% des votes, s?est batie lentement mais sûrement une place dans le c?ur de chacun d?entre nous. L?histoire de cette chanson, comme celle des Nas T-Black, reste donc une histoire de persévérance.

Le palmarès des premiers BoNnto Awards, livre un constat sans appel. Pour plaire au public, il faut rester dans le registre du populaire. Tant pis si des artistes de la trempe de Menwar, de Damien Elisa ou encore des Crossbreed Supersoul restent en retrait. Eux, savent que leur musique « d?auteur » ne touchent qu?un certain public.

Ils étaient nominés dans les catégories Méyer album, pour Menwar et Crossbreed Supersoul, Révélation pour les mêmes Crossbreed Supersoul et Méyer santé pour ce même groupe. Le mérite des BoNto Awards ne se limite pas qu?à son palmarès.

Ces artistes demeurent des points d?ancrage importants au niveau de la création musicale mauricienne. Si le Ay ay lo lo de Menwar a porté le sagaï de cet artiste sur les toits du monde, celui-ci a déjà ouvert la voie pour d?autres artistes locaux. L?année 2007 sera-t-elle encore plus glorieuse pour nos artistes ? Tous les espoirs sont permis.

BONNTO AWARDS : UN EVENEMENT ANNUEL ?

Les récompenses ainsi que le plébiscite populaire, sont déterminants dans la réussite d?un projet artistique et dans le prolongement d?une carrière. Si l?industrie du disque s?installe lentement mais sûrement chez nous, une initiative telle que les « BoNnto Awards », dont l?objectif principal est de montrer que nos artistes ont du talent ainsi que du mérite, ne saurait être réalisable si les sponsors ne suivent pas et si la MBC n?est pas partie prenante de l?aventure.

Pour faire des « BoNnto Awards » un événement annuel et un événement d?envergure pour les artistes et aussi pour ceux qui travaillent dans l?ombre dans l?industrie du disque mauricienne, tous les acteurs du secteur doivent travailler main dans la main. La Mauritius Society of Authors (MASA), société locale gérant les droits d?auteurs, a été partie prenante des premiers « BoNnto Awards » en octroyant un chèque de Rs 10 000 à Berty Fleury, sacré « Révélation de l?année 2006 ». L?envie de soutenir la création locale ainsi que nos artistes est donc une réalité. Cependant, sans moyens financiers pour mener à bien ce genre d?initiative, aucun projet ne peut tenir la route. Que ceux qui peuvent soutenir la créativité locale se manifestent.

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