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Le père biologique d?un bébé vendu par sa mère est débouté

2 novembre 2007, 00:00

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Deux ans et demi après sa naissance, Donna n?est pas parvenue à se faire oublier. Le bébé risque d?ailleurs de souffrir longtemps encore du sort qui lui a été réservé : fille d?une mère porteuse belge, elle a été revendue aux plus offrants, à savoir des Néerlandais qui ont déboursé 15 000 euros et se sont approprié l?enfant, au nez et à la barbe d?un couple de Flandre-Occidentale dont le mari avait donné son sperme en vue d?une insémination. La mère porteuse avait affirmé aux parents flamands qu?elle avait fait une fausse couche. Ce drame, révélé en mai 2005, aurait pu trouver une conclusion au plan juridique la semaine dernière. Un tribunal d?Utrecht, aux Pays-Bas, devait se prononcer sur le sort à réserver à l?enfant. Son père biologique réclamait que Donna soit retirée à la garde de ses parents adoptifs. A l?appui de sa demande, il avait produit un test ADN confirmant qu?il était le papa de l?enfant. Il suggérait aussi que l?enfant soit progressivement transféré d?une famille à l?autre.

Les juges d?Utrecht en ont décidé autrement, mercredi 24 octobre. Ils ont estimé que l?enfant était bien soigné par sa famille néerlandaise et que la demande du père flamand était irrecevable, car il n?avait eu, depuis la naissance de Donna, aucun lien familial véritable avec la petite fille.

A défaut de faire l?unanimité parmi les juristes, ce jugement devrait faire date puisqu?il prend d?abord en compte l?intérêt de l?enfant, au-delà des règles régissant la maternité ou l?adoption. Il ne signifie toutefois pas que la petite Donna pourra désormais grandir à l?abri des regards.

Situation future

Les juges ne prendront, en effet, une décision définitive qu?en mars 2008. Ils ont, entretemps, ordonné au Conseil néerlandais pour la protection de l?enfance d?enquêter sur la situation future de Donna. Ils veulent savoir quelles peuvent être les conséquences de son étrange adoption sur son développement. Et ils entendent décider s?il convient, ou non, de placer ses parents sous tutelle.

?Nous nous inquiétons surtout de savoir quand et comment ses parents adoptifs lui diront de quelle manière elle est arrivée chez eux, et comment ils l?accompagneront ensuite dans la gestion de cette information?, a expliqué le porte-parole du Conseil. Il s?est également dit soucieux du rétablissement du contact entre l?enfant et ses parents biologiques. Jusqu?ici, celui-ci a été inexistant.

Au début de l?affaire, le monde politique belge avait promis de se soucier, entre autres, des sites Internet qui proposent à des couples stériles de les mettre en contact avec des mères porteuses. Ces sites continuent, apparemment, d?agir en toute impunité.

Jean-Pierre STROOBANTS

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