Publicité
Le nouvel électeur
L?alliance MSM-MMM et ses dirigeants avaient programmé la scène politico-électorale selon un calendrier précis. Mais c?était sans compter avec quelques trublions du parti soleil. Subitement sont apparus les bachooistes et les chooneeistes. Ils sont venus rallonger la liste de la logique «un homme, une cause» des Tengur, Michel et consorts, qui, tels des spoutniks politiques, gravitent autour du Parti travailliste. Ce dernier exulte et son entreprise d?affaiblissement du MSM s?en trouve renforcée. Mais la vague de contestation et de revendication risque d?avoir un effet boomerang.
S?il y a une particularité chez ceux qui sonnent la charge contre l?alliance gouvernementale, c?est qu?ils se réclament tous d?une île Maurice profonde. Sylvio Michel prétend parler pour une catégorie de citoyens. Les ex-élus MSM disent vouloir être en phase avec leur électorat. Tengur assure qu?il veut donner leur chance aux enfants des régions rurales.
En fait, on assiste à un reclassement du paysage politique. Il y a une man?uvre appuyée du PTr pour un retour à un système bipolaire, qui passerait par l?élimination du MSM. Ce dernier se bat autour d?un leader pour incarner une vision qui s?appuie autant sur la realpolitik du traditionalisme jugnauthien que sur un leadership qui prend le pari d?une évolution des mentalités. Quant au MMM, il demeure l?expression d?une phraséologie politique qui célèbre le culte du leader et d?un mode de fonctionnement. Paul Bérenger et Navin Ramgoolam sont les derniers avatars d?un leadership fondé sur l?instrumentalisation des partis et la surenchère électorale.
Le défi du MSM de Pravind Jugnauth consiste à transformer un parti d?électeurs en un parti de militants. Né au sein du pouvoir, le parti soleil travaille à développer une base militante. Ses himalayesques conflits internes l?ont fragilisé. Mais d?autre part, il peut tenter une nouvelle bravade. Pour cela, il lui faudra marquer sa différence des partis historiques que sont le MMM et le PTr.
Les groupuscules et individus, qui pivotent autour du PTr, puisent d?un électorat dont le critère d?adhésion repose sur la promesse de satisfaire ses demandes sectorielles. Le PTr cible les électeurs mécontents et frustrés de l?action gouvernementale.
Reste le MMM. Hormis les inconditionnels, une bonne partie des militants a opéré sa mue. Il n?y a plus d?adhésion inconditionnelle au parti de Paul Bérenger. En opérant une classification des différents électorats, on aboutit à un type d?électeurs sans couleur politique. Aujourd?hui, cet électeur modéré pourrait bien déterminer les résultats d?une élection.
Ce «nouvel électeur» fait son choix selon des critères rationnels et il est rebelle aux discours idéologiques et extrêmes. Il exprime surtout une aspiration de modernité - pas seulement économique mais aussi rationnellement culturelle, et prônant le retrait à la sphère privée du fait religieux. Le souhait d?une nouvelle force politique rend compte de cela. Personne ne s?adresse aujourd?hui à cet électeur flottant, ouvert aux vents du grand large. Il n?est pas dupe des limites qu?on lui impose. Cet électorat est à convaincre avant qu?il ne se laisse gagner par l?amertume?
Publicité
Publicité
Les plus récents