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Le Muvman mobilisasyon kreol afrikin (MMKA) remet un mémoire aux partis politiques

11 avril 2010, 00:00

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Le Muvman mobilisasyon kreol afrikin  (MMKA) remet un mémoire aux partis politiques


Le MMKA a rédigé un document contenant des propositions pour être discuté avec les partis politiques.(Photo:Jean Marie Richard, un des signataires du texte).

Le MMKA a rédigé un document d’une trentaine de pages contenant des propositions par  rapport  des questions touchant la communauté créole. Le texte signé par Mario Flore, Jimmy Jean Louis et Danielle Turner respectivement président, vice président et secrétaire générale ainsi que par deux autres membres  de l’organisation  Arlette Nadan et  Jean Marie F Richard sera remis aux dirigeants politiques. 

La démarche du MMKA est intéressante à plus d’un titre. D’abord le mouvement se présente un mémoire issu d’une réflexion au lieu de simplement soumettre une liste de revendications. Ensuite, le MMKA invite au dialogue sur la base de son document et enfin de nombreuses propositions s’inscrivent dans le long terme.

« Nous avons eu démarche citoyenne. Nous voulons partager une vision », explique Jean-Marie Richard, un des signataires du document du MMKA.  Le dirigeant du MMKA affirme que l’action de son mouvement est en rapport à l’héritage des descendants d’esclaves et des marrons. «  C’est une réflexion centrée sur les droits humains et l’estime de soi », déclare-t-il.

Le MMKA demande que la communauté créole soit officiellement reconnue en tant que telle par la Constitution de la République de Maurice. Il réclame également que Le Morne qui est inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO doit être rendu accessible aux pèlerinages. Dans ce contexte, le MMKA demande que le 1er  février, date de l’abolition de l’esclavage soit élevée au statut de fête nationale.

Parmi les propositions  concernant la culture, le MMKA est d’avis que le Centre Culturel Nelson Mandela pour la Culture Africaine devra s’appeler désormais Centre Culturel Nelson Mandela pour la Culture Africaine et créole.

Le mouvement réclame aussi la création d’un musée de la traite de l’esclavage et du marronnage aussi bien que la réhabilitation des lieux emblématiques de l’esclavage. Il est aussi d’avis que des liens doivent  être renforcés entre les peuples de la diaspora créole à travers le monde.

Le MMKA demande également que la culture créole soit  reconnue comme « culture ancestrale au bénéfice de la promotion de l’unité nationale et en guise de reconnaissance de la contribution, notamment des créoles descendants d’esclaves et de marrons, à l’édification de la nation mauricienne ».

En ce qui concerne la langue, le MMKA fait plusieurs propositions dans mémoire. Le mouvement estime que le Kreol Morysien doit se voir attribuer le statut de langue ancestrale.

Le mouvement réclame également le statut de langue nationale et officielle au Kreol Morysien. Il voudrait aussi « que le Kreol Morisyen puisse être utilisé au sein de toutes les institutions à commencer par l’Assemblée Nationale ».

En ce qui concerne l’éducation, le MMKA affirme  que « la langue Kreol devra également devenir une matière optionnelle offerte aux enfants au primaire et secondaire avec l’aval de leurs parents qui le souhaiteraient.  ».

Parmi les autres propositions du MMKA, on retrouve l’abolition du « ministère de Rodrigues» qui selon l’organisation est « une structure obsolète, n’ayant plus sa raison d’être depuis l’avènement du Rodrigues Regional Assembly ».   Le mouvement réclame également que l’île Rodrigues soit représentée par trois députés élus à l’Assemblée nationale.
On doit faire ressortir que le MMKA fait partie de la Fédération des créoles mauriciens. Mario Flore, le président est  très proche de l’Alliance PTr-MSM-MMSD. Il en est de même pour Danielle Turner qui est également présidente du conseil d’administration du Centre Culturel Nelson Mandela pour la Culture Africaine.

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