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Le mur qu?il démolissait s?écroule et le tue
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Le mur qu?il démolissait s?écroule et le tue
Raj Bhoyraj, un petit planteur de 48 ans, habitant Melrose, Montagne-Blanche, démolissait progressivement au marteau la maison en béton dans laquelle il a longtemps vécu. Lundi, alors qu?il s?active sous les yeux de son épouse Sangootabhai, le plafond de la maison cède et il trébuche. Pendant l?éboulis, un pan de mur d?environ deux mètres lui tombe dessus, lui écrasant la tête.
A l?hôpital de Flacq où il est transporté au plus vite, le médecin des urgences constate son décès. L?autopsie pratiquée par la suite attribue sa mort à une lacération du cerveau. L?incinération de sa dépouille a eu lieu hier après-midi. Sangootabhai, qui a partagé sa vie depuis une trentaine d?années, serre un lotha de cuivre à moitié vide sur son c?ur, tout en continuant à fixer la route. Et cela, longtemps après que le cercueil en bambous abritant la dépouille de son cher mari, eut disparu de son champ de vision.
Au bout d?un moment, Sangootabhai, sur l?insistance de sa fille aînée, Sheila Devi, 29 ans, regagne la cour familiale comme un automate pour aller s?asseoir devant les décombres de la maison où elle et les siens ont vécu tant de moments heureux et qu?ils occupaient encore jusqu?à il y a trois mois. La maison a été construite sur une part de terrain donnée à feu Raj Bhoyraj par son beau-père.
Comme leur fille, Sheila Devi, vit à l?Escalier depuis son mariage à Rajesh Gopalsing, Raj et Sangootabhai ont voulu construire une nouvelle maison à l?arrière de l?ancienne maison, qu?ils destinaient à leur fils cadet, Ashwin, 26 ans. Celui-ci, encore célibataire, travaille comme vigile pour un groupe hôtelier mauricien et est en poste aux Seychelles.
La nouvelle maison a été complétée et aussitôt fait, Raj et Sangootabhai y ont emménagé. Il ne restait plus qu?à y poser des carreaux céramiques et à la meubler en conséquence.
Dans l?optique d?avoir une vue dégagée sur la route Royale, qui est en partie obstruée par son ancienne maison, Raj Bhoyraj décide de la démolir. Etant très indépendant de nature, il décide de le faire seul. ?Li pa ti le donn sa enn lot dimounn?, confie son frère Devraj. Raj Bhoyraj s?y emploie progressivement. Jusqu?à l?écroulement fatal de lundi.
Narinduth Bhoyraj, le père du défunt, entouré de ses enfants désormais dénombrés à huit, a également beaucoup de mal à accepter cette disparition. D?autant plus que dimanche, veille du drame et jour de la fête des Mères, ses neuf enfants et leurs familles respectives étaient à son domicile situé à quelques mètres de là pour célébrer leur mère Manti. ?Li ti enn garson bien dous e tre atase ar so fami?, poursuit son frère Devraj.
Ashwin, le fils du défunt, a regagné Maurice quelques heures avant l?incinération de la dépouille de son père. Ses oncles en appellent au groupe hôtelier qui l?emploie et demandent à ce qu?il ne soit pas renvoyé aux Seychelles mais posté dans un hôtel du groupe à Maurice. Car ?so mama pou tro tousel?. Message transmis.
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