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Le mot d?adieu du Dr Uteem
En rédigeant, mardi à 23 h 42, un e-mail qu?il m?a ensuite adressé, Oomar Uteem pouvait difficilement savoir que cela allait être notre dernier contact et qu?il allait rendre l?âme moins de deux heures plus tard. Qu?elle est vache et absurde la vie lorsqu?elle fauche un tel être dans la fleur de l?âge et au summum de son art !
Nous nous sommes parlé au téléphone en fin d?après-midi de mardi. Je lui ai fait part de l?intention de la direction de l?express d?inclure dans le supplément de ce dimanche un aperçu de sa contribution dans le projet de coopération médicale régionale qu?il pilote à Madagascar. Avec son affabilité coutumière, il me promet de m?envoyer, dans la soirée, les renseignements recherchés.
C?est ainsi qu?il m?apprend dans ce dernier courrier que son contrat de formateur comme cardiologue interventionel à la Polyclinique d?Ilafy, à Tana « se déroule dans une ambiance extraordinaire dans la mesure où plusieurs médecins malgaches participent à cette aventure cardiologique dont l?investissement initial avoisine les un million d?euros ».
Il m?indique qu?une centaine de cas d?angiographies, de dilatation avec pose de stents et d?implantations de pacemakers ont été réalisés depuis juillet 2006 avec un taux de réussite de plus de 95 %. Il termine avec plein d?optimisme. « Nous comptons désormais augmenter le nombre de patients traités tout en leur proposant les dernières avancées technologiques disponibles en Europe ou aux États-Unis. »
Mais celui qui a pouvoirs sur la vie et la mort en a décidé autrement.
En apprenant son décès, tôt mercredi, par le coup de téléphone d?un de mes fils, je suis atterré. Mes premières pensées vont à la famille. Puis à cette fameuse réflexion de Jacques Brel qui soutient que l?essentiel de la vie, c?est l?intensité et non la durée.
Oomar Uteem aura donc connu l?essentiel, puisque sa vie, qui s?est brisée à 39 ans, aura été des plus intenses et remplie à ras bord.
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