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Le Morne : construction de villas à partir du 1er avril

31 décembre 2006, 20:00

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Premier coup de pioche pour le projet de villas de Le Morne Brabant IRS Company, le 1er avril. Pas un canular mais l?annonce est faite par Bertrand Giraud, l?un des promoteurs du projet. Celui-ci est inscrit au nom de Le Morne Brabant Integrated Resort Scheme Company Limited.

?Nous allons commencer par la construction de villas sur les terres privées et pour laquelle nous avons obtenu toutes les autorisations.? Il prévoit la construction de villas, d?un hôtel mais aussi l?aménagement d?un musée, d?un village artisanal, d?un parcours de randonnées, ainsi que le reboisement d?une partie des terres.

Le projet remonte à près de huit ans. Il a subi plusieurs modifications après avoir fait l?objet de protestations de la part de défenseurs du patrimoine et de la mémoire.

Le Morne a bâti son aura sur son histoire non seulement d?esclavage mais surtout de marronnage.

Une partie du projet IRS se trouve dans une core zone, déterminée par les experts de l?Unesco. Une zone qui devrait, selon les experts, être libre de tout aménagement. ?Sinon ce serait un mauvais message envoyé à l?Unesco?, a estimé l?expert sud-africain François Odendaal, venu évaluer l?évolution du dossier.

Le Morne a bâti son aura sur son histoire non seulement d?esclavage mais surtout de marronnage.

Le gouvernement est même allé plus loin, par l?entremise de Mahen Gowressoo, le ministre des Arts et de la Culture. Il y a un peu plus d?une semaine, il a certifié qu?il n?y aurait ?pas de développement IRS? dans cette zone.

Bertrand Giraud, de son côté, se dit aujourd?hui peu enclin à alimenter la polémique. Il affirme avoir donné des garanties à l?Unesco et au gouvernement mauricien pour que la classification devienne une réalité.

Néanmoins, il ne peut s?empêcher de réagir : ?Si nous ne pouvons pas construire dans la partie privée de la core zone, que le gouvernement rachète nos terres.? Bertrand Giraud invoque les droits constitutionnels qui régissent la propriété foncière. La construction de 15 villas, d?un hôtel de 35 suites et un beach club devrait donc démarrer le 1er avril. Soit dans quatre mois. Mais les experts, eux, n?ont plus qu?un mois pour boucler la version finale du dossier d?application pour la classification de Le Morne au patrimoine mondial. La question de gestion du site est cruciale. Et même centrale.

Car comme l?a souligné François Odendaal, lors de son passage à Maurice, une semaine avant Noël, ?s?il y a développement, vous allez perdre quelque chose. Les Mauriciens ne doivent pas se laisser influencer par des personnes qui parlent d?investissements?, affirme-t-il dans l?hebdomadaire Week-End.

Le dossier du Morne a, selon lui, toutes les chances d?être accepté. Il a franchi la première étape, depuis la soumission de la première ébauche, le 30 septembre 2006. Celle-ci a été jugée acceptable, par le World Heritage Committee de l?Unesco, fin novembre. Un premier dossier avait été soumis en janvier 2006. Il avait été jugé incomplet car il ne comportait pas de renseignements sur la gestion du site. Le gouvernement a donc décidé de mettre tout son poids dans la bataille. Un comité de sept ministres a été créé pour superviser la préparation finale du dossier. La course contre la montre est engagée. Promoteurs et experts sont au coude à coude.

Le compte à rebours a commencé pour Le Morne. C?est dans exactement un mois qu?expire le délai pour soumettre la demande d?inscription au patrimoine mondial. Les autorités veulent suivre à la lettre les recommandations de l?Unesco. Mais la situation est très tendue, concernant toute la question foncière. Le propriétaire des terres privées, lui, démarre son projet de développement touristique intégré le 1er avril.

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