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Le MMM dénonce un budget ultra-libéral
Ultra-libéral. C’est ainsi que le leader du MMM, Paul Bérenger, qualifie le premier budget de l’Alliance sociale, présenté vendredi dernier par le ministre des Finances, Rama Sithanen.
“C’est un budget avec lequel le MMM ne peut être d’accord. Cet ultra-libéralisme est symbolisé par l’annonce de la baisse de la corporate tax qui passera de 25 à 15 %”, déclare Paul Bérenger lors d’un point de presse samedi, entouré de son état-major. Pour lui, le ministre Sithanen n’a pas changé. “C’est l’homme du secteur privé”, dit-il.
Le leader du MMM estime que le budget est une trahison par rapport au discours tenu lors de la dernière campagne électorale par l’Alliance sociale et plus particulièrement par le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Pour Paul Bérenger, l’électorat et ceux qui ont voté pour l’Alliance sociale ont été trompés sur la marchandise. “Ils avaient mené campagne comme un parti très à gauche avec des thèmes comme la démocratisation de l’économie mais une fois élus, ils présentent un budget ultra-libéral”, dénonce Paul Bérenger.
Pour lui, l’exemple le plus frappant de cette “tromperie” est l’introduction de la taxe nationale d’habitation qui est en fait une taxe rurale, dit-il. Cette taxe n’a jamais été évoquée lors de la dernière campagne électorale et ne figure pas dans le manifeste de l’Alliance sociale. Cette taxe n’a donc aucune légitimité, soutient Paul Bérenger.
Taxe d’habitation</B>
Il fait ressortir que la taxe d’habitation concernera aussi les citadins qui paient déjà la taxe municipale. Rama Sithanen a indiqué que la taxe municipale sera déduite de la taxe nationale d’habitation.
Mais pour Bérenger cela implique que les habitants des villes paieront donc une nouvelle taxe qui sera plus élevée que ce qu’ils payent actuellement.
De même, repousser l’âge de la retraite à 65 ans ne figurait pas au programme de l’Alliance sociale qui avait au contraire fait campagne contre le projet du gouvernement MSM-MMM de remettre en question l’universalité de la pension de base. “Zot inn couyonn dimoun all the way”, dénonce le leader du MMM.
Pour ce qui est des grandes réformes annoncées par le ministre des Finances, le leader du MMM se montre plus que sceptique, voire sarcastique. “Rupture, rupture, c’est un mot qui est devenu très à la mode dans les journaux. Mais attention, on peut aussi se casser la figure”, dit-il. Il est d’avis que l’Alliance sociale aurait dû poursuivre dans la voie tracée par le gouvernement MSM-MMM qui avait, dit-il, déjà enclenché des réformes.
Paul Bérenger estime qu’il y a beaucoup “de blabla, de bluff et d’effets d’annonce” dans le discours du budget. Il dit ne pas croire que l’on pourra, dans la pratique, autoriser une entreprise à opérer sans les permis nécessaires comme ceux de la Santé ou des pompiers. “Dans un petit pays comme Maurice, vous croyez vraiment qu’on peut laisser n’importe qui faire n’importe quoi sans aucune autorisation et que le contrôle se fera a posteriori ? C’est très dangereux comme concept”, soutient le leader du MMM.
Paul Bérenger dénonce également les nombreuses mesures annoncées pour ouvrir le pays aux compétences étrangères. Il explique d’abord comment le Parti travailliste s’était opposé et avait critiqué sévèrement l’emploi d’étrangers, comme le contrôleur des douanes, Bert Cunningham. Aujourd’hui, l’Alliance sociale prend des mesures diamétralement opposées. “Bientôt ce seront les Mauriciens qui seront des étrangers chez eux. Les mesures annoncées sont exagérées”, déclare Paul Bérenger.
<B>“Sithanen ne sait où cela va nous mener”</B>
Sur le plan économique, le leader du MMM estime que Rama Sithanen plaisante lorsqu’il estime que le déficit budgétaire sera de 4 %, car, selon lui, il sera beaucoup plus élevé. De même, il doute que le pays puisse atteindre un taux de croissance de 5 % comme estimé par le ministre des Finances. Paul Bérenger reproche aussi à ce dernier de n’avoir pas fait de prévision concernant le taux du chômage alors que la création d’emplois est un des objectifs annoncés du budget. Il n’y a pas de prévision non plus sur le taux d’épargne et l’investissement privé. “En fait, Sithanen ne sait ni où on va, ni où tout cela va nous mener”, soutient le leader du MMM.
Sur la question des impôts, Paul Bérenger ne croit pas dans l’affirmation de Sithanen que 40 000 contribuables ne paieront plus d’impôts : “Nous n’avons pas fini de travailler nos chiffres mais d’après nos premiers calculs, cela ne nous semble pas plausible par rapport aux estimations de revenus publiés”, dit-il.
La seule mesure qui trouve grâce aux yeux du MMM est celle qui concerne les baux sur le campement site. “Il faut reconnaître que Maurice étant un petit pays, avoir une résidence pieds dans l’eau est un privilège extraordinaire et il y a un prix à payer pour cela. Les chiffres avancés paraissent élevés mais pour un privilège il y a un prix à payer. Nous aussi nous avions commencé à travailler sur cette question”, déclare Paul Bérenger.
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