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Le ministre Mahess Teeluck succombe à une thrombose

23 novembre 2004, 20:00

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Trois jours plus tôt, Mahess Teeluck, ministre de la Santé, accompagné de son secrétaire permanent, M. Sewnarain, accourait au chevet du Dr S. Jawaheer, agressé à coups de sabre par un infirmier de l?hôpital du Nord. S?ensuivit une polémique opposant les médecins de l?Etat au ministère de la Santé. Ceux-là reprochent à celui-ci de prêter davantage d?attention aux infirmiers mieux structurés sur le plan syndical (la puissante Nursing Association), tandis que pas moins de trois syndicats se disputent les suffrages des disciples d?Esculape. Ils lui reprochent aussi son installation en catimini dans ses nouveaux bureaux dans le nouvel immeuble du Registrar, preuve s?il en fallait une du manque criard de communications entre l?état-major et la corporation médicale.

L?infortuné Mahess Teeluck n?aura guère eu le temps d?apprécier le confort de son nouveau bureau car une thrombose coronaire le terrasse aux petites heures du dimanche 24 novembre 1979. Il n?a que 62 ans et laisse une veuve et six enfants. Il commence sa carrière parlementaire en tant que membre nommé de l?Independent Forward Bloc de Sookdeo Bissoondoyal. Aux élections législatives du 7 août 1967, il se fait élire sous la bannière du Parti de l?Indépendance (PTr-CAM-FB). Il obtient 68,80 % des voix et se classe en deuxième position, derrière Ringadoo et devant Yousuf Mohamed, dans la circonscription No 8 de Moka-Quartier-Militaire. En 1976, il s?inscrit au Parti travailliste et se fait réélire, toujours en 2e position, dans la même circonscription mais, cette fois-ci, avec 49,63 % des voix et entre Ringadoo et Coonjan. Ce député MMM devance Yousuf Mohamed qui sera toutefois repêché en tant que député correctif. Le Premier ministre, Sir Seewoosagur Ramgoolam, lui confie le ministère de la Santé. Il a aussi siégé au conseil municipal de Quatre-Bornes. Il voit le jour le 2 novembre 1917. Il fait ses études secondaires au collège Royal de Curepipe où il a comme condisciple Dayendranath Burrenchobay. Il a longtemps dirigé le Regent College. Il est incinéré au pied du Corps-de-Garde.

De lui, le Speaker, Jeewoolall, dira : ? Il n?était pas malade. Il se peut que les événements de la semaine écoulée l?ont affecté plus qu?on ne le croyait ?. Son décès aussi subit qu?inattendu n?est pas sans rappeler celui du vice-chancelier R. Burrenchobay que Jagadish Manrhakan remplace depuis peu, à l?université de Maurice.

Mahess Teeluck est à peine incinéré que déjà se pose la question de son remplacement par un autre député correctif, les 60-0 du 11 juin 1982 n?ayant pas encore rétabli les élections partielles si perturbatrices. Le 1er choix semble devoir revenir à un médecin en la personne du Dr Beergoonauth Ghurburrun, le frère du ministre du Plan, Robin Ghurburrun. Il a été battu de seulement 32 voix par Anerood Jugnauth (MMM) au No 7, le 20 décembre 1976.

Restons dans l?enceinte respectée et vénérée de l?Assemblée législative car Marcelle Lagesse, l?historienne attitrée de l?express, rend un hommage, ô combien mérité, à l?assistant secrétaire et futur historien émérite Rivaltz Quenette. Ce dernier n?est d?ailleurs pas à son coup d?essai car, avec Marcelle Lagesse, il est l?auteur d?une histoire de l?Hôtel du Gouvernement, un livre de référence malheureusement introuvable. Marcelle Lagesse félicite Quenette qui espère, avec son livre ?La fin d?une légende?, détruire le mythe voulant qu?on ait fait venir des travailleurs engagés de l?Inde parce que les esclaves et les futurs affranchis refusaient de travailler plus longtemps dans les champs de canne à sucre. Ils en furent, en fait, chassés. Quenette a l?honnêteté intellectuelle de reconnaître et de mettre en exergue qu?Auguste Toussaint compte parmi les premiers, dans son ?Histoire des Mascareignes?, à avoir voulu détruire cette légende tenace car trop commode. Il fait bien ressortir l?argument irréfutable d?Arbuthnot et que souligne bien Marcelle Lagesse. Arbuthnot compte parmi les premiers à avoir fait venir des travailleurs agricoles de l?Inde, des années avant l?abolition de l?esclavage, pour la bonne raison que les gages d?un travailleur engagé coûtaient moitié moins cher que l?entretien d?un esclave.

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