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Le massacre religieux s?intensifie au Nigéria

7 mai 2004, 20:00

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Au moins 630 personnes ont été tuées lors de l'attaque, le 2 mai, d'une communauté musulmane par une milice chrétienne dans le centre du Nigeria, ont déclaré jeudi 6 mai des témoins et un responsable de la Croix-Rouge sur le site d'une fosse commune.

«Le chiffre est exact. Tous les corps ont été rassemblés à la résidence du chef traditionnel et ont été enterrés derrière celle-ci», a annoncé Umar Abdu Mamairiga, responsable de la Croix-Rouge pour la gestion des catastrophes nationales au Nigeria. «Ils (les villageois) évoquent un chiffre de 630, mais il pourrait y en avoir d'autres», a-t-il ajouté, confirmant une information fournie à l'AFP par un responsable local, Yakubu Haruna, près d'un remblai de terre meuble de 50 mètres sur 10 qui a servi de fosse dans la localité de Yelwa (Etat du Plateau, centre du pays). «Nous avons enterré plus de 630 personnes», a déclaré M. Haruna. Cette information a aussitôt été confirmé par plusieurs personnes présentes sur les lieux. «Certaines personnes ont été enterrées derrière leurs maisons», a-t-il ajouté.

Une équipe de la Croix-Rouge est entrée pour la première fois jeudi à Yelwa, ville de marché à population majoritairement musulmane, et a immédiatement dû soigner des dizaines de blessés par balles et des victimes de coups de machette. Le président Olusegun Obasanjo a ordonné, mardi, l'envoi de 600 policiers dans la région pour tenter de rétablir l'ordre.

CONFLIT SUR LA TERRE

Dimanche, des membres de l'ethnie chrétienne des Taroks ont attaqué la localité de Yelwa, une communauté paysanne du comté de Shendam. Cette localité se situe à 300 km à l'est d'Abuja, la capitale fédérale du Nigeria. Un précédent bilan officiel faisait état de 67 morts au terme de l'attaque, mais un responsable musulman avait avancé jeudi le chiffre d'au moins 200 tués.

Les Taroks sont principalement des agriculteurs sédentaires chrétiens, tandis que leurs rivaux haoussas et fulanis sont plus souvent des éleveurs, parfois nomades, dont les animaux sont susceptibles de menacer les récoltes. Les deux groupes revendiquent des droits ancestraux sur les terres du centre du pays et s'affrontent régulièrement, faisant souvent des morts, mais les bilans sont très difficiles a établir dans cette partie reculée du Nigeria. «Ils nous ont juste attaqué parce que nous sommes musulmans», a assuré Haruna.

Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec 130 millions d'habitants, est quasiment coupé en deux entre les 12 Etats du Nord qui ont mis en place la charia (loi islamique) et le Sud majoritairement chrétien. On estime à 10 000 le nombre total de Nigérians qui ont été tués lors de telles violences depuis l'élection à la présidence de Olusegun Obasanjo en 1999.

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