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Le martyre d?une schizophrène

20 mars 2004, 20:00

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Ne dit-on pas souvent que l?homme est un loup pour l?homme? Comment expliquer alors ce qui a bien pu se passer dans la tête de celui ou ceux qui ont violé cette vieille femme de 76 ans qui revenait de la messe dimanche dernier. L?ignominie survient six mois après l?agression sexuelle d?une autre femme de 78 ans à Floréal. Mais dans le cas présent, on ne peut que maudire un peu plus les coupables car la victime souffre de troubles mentaux. Ce qui expliquerait donc pourquoi elle a subitement quitté l?église Ste-Hélène, en pleine messe, sans avertir les amies qui l?accompagnaient, pour flâner dans les rues de Curepipe. Mal lui en a pris car elle a été emmenée dans un champ de légumes, route Robin-son, pour être violée. Elle n?a été découverte que douze heures après, assise par terre, sous le choc.

Terrible inattention

Ce cas particulier remet en question l?encadrement des personnes qui souffrent de troubles mentaux. Schizophrène, la victime était suivie par les médecins de l?hôpital Brown-Séquard. Lorsque les enquêteurs de la Criminal Investigation Division (CID) de Curepipe, ainsi que le médecin de la police, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, l?ont interrogée, elle a mentionné le nom d?un proche qui l?aurait accompagnée. Or ce dernier est mort depuis bientôt cinq ans. Comme les patients souffrant de ce type de trouble, elle a mélangé le passé, la réalité et la fiction. Même si son état ne nécessite pas d?internement, elle était régulièrement suivie et était sous traitement. Entourée des siens, elle ne risquait rien. Jusqu?à ce terrible moment d?inattention dimanche dernier.

« Une personne atteinte de troubles mentaux doit être constamment surveillée par ses proches. Si elle est vieille, c?est encore plus important car elle peut devenir sénile, ses réflexes sont affectés, sa mémoire n?est plus la même. Si elle n?est pas accompagnée, elle risque de se perdre. On voit souvent des vieilles personnes qui s?égarent, qui ne se rappellent plus quel chemin emprunter pour rentrer chez eux. Elles sont confuses, ne font pas la différence entre la droite et la gauche. Leurs proches doivent être vigilants », prévient le psychiatre Geeaneswar Gaya de l?hôpital Brown-Séquard. « Un accident est si vite arrivé. On le voit dans les informations. Les incendies de maison par exemple sont dus à des bougies ou des appareils électriques laissés allumer par des personnes âgées. Elles ont oublié de les éteindre, parce que leur mémoire récente est affectée. »

Personnes vulnérables

Alors que le ministère de la Santé envisage la construction de Day Care Centres (DDC) pour les malades mentaux, la Sécurité sociale dispose déjà de tels aménagements dans plusieurs régions à l?intention de personnes âgées.

« Nos aînés sont des personnes vulnérables. Mais il n?y a jamais eu un plan d?action pour les aider. Ce n?est qu?un mai 2001 que le gouvernement est venu avec des projets comme la construction des Day Care Centres. Saviez-vous que les homes existent depuis 150 ans, mais qu?il n?y a pas de loi qui les régissait ? On a dû légiférer pour changer cette situation. Et d?ici la semaine prochaine, je vais introduire un Elderly Protection Bill à l?Assemblée nationale », déclare le ministre de la Sécurité sociale, Sam Lauthan, qui a rendu visite à la victime.

Il a recommandé au National Solidarity Fund (NSF) de lui verser une pension supplémentaire pour lui permettre d?acheter ses médicaments. Samedi, un psychologue du ministère devait également lui rendre visite. La police criminelle, de son côté, active ses recherches pour retrouver les agresseurs de la malheureuse.

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