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Le malaise perdure
La crise est passée, disent Navin Ramgoolam et Rama Sithanen. Dans les faits, certes? Ce dernier a repris sa lettre de démission, il a regagné son bureau à l?Hôtel du gouvernement et il a assisté au Conseil des ministres hier. Mais il y a des tensions que même les paroles les plus rassurantes ne peuvent cacher.
Le point de presse du PM et de son ministre des Finances hier était la première occasion, depuis le début de la crise, pour les deux hommes d?être vus publiquement ensemble. Tout le long du monologue de Ramgoolam, Sithanen, visiblement pas à l?aise, hoche la tête à outrance. Le PM, plus à l?aise, le consulte de temps en temps. Ses hochements de tête ralentissent quand Ramgoolam parle de Rajah Ramdaursing, celui que Sithanen souhaitait à la Banque de Maurice.
Il y a eu deux lapsus, l?un du PM quand il parle de la réforme. «C?est un travail ingrat pour lui ? enfin ingrat pour moi aussi», reprend vite Ramgoolam. Aucune réaction sur le visage de Sithanen. L?autre lapsus vient de ce dernier qui dit que « le PM a insisté pour que je reste comme PM.» Ramgoolam rit et Sithanen est embarrassé.
Et à la fin de ce point de presse, Ramgoolam est bien plus à l?aise que Sithanen. Mais preuve s?il en faut qu?il y a toujours des zones d?ombre, le PM n?admettra pas les questions de la presse, contrairement à son habitude.
Un peu plus d?une heure après, Sithanen sera le dernier à entrer au Parlement. Ce qui suscite toutes sortes de réactions de l?opposition. Mais dès que Sithanen arrive, les députés de la majorité, applaudissent. Paul Bérenger en fin observateur s?écrie, «Tou dimounn tap lame apart Navin ! » Ce dernier, pris de court, se justifie, «Zame mo tap latab mwa ! »
Sithanen accueille tout le tapage autour de lui avec la même expression d?embarras. Mais la gêne entre lui et son PM se dissipera quelque peu au cours de la séance parlementaire : à deux reprises, le PM s?est penché vers Sithanen pour lui parler.
De tous les députés de l?opposition, c?est Bérenger qui sera le plus agacé par le retournement de la situation. Il répète, «Pena lamour prop.» Personne au sein de la majorité ne réagira aux provocations.
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