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Le lait pourrait être produit à échelle industrielle

7 février 2005, 00:00

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Du lait en brique made in Mauritius? la perspective est tentante pour les producteurs de viande bovine soucieux d?offrir une alternative au Mauricien asphyxié par les prix du lait importé. Ainsi, une étude portant sur la relance de la production laitière à grande échelle à Maurice sera présentée au Vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, très bientôt par la Mauritius Meat Producers Association (MMPA). Cet organisme regroupe une soixantaine de gros producteurs de cerf et de poulet, dont Happy World Foods et la Food & Allied Industries Limited (FAIL).

Le secrétaire de cet organisme, Jean Cyril Monty, qui est également responsable de la diversification agricole à la Chambre d?Agriculture pour les projets non-sucre, explique que ce projet pourrait voir le jour avec des investissements de départ minimaux de Rs 300 millions, pour un marché de produits laitiers qui brasse chaque année Rs 1,7 milliard.

Cet intérêt du secteur privé pour la production de lait serait alimenté, explique Jean-Cyril Monty, par le fait que les importations mauriciennes de cette denrée augmentent de plus en plus et coûtent très cher au pays. Il y a quelques années, les importations se chiffraient à quelque Rs 1 milliard. Aujourd?hui elles sont sur le point d?atteindre Rs 1,7 milliard, ce qui constitue une hausse de 70 %.

Le pays importe 25 000 tonnes de produits laitiers, dont 19 000 tonnes de lait en poudre et une petite quantité de lait en brique, dont le lait condensé. Ce que les producteurs de viande bovine jugent excessif. Maurice, disent-ils, ne peut continuer à ne produire que 2 % de sa consommation annuelle. En effet, selon des chiffres de la Chambre d?Agriculture, sur les 150 millions de litres de lait consommés à Maurice chaque année, le pays ne produit que 2 à 3 millions de litres.

Les derniers développements survenus sur l?échiquier mondial constituent un autre facteur qui pousse le secteur privé à investir dans ce créneau, dit encore Jean-Cyril Monty. En effet, l?enlèvement des subsides sur les produits laitiers des pays de l?Union européenne tout récemment a entraîné une hausse de leurs prix à l?importation. Autre facteur imprévisible : l?Australie et la Nouvelle-Zélande, deux gros producteurs de lait, font face depuis trois ans à une sécheresse ayant eu des répercussions sur les prix.

Une telle situation, estiment certains importateurs de lait, perdurera. Ils prévoient même des pénuries de lait sur le marché mondial cette année. C?est pour cela, estime Jean-Cyril Monty que ?produire le lait sur une grande échelle est une activité pleine d?avenir?. Et de préciser qu?en raison des problèmes auxquels font face l?industrie sucrière, de plus en plus de terres agricoles sous culture de canne seront libérées pour des projets non-sucre, dont l?élevage bovin en vue de produire du lait.

Plusieurs firmes privées se disent très intéressées par le projet mais la balle est maintenant dans le camp du gouvernement. Elles attendent de l?Etat des mesures visant à encourager des investissements massifs dans ce secteur capable de créer des emplois, précise Jean-Cyril Monty.

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