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Le jour d?après?
● <B>Mon-Goût supporte mieux les pluies</B>
Le village de Mon-Goût, situé dans le Nord de l?île, s?était préparé au pire. Tous ont encore en mémoire la précédente inondation qui avait complètement ravagé leurs habitations. Mais les récentes pluies torrentielles ont fait moins de dégâts que prévu. L?heure est maintenant au nettoyage. « Nous avons passé toute la nuit à évacuer l?eau qui s?était infiltrée dans la maison. Il n?y a pas eu beaucoup de dégâts cette fois parce que nous avions pris des précautions », explique Mohendy Dhunmanteea, âgée de 58 ans.
Aidée de ses voisins, elle tente d?enlever plusieurs centimètres de boue qui s?est accumulée dans sa cour. Ici, la solidarité est de mise.
« Dès qu?ils ont appris qu?il pleuvrait pendant plusieurs jours, des voisins m?ont aidé à mettre à l?abris mes meubles et mon camion. De ce fait, je n?ai rien perdu même si l?eau est entrée dans la maison », souligne pour sa part Sunil, en nous faisant découvrir son salon, sous les eaux. Sa maison est en effet située à moins de cinq mètres d?une rivière qui a vite fait de sortir de son lit quand de grosses pluies s?abattent sur la région. « La rivière a débordé d?un coup en transportant des tonnes de détritus. Il a fallu l?intervention d?une dizaine de volontaires pour déboucher les drains et autres canalisations », fait pour sa part ressortir un travailleur social de la région.
Si le village a évité une autre catastrophe, font remarquer ses habitants, c?est aussi dû à la promptitude des policiers, qui ont effectué des patrouilles tout le temps qu?ont duré les pluies torrentielles. « Ils nous ont prêté main-forte et ont sillonné le village jour et nuit pour s?assurer que tout le monde allait bien », laisse entendre une habitante de Mon Goût, reconnaissante.
La mobilisation des autorités sur le terrain a en effet permis de venir en aide aux plus vulnérables.
● <B>Ecoles : le grand ménage</B>
«Il y a de l?eau dans la cour de l?école et nous ne sommes pas sûrs d?ouvrir les portes du collège vendredi et encore moins lundi », déclarait-on au SSS de Bel-Air, jeudi. Ainsi si la majorité des établissements scolaires ont repris les cours vendredi matin, 29 d?entre eux étaient encore fermés. La cause : des inondations dans l?enceinte de l?établissement. « De notre côté nous notons que la situation est semblable à celle du mois de mars. Le collège est inondé car il y a un problème d?infrastructure », souligne Marie-Claire Monty, rectrice au collège Père Laval de Ste-Croix. Elle poursuit : « C?est l?eau de la montagne qui descend pour s?accumuler autour des blocs situés près du collège. Jeudi nous avons reçu la visite du ministre Vasant Bunwaree, nous pensons que des dispositions seront prises à présent. » En effet, la plupart de ces établissements sont victimes de problèmes d?infrastructures et restent impuissants face à la montée des eaux. « À mon niveau je ne peux rien faire pour y remédier. C?est aux autorités de réagir », ajoute la rectrice. Toutefois vendredi, le ministère de l?Education était optimiste. Ce dernier a déclaré que tout est mis en ?uvre pour que les écoles puissent accueillir à nouveau les élèves lundi matin.
Du côté des établissements, vendredi, on était encore sceptique. Ainsi, on expliquait que si le temps restait clément durant le week-end, il y aurait de fortes chances que les écoles ouvrent à nouveau lundi, mais au cas contraire, il se pourrait que les élèves restent une fois de plus confinés chez eux. Interrogé à ce propos au SSS de Bel-Air on déclare que « si le temps le permet nous serons ouverts lundi ».
Même déclaration du côté de la Government School de Grand-Baie : « Il y a encore de l?eau dans la cour de l?école. S?il ne pleut pas d?ici lundi, on pourra à nouveau ouvrir. » Surtout que du côté de la météo, on prévoit encore quelques perturbations durant le week-end notamment sur les plateaux élevés. Toutefois, hier, le ministère de l?Education a annoncé que tout était rentré dans l?ordre. En attendant la rentrée demain matin, l?heure est au nettoyage et à la désinfection.
Par ailleurs, selon Marie-Claire Monty, les jours de congé forcés ne devraient quasiment pas avoir d?incidence sur le programme scolaire. « Nous n?avons pas beaucoup de cours à rattraper, précise-t-elle, Certes, nous avons perdu trois jours d?école mais nous sommes en période de révisions, donc nous avons pris peu de retard sur le programme.
Ce dernier sera probablement rattrapé sur les heures consacrées aux révisions. »
● <B>Les planteurs dans la tourmente</B>
Rajesh, un planteur de Triolet, observe avec une certaine résignation son champ, entièrement submergé par les flots. « Dès que le soleil reviendra, les plantes vont pourrir. Ce sont des semaines de travail qui sont gâchées », confie-t-il. Accompagné de ses deux fils, le quinquagénaire tente de sauver ce qui peut l?être. Il vendra les légumes récupérés des eaux le jour même au marché du coin.
Même scénario dans le verger d?Umesh, à Arsenal. Ici, c?est toute la famille qui s?est mobilisée pour tenter de sauver les meubles. « La pluie a pratiquement tout détruit. La terre est gorgée d?eau. On ne pourra pas replanter avant plusieurs jours, il faudra pour cela attendre que le soleil revienne », explique un membre de la famille, levé depuis l?aube.
Conséquence de ces pluies torrentielles qui se sont abattues sur l?île ces derniers jours, le prix des légumes prendra l?ascenseur. « Il faudra sans doute plusieurs semaines avant que la situation ne revienne à la normale », soutient, pour sa part, un maraîcher de la capitale. Entre-temps, les prix de certains légumes ont plus que doublé depuis lundi.
<B>Une organisation bien ficelée</B>
«Mars a été une sorte de test, cette fois nous avons pu gérer au mieux la situation. » C?est le constat établi par le ministère de l?Environnement concernant la gestion des pluies torrentielles qui ont sévi dans le pays mercredi et jeudi derniers. Communiqué provenant des divers ministères, de la force policière, mais aussi les interventions sur le terrain ont probablement servi à limiter les dégâts. La mauvaise gestion de la situation en mars dernier et les critiques qui ont suivi, ont laissé un goût amer aux autorités qui cette fois se sont mobilisées. « Dès que nous avons eu connaissance de l?avis de pluie torrentielle, nous nous sommes rendus sur les différents sites », explique-t-on au ministère de l?environnement. Par ailleurs, le dispositif de communication fortement critiqué lors des dernières inondations a été révisé. En effet, le cabinet représenté par le Cyclone and Other National Disaster Committee, a travaillé en collaboration avec les autorités locales. « Nous étions en contact avec les municipalités, ou encore les conseils de district. Nous avons pu nous concerter », ajoute-t-on. Ce système a permis au comité de dresser une liste des régions affectées et de prendre les mesures nécessaires. Ainsi dès l?annonce de l?avis de pluies torrentielles, plusieurs unités de police, Special Mobile Force, Groupement d?intervention de la police mauricienne, ou encore la Special Supporting Unit, ont été dépêchées sur les sites sensibles. Ces dernières sont intervenues auprès des habitants des zones inondables afin de leur indiquer les précautions à prendre, ou encore pour déblayer certaines routes.
Parallèlement, le ministère de l?Éducation ne s?est pas fait attendre. Dès 6 heures du matin, mercredi, différents avis annonçant que les écoles seraient fermées étaient diffusés sur les ondes des radios. De leur côté, les pompiers déclarent être intervenus seulement sur une trentaine de cas sérieux. Un chiffre minime résultant probablement de la campagne de prévention assurée par les autorités. « Il est vrai que le niveau de pluviosité était assez élevé, mais contrairement au mois de mars nous n?avons pas été pris par surprise. Cette fois il n?y a pas eu de cas importants », conclut-on du côté du ministère de l?Environnement.
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