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Le jeu des alliances reste très ouvert en Allemagne

22 septembre 2005, 20:00

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Les Verts ont accepté de rencontrer les conservateurs pour discuter d’une éventuelle coalition, sans pour autant renier leur préférence pour le social-démocrate allemand (SPD), laissant planer une incertitude totale sur la couleur du prochain gouvernement allemand. A l’issue des tractations avec les sociaux-démocrates, le parti écologiste a annoncé que les discussions avec les chrétiens-démocrates auront lieu aujourd’hui, accréditant l’hypothèse d’une alliance entre l’Union chrétienne-démocrate (CDU), les libéraux du FDP et les Grünen.

Wolfgang Schaüble, l’un des chefs de file de la droite, a fait part mercredi de sa préférence pour cette “coalition jamaïcaine”, configuration inédite baptisée en référence aux couleurs des trois formations. “Une alliance ‘noire-jaune-verte’ n’est pas une ruse tactique, mais une possibilité réaliste. Une ‘grande coalition’ (avec le SPD) serait la solution de rechange, mais bien moins souhaitable”, a déclaré l’ancien bras droit de Helmut Kohl dans le quotidien économique Handelsblatt.

Claudia Roth, codirigeante des Verts, s’est toutefois déclarée “extrêmement sceptique”. Les Grünen ont certes délaissé leur culture contestataire pour participer aux sept ans de coalition “rouge-verte”, mais ils demeurent clairement ancrés à gauche. Les Verts et le FDP divergent sur le degré de libéralisme économique, la fiscalité et le dossier nucléaire, même si leurs positions sont proches sur les questions de société et sur l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. La CDU-CSU, hostile à la candidature d’Ankara, partage partiellement la sensibilité sociale des Verts, mais reste plus conservatrice en matière de moeurs.

De leur côté, les sociaux-démocrates de Gerhard Schröder entendent conserver la chancellerie et semblent privilégier une alliance “rouge-jaune-vert” avec les écologistes et le FDP - déjà expérimentée au niveau régional. “Nous avons discuté des moyens d’aboutir à une coalition “feux tricolores”. Nous sommes conscients qu’il nous faut un troisième parti”, a déclaré Franz Müntefering, président du SPD, à l’issue de sa rencontre avec les dirigeants des Verts.

Nombre d’observateurs jugent cependant que l’issue la plus probable demeure une grande coalition entre le SPD et la CDU, comme en 1966-69, même si Angela Merkel et Gerhard Schröder continuent à revendiquer chacun la chancellerie. Le maire SPD de Berlin, Klaus Wowereit, a évoqué l’hypothèse d’une coalition sans Merkel, ni Schröder, qui laisserait de côté les invectives de la campagne électorale pour laisser gouverner des personnalités plus enclines au compromis.

Philip BLENKINSOP

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