Publicité

Le Hamas veut venger la mort de cheikh Yassine

24 mars 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

AYANT lui-même échappé à une tentative d?assassinat par le Mossad, Khaled Mechal, chef du bureau politique du Hamas, a été nommé mardi à la tête du mouvement islamiste en remplacement du cheikh Ahmed Yassine, tué la veille lors d?un raid aérien israélien, a-t-on appris de source proche du groupe.

On ignore toutefois dans l?immédiat si cette nomination est définitive ou si Mechal, qui dirige actuellement le bureau politique du Hamas, occupera ce poste en attendant la tenue d?élections au sein du mouvement.

Mardi également, Abdelaziz Rantissi, porte-parole du Hamas réputé pour ses positions radicales, s?est vu confier la direction du mouvement dans la bande de Gaza. Un responsable politique du Hamas, Sayed Seyam, a souligné que Rantissi n?avait toutefois pas autorité sur la Cisjordanie.

Les Israéliens ?ne connaîtront pas la sécurité?, a affirmé mardi le nouveau chef du Hamas, dans sa première déclaration publique comme nouveau leader de ce mouvement islamiste radical. Abdelaziz al-Rantissi, a appelé mardi la branche armée du mouvement à ?donner une leçon? à Israël pour venger l?assassinat du chef spirituel du mouvement, cheikh Ahmad Yassine. ?Nous disons aux Brigades Ezzedine Al-Qassam : vous devez donner une leçon à l?ennemi. La porte est ouverte devant vous pour frapper en tout lieu et à tout moment et par tous les moyens?, a-t-il affirmé devant des milliers de sympathisants du Hamas rassemblés dans un stade de Gaza dans sa première allocution publique. ?Cet ennemi doit réaliser que rien ne nous fait peur?, a-t-il ajouté.

Abdelaziz Rantissi était l?un des dirigeants les plus en vue pour assurer la succession du cheikh Ahmad Yassine, après son assassinat lundi 22 mars par un raid israélien à Gaza. Mahmoud Zahar, un des successeurs possibles, avait auparavant déclaré qu?un dirigeant intérimaire était désigné pour assurer la continuité, en attendant la réunion de tous les chefs. Sayed Seyam, l?un des dirigeants du Hamas, a précisé que Rantissi prenait la responsabilité de certaines tâches du cheikh Yassine mais que, contrairement à son prédecesseur, il n?avait pas autorité sur le mouvement en Cisjordanie.

?La riposte sera rapide?

Jusqu?à présent, Rantissi était porte-parole du Mouvement de la résistance islamiste ? le Hamas ?, dont il avait été le cofondateur avec Yassine. Agé de 56 ans, marié et père de six enfants, Rantissi est originaire de la partie de la Palestine constituant aujourd?hui l?Etat d?Israël. Ce pédiatre formé en Egypte enseigne à l?université islamique de Gaza. Emprisonné à plusieurs reprises par Israël pour incitation à l?insurrection, déporté au Sud-Liban en 1992 durant la première Intifada, Rantissi a échappé de peu en juin dernier à des tirs de missiles israéliens contre sa voiture. Il avait alors été blessé à la jambe et vit depuis lors caché.

L?assassinat par Israël de cheikh Ahmed Yassine fait craindre une vague de représailles des groupes armés palestiniens qui pourrait plonger le conflit proche-oriental dans l?une de ses phases les plus sanglantes de la seconde Intifada déclenchée en septembre 2000.

La riposte du mouvement Hamas ?atteindra des sionistes dans et hors d?Israël?, a affirmé mardi un membre du bureau politique, Mohammad Nazzal. ?La riposte sera rapide. Ce sera un tremblement de terre qui atteindra des sionistes dans et hors d?Israël, quelle que soit leur importance?, a-t-il soutenu devant une foule de 15 000 personnes qui manifestait à Tripoli, dans le nord du Liban. C?est la première fois qu?un responsable du Hamas menace explicitement de mener des actions anti-israéliennes hors du territoire israélien. Membre en exil de la direction du Hamas, Nazzal a d?autre part appelé ?toutes les composantes de la résistance à unir leurs rangs et à coordonner les actions?.

Toutes les organisations palestiniennes, islamiques et laïques ainsi que les partis politiques présents dans la ville, notamment ceux dans la mouvance des Frères musulmans, ont participé à la manifestation. Les participants ont fustigé l?inertie des dirigeants arabes, ont réclamé des armes pour ?aller se battre en Palestine? et réclamé que les Brigades Ezzedine Al-Qassam, branche armée du Hamas ?vengent? le cheikh Yassine, assassiné lundi à l?aube, alors qu?il sortait d?une mosquée sur son fauteuil roulant.

Par ailleurs, un haut responsable du Hamas, Ahmed Bahar, a expressément souhaité que l?aile militaire du mouvement frappe Ariel Sharon et ses ministres. Le mouvement Hamas a promis de frapper fort en représailles mais a déclaré qu?il ne changerait pas sa stratégie en portant le combat ailleurs qu?en Israël ou dans les territoires occupés. Son aile militaire, Kassam, a promis un ?tremblement de terre? à Israël.

Israël sur le pied de guerre

Le premier ministre palestinien, Ahmad Qoreï, a dénoncé mardi le ?terrorisme d?Etat? d?Israël en présentant à Gaza ses condoléances aux dirigeants du Hamas. Il a également déploré un acte ?ouvrant grand la porte au chaos?. Des milliers de Palestiniens affluent depuis lundi soir dans le stade pour présenter leur condoléances pour la mort de cheikh Yassine, qui était très populaire dans la bande de Gaza.

Enfin, une lettre diffusée lundi soir par un site Internet islamiste et signée par les Brigades d?Abou Hafz el-Masri, un groupe lié à Al-Qaida qui avait revendiqué les attentats de Madrid le 11 mars, promet de se venger sur les Etats-Unis et leurs alliés de l?assassinat de cheikh Yassine.

Le ministre israélien de la sécurité intérieure, Tzahi Hanegbi, a indiqué mardi qu?Israël allait poursuivre sa politique de liquidation des chefs du Hamas. ?Nous sommes passés de la défensive à l?offensive et dans cette bataille, tous les membres de la direction du Hamas constituent des cibles légitimes?, a affirmé ce ministre à la radio militaire. Le ministre de la défense, Shaul Mofaz, a pour sa part décrété le Hamas ?ennemi stratégique d?Israël?.

Le vice-ministre israélien de la défense, Zeev Boïm, a cependant indiqué lundi à la radio publique israélienne que son gouvernement ne planifiait en aucune manière l?assassinat de Yasser Arafat, ce dernier étant confiné depuis plus de deux ans et demi dans son quartier général à Ramallah (Cisjordanie).

Si Ariel Sharon a présenté le cheikh Yassine comme ?le chef le plus éminent des assassins terroristes palestiniens?, certains ministre du cabinet Sharon, tout comme les dirigeants arabes ou les experts du Proche-Orient, estiment que la mort de Yassine ne fera qu?aggraver la situation. L?assassinat de Yassine soulignerait la volonté du gouvernement israélien de ne pas permettre aux Palestiniens de présenter le retrait de la bande de Gaza, actuellement envisagé par Sharon, comme une victoire sur Israël. ?Tout le monde est dans notre collimateur. Il n?y aura d?immunité pour personne?, a déclaré à la presse le ministre de la sécurité intérieure, Tsahi Hanegbi.

Il a d?ailleurs reçu le soutien du président américain, George W. Bush, qui a déclaré mardi que l?Etat hébreu avait le droit de se défendre contre le Hamas palestinien tout en invitant les dirigeants israéliens à ne pas oublier les conséquences de leurs actes.

© Le Monde News Service

Publicité